Le corps est un objet d’étude multidimensionnel. C’est pourquoi les sciences humaines et sociales ont investi la thématique du corps humain de multiples manières. Qu’il soit abordé par le prisme de l’histoire, de la sociologie, l’anthropologie ou encore de la philosophie ou de la littérature, le corps revêt une abondance d’entrées possibles pour son étude.
Les représentations de ce que serait un corps en bonne santé changent selon les époques.
Le choix des aliments adaptés à l’homme, la manière de se nourrir, l’exercice physique, l’assignation d’un genre, la régulation de la procréation, et les normes esthétiques sont une construction sociale s’adaptant aux contraintes posées par les traditions culturelles et par le milieu naturel. L’acte de manger permet de reconstruire des logiques sociales et des identités d’un groupe. La présence d’interdits alimentaires dans plusieurs traditions religieuses, de régimes de santés liés aux âges de la vie, notamment à l’enfance et à la vieillesse (le « bien vieillir »), mais aussi l’impact de certaines nourritures sur la sphère émotionnelle et affective, ou l’importance de la gastronomie dans les interactions sociales de certains groupes, placent l’alimentation humaine au cœur d’un dispositif social, symbolique et économique ayant des implications sur les représentations du corps en un lieu et à une époque donnée. À titre d’exemple, l’embonpoint qui à la Renaissance est synonyme de bonne santé, se mue progressivement pour devenir un problème de santé publique majeure à partir des années 1960-1970. Cette mutation s’opère dès le XVIe siècle avec l’évolution des codes de beauté s’illustre dans les habitudes vestimentaires telles que le corsetage. Ainsi, il existe des liens étroits entre esthétique, standards imposés notamment par la mode et les normes corporelles. Mais ceci est également en lien avec l’industrialisation et l’urbanisation de la société, imposant un mode de vie plus sédentaire et induisant de nouvelles habitudes de consommation et une alimentation plus riche.
Pour les sociologues, notamment Pierre Bourdieu, le corps exerce au moins trois fonctions : celle de mémoire, celle d’apprentissage des habitudes de classe et celle de marqueur de position sociale. Le corps apparaît ainsi comme le témoin d’inégalités entre les classes sociales, selon les habitudes alimentaires ou encore le type de travail effectué qui ne façonnera pas les corps de la même manière.
Au-delà des différences sociales, et de manière intriquée, se trouvent également des différences culturelles. Les transformations volontaires du corps telles que par exemple les tatouages, piercings et scarifications n’ont pas les mêmes fonctions selon les époques et sociétés où elles s’opèrent. On observe également une production différenciée des normes et des règles corporelles selon les cultes.
Aborder la question du corps est intrinsèquement corrélé à la question de l’identité et notamment la construction de l’identité sexuée. Le fait de devenir homme ou femme s’envisage ainsi également sous l’angle de la construction du genre sociale et pas uniquement celui de la différenciation biologique (voir item 58).
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Le corps est un objet d’étude multidimensionnel. C’est pourquoi les sciences humaines et sociales ont investi la thématique du corps humain de multiples manières. Qu’il soit abordé par le prisme de l’histoire, de la sociologie, l’anthropologie ou encore de la philosophie ou de la littérature, le corps revêt une abondance d’entrées possibles pour son étude.
Les représentations de ce que serait un corps en bonne santé changent selon les époques.
Le choix des aliments adaptés à l’homme, la manière de se nourrir, l’exercice physique, l’assignation d’un genre, la régulation de la procréation, et les normes esthétiques sont une construction sociale s’adaptant aux contraintes posées par les traditions culturelles et par le milieu naturel. L’acte de manger permet de reconstruire des logiques sociales et des identités d’un groupe. La présence d’interdits alimentaires dans plusieurs traditions religieuses, de régimes de santés liés aux âges de la vie, notamment à l’enfance et à la vieillesse (le « bien vieillir »), mais aussi l’impact de certaines nourritures sur la sphère émotionnelle et affective, ou l’importance de la gastronomie dans les interactions sociales de certains groupes, placent l’alimentation humaine au cœur d’un dispositif social, symbolique et économique ayant des implications sur les représentations du corps en un lieu et à une époque donnée. À titre d’exemple, l’embonpoint qui à la Renaissance est synonyme de bonne santé, se mue progressivement pour devenir un problème de santé publique majeure à partir des années 1960-1970. Cette mutation s’opère dès le XVIe siècle avec l’évolution des codes de beauté s’illustre dans les habitudes vestimentaires telles que le corsetage. Ainsi, il existe des liens étroits entre esthétique, standards imposés notamment par la mode et les normes corporelles. Mais ceci est également en lien avec l’industrialisation et l’urbanisation de la société, imposant un mode de vie plus sédentaire et induisant de nouvelles habitudes de consommation et une alimentation plus riche.
Pour les sociologues, notamment Pierre Bourdieu, le corps exerce au moins trois fonctions : celle de mémoire, celle d’apprentissage des habitudes de classe et celle de marqueur de position sociale. Le corps apparaît ainsi comme le témoin d’inégalités entre les classes sociales, selon les habitudes alimentaires ou encore le type de travail effectué qui ne façonnera pas les corps de la même manière.
Au-delà des différences sociales, et de manière intriquée, se trouvent également des différences culturelles. Les transformations volontaires du corps telles que par exemple les tatouages, piercings et scarifications n’ont pas les mêmes fonctions selon les époques et sociétés où elles s’opèrent. On observe également une production différenciée des normes et des règles corporelles selon les cultes.
Aborder la question du corps est intrinsèquement corrélé à la question de l’identité et notamment la construction de l’identité sexuée. Le fait de devenir homme ou femme s’envisage ainsi également sous l’angle de la construction du genre sociale et pas uniquement celui de la différenciation biologique (voir item 58).