Du prélèvement à l’interprétation microscopique des lésions
La majorité des analyses morphologiques en Anatomie et Cytologie Pathologiques sont réalisées sur prélèvements fixés (cf objectif de connaissance 2C-293-EC-B02).
Les prélèvements cytologiques peuvent être d’emblée utilisés pour coloration, interprétation morphologique microscopique et au besoin réalisation d’analyses complémentaires dans la limite du matériel cellulaire prélevé et transmis. Ces prélèvements cytologiques, hors techniques complémentaires, permettent ainsi d’obtenir une interprétation rapide, mais généralement plus limitée, à visée d’orientation diagnostique, que les prélèvements histologiques apportant des renseignements supplémentaires sur le tissu pathologique.
Les prélèvements tissulaires nécessiteront, au-delà de la fixation, une étape de déshydratation et inclusion en paraffine du prélèvement pour permettre la conservation et le durcissement du tissu pour la réalisation de coupes tissulaires (environ 3µm d’épaisseur par coupe) étalées sur lames de verre et ensuite utilisées pour les différentes analyses morphologiques. Cette inclusion en paraffine est, pour les pièces opératoires, précédée d’une étape d’examen macroscopique du prélèvement pour description et sélection des prélèvements tissulaires nécessitant un examen microscopique qui sont sélectionnés pour inclusion en paraffine.
Au lien suivant est illustrée en vidéo cette étape de macroscopie: https://www.youtube.com/watch?v=6-HdKZFb9xo&t=28s
Ces analyses morphologiques comporteront une étape de déparaffinage et de réhydratation des coupes avant coloration ou autres techniques morphologiques.
La coloration standard est la coloration HES (H : hématoxyline ou hématéine ou hémalun, Eosine et Safran). D’autres colorations spéciales seront réalisées en fonction de recherches particulières (fibrose, microorganismes, substances particulières).
Un diagnostic morphologique à partir d’un prélèvement tissulaire est ainsi possible après 1 (biopsie) à 2 jours (pièce opératoire nécessitant une analyse macroscopique) mais ce délai sera augmenté si des techniques complémentaires sont nécessaires pour préciser le diagnostic et/ou des critères pronostiques voir théranostiques nécessitant des techniques (et délais) supplémentaires.
Analyses complémentaires sur le prélèvement
Ces analyses complémentaires peuvent être « morphologiques » (c’est-à-dire être analysables au microscope sur les prélèvements étalés sur lames) ou « non morphologiques » (c’est-à-dire réalisées à partir d’extraits notamment d’acides nucléiques réalisés à partir du prélèvement (cf objectif de connaissance 2C-293-EC-B04).
L’immunohistochimie (appliquée au tissu) ou immunocytochimie (appliquée aux prélèvements cytologiques) permet de mettre en évidence la présence (ou l’absence) de certaines protéines dans les cellules d’intérêt du prélèvement. Elle repose sur l’utilisation d’anticorps ciblant les protéines d’intérêt et s’y fixant en cas de présence dans le prélèvement pour ensuite révéler la présence des anticorps fixés grâce à un système de révélation. Ce système de révélation peut-être une réaction enzymatique chromogénique (avec un résultat observable en microscopie à fond clair) ou un fluorochrome (nécessitant alors une interprétation en microscope à fluorescence). Certaines de ces analyses, mal adaptées aux prélèvements fixés en formol et inclus en paraffine, nécessitent d’être appliquées à des prélèvements frais (non fixés) congelés. On décrit des méthodes directes où l’anticorps est directement fixé au système de révélation (ex : immunofluorescence directe) et des méthodes indirectes où l’anticorps spécifique de la protéine d'intérêt est révélé par un second anticorps lui-même couplé au système de révélation.
L’analyse de ces marquages peut-être qualitative (par exemple pour déterminer le type d’un cancer) ou quantitative (avec un niveau d’expression protéique et donc de marquage apportant une information pronostique ou théranostique conditionnant les choix thérapeutiques).
Une journée supplémentaire est en moyenne nécessaire à la mise en œuvre de ces analyses complémentaires et à leur intégration à l’analyse du prélèvement.
L’hybridation in situ est une autre technique morphologique ayant pour objet la mise en évidence de séquences d’acides nucléiques (ARN ou ADN) au sein du prélèvement. La complémentarité des bases entre la séquence cible au sein ces cellules du prélèvement et la sonde (couplée à un système de révélation, chromogénique ou fluorescent) permet de visualiser et de quantifier la séquence cible dans le prélèvement. Sa mise en œuvre technique et son interprétation nécessitent un délai de 1 à 2 journées supplémentaires.
Interprétation et synthèse anatomo-clinique
L’analyse d’un prélèvement d’Anatomie et Cytologie Pathologiques est réalisée par médecin pathologiste qui intègre au contexte clinique renseigné les données d’interprétation macroscopiques, microscopiques et des techniques complémentaires pour en produire une synthèse sous forme de compte-rendu écrit et signé comportant, à travers un vocabulaire spécifique et précis les informations diagnostiques, pronostiques et théranostiques nécessaires au traitement et au suivi du patient.
Pour certaines pathologies tumorales rares, une double lecture dans le cadre d’un réseau national de référence anatomopathologique est nécessaire et nécessite la transmission des lames et/ou blocs tissulaires pour seconde interprétation.
Conservation et utilisation des prélèvements
A l’issue de l’analyse initiale, lames et prélèvements inclus en blocs de paraffine sont conservés et peuvent être utilisés à posteriori dans un cadre sanitaire de poursuite des analyses à visée diagnostiques, pronostiques et théranostiques, pour la recherche de nouveaux marqueurs d’intérêt, pour le traitement du patient. Des travaux de recherche peuvent également être réalisés à partir des prélèvements archivés dans des centres de ressources biologiques, dans le respect de la réglementation concernant l’information et le consentement du patient ainsi que la confidentialité et traçabilité des données.
Le processus complet de prise en charge d'un prélèvement biopsique fixé est illustré en vidéo au lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=pPe1CAVRibg&t=40s
♥∞
Du prélèvement à l’interprétation microscopique des lésions
La majorité des analyses morphologiques en Anatomie et Cytologie Pathologiques sont réalisées sur prélèvements fixés (cf objectif de connaissance 2C-293-EC-B02).
Les prélèvements cytologiques peuvent être d’emblée utilisés pour coloration, interprétation morphologique microscopique et au besoin réalisation d’analyses complémentaires dans la limite du matériel cellulaire prélevé et transmis. Ces prélèvements cytologiques, hors techniques complémentaires, permettent ainsi d’obtenir une interprétation rapide, mais généralement plus limitée, à visée d’orientation diagnostique, que les prélèvements histologiques apportant des renseignements supplémentaires sur le tissu pathologique.
Les prélèvements tissulaires nécessiteront, au-delà de la fixation, une étape de déshydratation et inclusion en paraffine du prélèvement pour permettre la conservation et le durcissement du tissu pour la réalisation de coupes tissulaires (environ 3µm d’épaisseur par coupe) étalées sur lames de verre et ensuite utilisées pour les différentes analyses morphologiques. Cette inclusion en paraffine est, pour les pièces opératoires, précédée d’une étape d’examen macroscopique du prélèvement pour description et sélection des prélèvements tissulaires nécessitant un examen microscopique qui sont sélectionnés pour inclusion en paraffine.
Au lien suivant est illustrée en vidéo cette étape de macroscopie: https://www.youtube.com/watch?v=6-HdKZFb9xo&t=28s
Ces analyses morphologiques comporteront une étape de déparaffinage et de réhydratation des coupes avant coloration ou autres techniques morphologiques.
La coloration standard est la coloration HES (H : hématoxyline ou hématéine ou hémalun, Eosine et Safran). D’autres colorations spéciales seront réalisées en fonction de recherches particulières (fibrose, microorganismes, substances particulières).
Un diagnostic morphologique à partir d’un prélèvement tissulaire est ainsi possible après 1 (biopsie) à 2 jours (pièce opératoire nécessitant une analyse macroscopique) mais ce délai sera augmenté si des techniques complémentaires sont nécessaires pour préciser le diagnostic et/ou des critères pronostiques voir théranostiques nécessitant des techniques (et délais) supplémentaires.
Analyses complémentaires sur le prélèvement
Ces analyses complémentaires peuvent être « morphologiques » (c’est-à-dire être analysables au microscope sur les prélèvements étalés sur lames) ou « non morphologiques » (c’est-à-dire réalisées à partir d’extraits notamment d’acides nucléiques réalisés à partir du prélèvement (cf objectif de connaissance 2C-293-EC-B04).
L’immunohistochimie (appliquée au tissu) ou immunocytochimie (appliquée aux prélèvements cytologiques) permet de mettre en évidence la présence (ou l’absence) de certaines protéines dans les cellules d’intérêt du prélèvement. Elle repose sur l’utilisation d’anticorps ciblant les protéines d’intérêt et s’y fixant en cas de présence dans le prélèvement pour ensuite révéler la présence des anticorps fixés grâce à un système de révélation. Ce système de révélation peut-être une réaction enzymatique chromogénique (avec un résultat observable en microscopie à fond clair) ou un fluorochrome (nécessitant alors une interprétation en microscope à fluorescence). Certaines de ces analyses, mal adaptées aux prélèvements fixés en formol et inclus en paraffine, nécessitent d’être appliquées à des prélèvements frais (non fixés) congelés. On décrit des méthodes directes où l’anticorps est directement fixé au système de révélation (ex : immunofluorescence directe) et des méthodes indirectes où l’anticorps spécifique de la protéine d'intérêt est révélé par un second anticorps lui-même couplé au système de révélation.
L’analyse de ces marquages peut-être qualitative (par exemple pour déterminer le type d’un cancer) ou quantitative (avec un niveau d’expression protéique et donc de marquage apportant une information pronostique ou théranostique conditionnant les choix thérapeutiques).
Une journée supplémentaire est en moyenne nécessaire à la mise en œuvre de ces analyses complémentaires et à leur intégration à l’analyse du prélèvement.
L’hybridation in situ est une autre technique morphologique ayant pour objet la mise en évidence de séquences d’acides nucléiques (ARN ou ADN) au sein du prélèvement. La complémentarité des bases entre la séquence cible au sein ces cellules du prélèvement et la sonde (couplée à un système de révélation, chromogénique ou fluorescent) permet de visualiser et de quantifier la séquence cible dans le prélèvement. Sa mise en œuvre technique et son interprétation nécessitent un délai de 1 à 2 journées supplémentaires.
Interprétation et synthèse anatomo-clinique
L’analyse d’un prélèvement d’Anatomie et Cytologie Pathologiques est réalisée par médecin pathologiste qui intègre au contexte clinique renseigné les données d’interprétation macroscopiques, microscopiques et des techniques complémentaires pour en produire une synthèse sous forme de compte-rendu écrit et signé comportant, à travers un vocabulaire spécifique et précis les informations diagnostiques, pronostiques et théranostiques nécessaires au traitement et au suivi du patient.
Pour certaines pathologies tumorales rares, une double lecture dans le cadre d’un réseau national de référence anatomopathologique est nécessaire et nécessite la transmission des lames et/ou blocs tissulaires pour seconde interprétation.
Conservation et utilisation des prélèvements
A l’issue de l’analyse initiale, lames et prélèvements inclus en blocs de paraffine sont conservés et peuvent être utilisés à posteriori dans un cadre sanitaire de poursuite des analyses à visée diagnostiques, pronostiques et théranostiques, pour la recherche de nouveaux marqueurs d’intérêt, pour le traitement du patient. Des travaux de recherche peuvent également être réalisés à partir des prélèvements archivés dans des centres de ressources biologiques, dans le respect de la réglementation concernant l’information et le consentement du patient ainsi que la confidentialité et traçabilité des données.
Le processus complet de prise en charge d'un prélèvement biopsique fixé est illustré en vidéo au lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=pPe1CAVRibg&t=40s