Connaître la physiopathologie des DPA et des DPC OIC-040-03-B
La physiopathologie des douleurs pelviennes chroniques fait interagir différents facteurs à la fois hormonal, psychologique, anatomique, neurologique, etc… Il existe différentes hypothèses intervenant dans la physiopathologie des douleurs pelviennes chroniques :
- L’hypothèse ischémique secondaire aux contractions utérines pendant les règles et à une hyperactivité de l’utérus dans certaines situations. Les prostaglandines seraient responsables d’une augmentation de la contractilité des cellules musculaires lisses myométriales ce qui provoquerait un phénomène d’ischémie douloureux.
- L’hypothèse spasmodique secondaire à un retard à l’ouverture du canal cervical dû à un tonus du sphincter cervico-isthmique non coordonné avec le cycle et avec la chute de progestérone induisant une résistance cervicale à l’évacuation des règles. Les prostaglandines interviendraient également au niveau cervical ce qui provoquerait une gêne à l’écoulement du sang.
- L’hypothèse congestive secondaire à certains facteurs hormonaux et facteurs responsable de stase pelvienne (constipation, faiblesse musculaire au niveau du pelvis, varices pelviennes) peut expliquer certaines douleurs chroniques.
- Le rôle des facteurs hormonaux : le déséquilibre de la balance oestroprogestative en 2ème partie de cycle au profit des œstrogènes peut être responsable de certaines douleurs chroniques pelviennes avec des phénomènes de congestion. De même, l’hyperestrogénie au moment de l’ovulation ou la chute du taux d’oestrogènes avant les règles peuvent expliquer certains symptômes cliniques douloureux chroniques intermenstruels ou prémenstruels.
- La place des facteurs psychologiques est difficile à évaluer mais non négligeable. Ils doivent être pris en compte dans le maintien des douleurs chroniques pelviennes. En effet, la zone pelvi-génitale est une zone fréquente de somatisation de conflits psychologiques chez la femme. Un temps d’écoute et une attitude bienveillante du médecin envers la patiente l’aidera à se confier et à aborder certains sujets personnels.
La physiopathologie des douleurs pelviennes aiguës est moins évidente que pour les douleurs pelviennes chroniques. Le pelvis contient de nombreux organes à proximité les uns des autres et qui ont des innervations différentes. On dénombre 3 voies efférentes principales qui sont :
- le plexus pelvien responsable de douleurs sacrées ou périnéales. Il innerve le vagin, le col et l’isthme utérin, les ligaments utéro-sacrés, le cul-de-sac de Douglas, les bas uretères, le trigone vésical et le rectosigmoïde.
- le plexus hypogastrique responsable de douleurs hypogastriques. Il innerve le corps utérin, le tiers proximal des trompes, le ligament large et la calotte vésicale.
- le plexus aortique responsable de douleurs en fosse iliaque, flancs et fosses lombaires. Il innerve les ovaires, la portion distale des trompes, les uretères rétroligamentaires.