Depuis l’essor des techniques en médecine, les signes corporels de la maladie ne sont plus seulement observés par l’œil des soignants, mais aussi et surtout par le biais de tout un ensemble de dispositifs techniques : thermomètre, stéthoscope, imagerie médicale, analyses biologiques, etc. Ces derniers ont redéfini la manière de voir et concevoir les maladies, mais également d’appréhender les corps. Artefact s’immisçant entre le soignant et le patient, entre observateur et observé, ils redéfinissent les frontières entre l’intérieur et l’extérieur du corps et transforment la matérialité du corps en un ensemble de variables, d’images et de données pouvant être réductionniste.
L’observation qui en résulte s’est accompagnée d’une terminologie propre pouvant induire également une mise à distance et créer un écart entre ce qui est vécu par le patient (son vécu subjectif) et la manière dont la médecine objective son corps.
Lorsqu’il est question du corps humain, les sciences humaines distinguent le plus souvent un corps-objet et un corps-sujet. Le premier est un simple corps parmi les corps, impersonnel, régi par des lois naturelles, dépourvu de caractéristiques spécifiquement humaines, objet d’action ou de contemplation. Le deuxième, le corps-sujet, désigne à la fois le corps subjectif, en tant que substrat psychophysiologique de l’expérience individuelle du corps, et le corps du sujet, en tant que dimension de la corporéité sur laquelle s’exerce l’action du sujet humain. Dans le monde de la santé, cette distinction permet de relativiser et de préciser les connaissances sur le corps, sain ou malade, sans tomber dans un réductionnisme facile, qui consisterait à diriger l’attention du soignant sur un seul aspect de la corporéité. Le corps ne peut être réduit à une batterie d’organes, ni à un ensemble de chiffres ou d’images de laboratoire, ni au récit que le patient fait de sa propre vie.
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Depuis l’essor des techniques en médecine, les signes corporels de la maladie ne sont plus seulement observés par l’œil des soignants, mais aussi et surtout par le biais de tout un ensemble de dispositifs techniques : thermomètre, stéthoscope, imagerie médicale, analyses biologiques, etc. Ces derniers ont redéfini la manière de voir et concevoir les maladies, mais également d’appréhender les corps. Artefact s’immisçant entre le soignant et le patient, entre observateur et observé, ils redéfinissent les frontières entre l’intérieur et l’extérieur du corps et transforment la matérialité du corps en un ensemble de variables, d’images et de données pouvant être réductionniste.
L’observation qui en résulte s’est accompagnée d’une terminologie propre pouvant induire également une mise à distance et créer un écart entre ce qui est vécu par le patient (son vécu subjectif) et la manière dont la médecine objective son corps.
Lorsqu’il est question du corps humain, les sciences humaines distinguent le plus souvent un corps-objet et un corps-sujet. Le premier est un simple corps parmi les corps, impersonnel, régi par des lois naturelles, dépourvu de caractéristiques spécifiquement humaines, objet d’action ou de contemplation. Le deuxième, le corps-sujet, désigne à la fois le corps subjectif, en tant que substrat psychophysiologique de l’expérience individuelle du corps, et le corps du sujet, en tant que dimension de la corporéité sur laquelle s’exerce l’action du sujet humain. Dans le monde de la santé, cette distinction permet de relativiser et de préciser les connaissances sur le corps, sain ou malade, sans tomber dans un réductionnisme facile, qui consisterait à diriger l’attention du soignant sur un seul aspect de la corporéité. Le corps ne peut être réduit à une batterie d’organes, ni à un ensemble de chiffres ou d’images de laboratoire, ni au récit que le patient fait de sa propre vie.