Il est impossible de rapporter les données de l'ensemble des médicaments pouvant être prescrits au cours de l'allaitement. Le listing ci-après présente les situations les plus fréquemment rencontrées. Les Centres régionaux de pharmacovigilance ou le site du Centre de renseignements sur les agents tératogènespermettent d'obtenir les informations les plus récentes mises à jour.
- Antalgiques (250. Prescrire des antalgiques ; 249. Prescrire des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)) :
Utilisation possible : paracétamol, acide acétylsalicylique à dose anti-agrégante ;
Utilisation possible avec précaution : ibuprofène (à prendre au moment de la tétée), néfopam (dans les 24-48h suivant l’accouchement), tramadol (dans les 48-96h suivant l’accouchement), morphine (dans les 24-72h suivant l’accouchement) ;
Utilisation non recommandée : acide acétylsalicylique à dose anti-inflammatoire, codéine, oxycodone.
- Médicaments pour l’hémorragie du post-partum :
Utilisation possible : acide tranexamique
Utilisation possible avec précaution : sulprostone (attendre 2 heures après la fin de la perfusion avant de débuter l'allaitement) ;
- Antibiotiques (255. Prescrire un anti-infectieux) :
Utilisation possible : pénicilline ± acide clavulanique, ceftriaxone, érythromycine/clarithromycine/azithromycine, ciprofloxacine/ofloxacine ;
Utilisation possible avec précaution : cotrimoxazole (à éviter en cas d'ictère néonatal, de prématurité ou risque de déficit en G6PD), nitrofurantoïne (à éviter en cas de risque de déficit en G6PD), gentamicine (sauf en cas de prématurité ou d'insuffisance rénale du nourrisson), métronidazole(traitement court per os ou IV de 7–10 jours, sans restriction par voie vaginale) ;
Utilisation non recommandée : clindamycine (possible en cas de dose unique peropératoire), péfloxacine.
- Antiémétiques :
Utilisation possible : dompéridone, métoclopramide ;
Utilisation non recommandée : ondansétron.
- Antihypertenseurs (282. Prescription médicamenteuse, consultation de suivi et éducation d'un patient hypertendu) :
Utilisation possible : propanolol, labétalol, nifédipine, nicardipine, alphaméthyldopa ;
Utilisation possible avec précaution : captopril (sauf en cas de prématurité ou d'insuffisance rénale du nourrisson), énalapril (sauf en cas de prématurité ou d'insuffisance rénale du nourrisson).
- Anticoagulants (248. Prescription et suivi d'un traitement par anticoagulant et/ou anti-agrégant) :
Utilisation possible : héparine non fractionnée et de bas poids moléculaire, warfarine, acénocoumarol ;
Utilisation non recommandée : fluindione.
- Psychotropes (256. Prescrire un hypnotique/anxiolytique) :
Utilisation possible : zopiclone, oxazépam, paroxétine, sertraline ;
Utilisation possible avec précaution : zolpidem (prendre le traitement juste après la dernière tétée du soir) ;
Utilisation non recommandée : diazépam, hydroxyzine.
- Antiépileptiques :
Utilisation possible : gabapentine, phénytoïne, acide valproïque ;
Utilisation non recommandée : lamotrigine, lévitiracétam, topiramate, oxcarbazépine, carbamazépine, vigabatrine.
310. Prévention chez un malade contagieux
- Infections contre-indiquant l’allaitement maternel :
VIH ;
HTLV-1 et 2 (la congélation détruit cependant le virus).
- Infections nécessitant une suspension temporaire de l’allaitement maternel :
Varicelle : potentiellement dangereuse pour le nouveau-né si la mère contracte la maladie 5 jours avant la naissance ou 2 jours après. Isoler la mère 7 à 10 jours (avec pendant la séparation extraction du lait pour le donner à l'enfant, la transmission virale se faisant par contact direct et non pas par passage de virus dans le lait) et surveiller le nouveau-né de manière rapprochée. En cas de zona : respect des règles d'hygiène strictes avec lavage des mains et éviter tout contact direct. En cas de lésions sur les seins, le lait sera extrait et donné à l'enfant.
Tuberculose : isoler le nouveau-né de mère atteinte de tuberculose pulmonaire active pendant au moins 2 semaines de traitement. Dans les allaitements prolongés, il sera nécessaire de doser le médicament dans le lait, le plasma et les urines de l'enfant.
- Infections ne contre-indiquant pas l’allaitement maternel :
Infections courantes (angines, bronchites, grippe, gastroentérites, infections urinaires, etc.) : mesures d’hygiène simples ;
Herpès : respect des règles d'hygiène strictes avec lavage des mains, port de masque en cas d'herpès labial et éviter tout contact direct puisque la contamination ne se fait pas par le lait mais par contact direct. En cas de lésions sur les seins, le lait sera extrait et donné à l'enfant. Sur l'autre sein indemne, l'allaitement direct est autorisé ;
CMV : sans risque pour un enfant né à terme. En revanche, des précautions seront à prendre en cas de grande prématurité. La congélation diminue la charge virale, la pasteurisation la supprime ;
Hépatite B : contamination materno-fœtale se fait essentiellement par voie vaginale mais possible via l’allaitement. Protocole de sérovaccination identique aux enfants non allaités avec injection précoce dans les 12 heures qui suivent la naissance d'immunoglobulines et vaccination à 3 injections (0, 1, 6 mois de l'enfant). La vaccination est efficace à 95 % et l'allaitement maternel n'augmente pas le risque de contamination ;
Hépatite C.
- Tabac (314. Prévention des risques liés au tabac) :
Consommation déconseillée aux femmes qui allaitent (nicotine et cotinine passent dans le lait maternel dans des quantités significatives) ;
Ne constitue pas une contre-indication à l'allaitement maternel : encourager les femmes à utiliser des substituts nicotiniques et proposition de soutien par des professionnels de santé spécialisés. Si sevrage tabagique incomplet : respecter un délai d'au moins 2 heures avant la mise au sein.
- Alcool (313. Prévention des risques liés à l'alcool) :
Consommation déconseillée aux femmes qui allaitent (moindre production de lait, augmentation d'arrêt précoce de l'allaitement maternel et effets néfastes sur l'enfant) ;
En cas de consommation modérée et ponctuelle d'alcool : respecter un délai minimum de 2 heures avant la mise au sein.
- Drogues :
- Consommation de cocaïne, d'héroïne ou de cannabis déconseillée aux femmes qui allaitent (passage dans le lait maternel et l'organisme immature de l'enfant peut y être sensible). Les consommations peuvent perturber l'allaitement ou modifier le comportement du bébé (somnolence excessive ou, au contraire, agitation) ;
- Ne constitue pas une contre-indication à l'allaitement maternel (bénéfices apportés par l'allaitement au sein quand celui-ci est souhaité par la mère prévalent sur ses inconvénients, même en cas de consommation de drogues) ;
- La mère doit être informée et accompagnée. L'allaitement peut dans certains cas aider les mères à diminuer voire arrêter leur consommation. Il a été montré que le cocooning associé à l'allaitement maternel réduit les symptômes de sevrage chez l'enfant.
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Il est impossible de rapporter les données de l'ensemble des médicaments pouvant être prescrits au cours de l'allaitement. Le listing ci-après présente les situations les plus fréquemment rencontrées. Les Centres régionaux de pharmacovigilance ou le site du Centre de renseignements sur les agents tératogènespermettent d'obtenir les informations les plus récentes mises à jour.
- Antalgiques (250. Prescrire des antalgiques ; 249. Prescrire des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)) :
Utilisation possible : paracétamol, acide acétylsalicylique à dose anti-agrégante ;
Utilisation possible avec précaution : ibuprofène (à prendre au moment de la tétée), néfopam (dans les 24-48h suivant l’accouchement), tramadol (dans les 48-96h suivant l’accouchement), morphine (dans les 24-72h suivant l’accouchement) ;
Utilisation non recommandée : acide acétylsalicylique à dose anti-inflammatoire, codéine, oxycodone.
- Médicaments pour l’hémorragie du post-partum :
Utilisation possible : acide tranexamique
Utilisation possible avec précaution : sulprostone (attendre 2 heures après la fin de la perfusion avant de débuter l'allaitement) ;
- Antibiotiques (255. Prescrire un anti-infectieux) :
Utilisation possible : pénicilline ± acide clavulanique, ceftriaxone, érythromycine/clarithromycine/azithromycine, ciprofloxacine/ofloxacine ;
Utilisation possible avec précaution : cotrimoxazole (à éviter en cas d'ictère néonatal, de prématurité ou risque de déficit en G6PD), nitrofurantoïne (à éviter en cas de risque de déficit en G6PD), gentamicine (sauf en cas de prématurité ou d'insuffisance rénale du nourrisson), métronidazole(traitement court per os ou IV de 7–10 jours, sans restriction par voie vaginale) ;
Utilisation non recommandée : clindamycine (possible en cas de dose unique peropératoire), péfloxacine.
- Antiémétiques :
Utilisation possible : dompéridone, métoclopramide ;
Utilisation non recommandée : ondansétron.
- Antihypertenseurs (282. Prescription médicamenteuse, consultation de suivi et éducation d'un patient hypertendu) :
Utilisation possible : propanolol, labétalol, nifédipine, nicardipine, alphaméthyldopa ;
Utilisation possible avec précaution : captopril (sauf en cas de prématurité ou d'insuffisance rénale du nourrisson), énalapril (sauf en cas de prématurité ou d'insuffisance rénale du nourrisson).
- Anticoagulants (248. Prescription et suivi d'un traitement par anticoagulant et/ou anti-agrégant) :
Utilisation possible : héparine non fractionnée et de bas poids moléculaire, warfarine, acénocoumarol ;
Utilisation non recommandée : fluindione.
- Psychotropes (256. Prescrire un hypnotique/anxiolytique) :
Utilisation possible : zopiclone, oxazépam, paroxétine, sertraline ;
Utilisation possible avec précaution : zolpidem (prendre le traitement juste après la dernière tétée du soir) ;
Utilisation non recommandée : diazépam, hydroxyzine.
- Antiépileptiques :
Utilisation possible : gabapentine, phénytoïne, acide valproïque ;
Utilisation non recommandée : lamotrigine, lévitiracétam, topiramate, oxcarbazépine, carbamazépine, vigabatrine.
310. Prévention chez un malade contagieux
- Infections contre-indiquant l’allaitement maternel :
VIH ;
HTLV-1 et 2 (la congélation détruit cependant le virus).
- Infections nécessitant une suspension temporaire de l’allaitement maternel :
Varicelle : potentiellement dangereuse pour le nouveau-né si la mère contracte la maladie 5 jours avant la naissance ou 2 jours après. Isoler la mère 7 à 10 jours (avec pendant la séparation extraction du lait pour le donner à l'enfant, la transmission virale se faisant par contact direct et non pas par passage de virus dans le lait) et surveiller le nouveau-né de manière rapprochée. En cas de zona : respect des règles d'hygiène strictes avec lavage des mains et éviter tout contact direct. En cas de lésions sur les seins, le lait sera extrait et donné à l'enfant.
Tuberculose : isoler le nouveau-né de mère atteinte de tuberculose pulmonaire active pendant au moins 2 semaines de traitement. Dans les allaitements prolongés, il sera nécessaire de doser le médicament dans le lait, le plasma et les urines de l'enfant.
- Infections ne contre-indiquant pas l’allaitement maternel :
Infections courantes (angines, bronchites, grippe, gastroentérites, infections urinaires, etc.) : mesures d’hygiène simples ;
Herpès : respect des règles d'hygiène strictes avec lavage des mains, port de masque en cas d'herpès labial et éviter tout contact direct puisque la contamination ne se fait pas par le lait mais par contact direct. En cas de lésions sur les seins, le lait sera extrait et donné à l'enfant. Sur l'autre sein indemne, l'allaitement direct est autorisé ;
CMV : sans risque pour un enfant né à terme. En revanche, des précautions seront à prendre en cas de grande prématurité. La congélation diminue la charge virale, la pasteurisation la supprime ;
Hépatite B : contamination materno-fœtale se fait essentiellement par voie vaginale mais possible via l’allaitement. Protocole de sérovaccination identique aux enfants non allaités avec injection précoce dans les 12 heures qui suivent la naissance d'immunoglobulines et vaccination à 3 injections (0, 1, 6 mois de l'enfant). La vaccination est efficace à 95 % et l'allaitement maternel n'augmente pas le risque de contamination ;
Hépatite C.
- Tabac (314. Prévention des risques liés au tabac) :
Consommation déconseillée aux femmes qui allaitent (nicotine et cotinine passent dans le lait maternel dans des quantités significatives) ;
Ne constitue pas une contre-indication à l'allaitement maternel : encourager les femmes à utiliser des substituts nicotiniques et proposition de soutien par des professionnels de santé spécialisés. Si sevrage tabagique incomplet : respecter un délai d'au moins 2 heures avant la mise au sein.
- Alcool (313. Prévention des risques liés à l'alcool) :
Consommation déconseillée aux femmes qui allaitent (moindre production de lait, augmentation d'arrêt précoce de l'allaitement maternel et effets néfastes sur l'enfant) ;
En cas de consommation modérée et ponctuelle d'alcool : respecter un délai minimum de 2 heures avant la mise au sein.
- Drogues :
- Consommation de cocaïne, d'héroïne ou de cannabis déconseillée aux femmes qui allaitent (passage dans le lait maternel et l'organisme immature de l'enfant peut y être sensible). Les consommations peuvent perturber l'allaitement ou modifier le comportement du bébé (somnolence excessive ou, au contraire, agitation) ;
- Ne constitue pas une contre-indication à l'allaitement maternel (bénéfices apportés par l'allaitement au sein quand celui-ci est souhaité par la mère prévalent sur ses inconvénients, même en cas de consommation de drogues) ;
- La mère doit être informée et accompagnée. L'allaitement peut dans certains cas aider les mères à diminuer voire arrêter leur consommation. Il a été montré que le cocooning associé à l'allaitement maternel réduit les symptômes de sevrage chez l'enfant.