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Reconnaître et évaluer une douleur aiguë et chronique chez l'adulte OIC-134-06-A

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Reconnaître et évaluer une douleur aiguë et chronique chez l'adulte OIC-134-06-A

Savoir mener l’interrogatoire d’un patient douloureux et évaluer les composantes et conséquences d'une douleur

·     Le diagnostic et l’évaluation de l’intensité de la douleur à l’aide d’une échelle d’auto-évaluation validée (EVA, EN, EVS) doit faire l’objet d’une démarche active des soignants sans attendre la plainte : elle est obligatoire et doit être tracée dans le dossier du patient quel que soit le motif de l’hospitalisation.

·     Il s’agit d’ un préalable indispensable à la mise en route d’un traitement réalisable faite par tout professionnel de santé (étudiants en médecine, médecins, psychologues, kinésithérapeutes, infirmiers, maïeuticiens, dentistes, pharmaciens).

·     Le diagnostic et l’évaluation concernent la douleur aigue et chronique

Objectifs                                                            

·      Dépistage et diagnostic de la nature de la douleur du patient (aigue ou chronique, neuropathique, nociceptive, nociplastique, viscérale, mixte)

·      Evaluer la localisation de la douleur, son caractère diffus ou focal, son irradiation éventuelle, ses caractéristiques (type de douleur, facteurs diminuant ou augmentant la douleur…), les symptômes et signes cliniques associés (nausées, vomissements, fièvre, rougeur à l’inspection, défense à la palpation de l’abdomen…)

·      Evaluer l’intensité de la douleur en favorisant l’auto-évaluation par le patient à l’aide d’échelles validées (EN 0-10 orale ou visuelle et EVA : douleur d’intensité légère si <4, modérée entre 4 et 6, sévère si > 6, EVS en 5 descripteurs).

·      Evaluer l’efficacité, la tolérance et l’observance au traitement antalgique médicamenteux ou non

·      Les objectifs plus spécifiques de l’entretien et de l’évaluation diffèrent selon qu’il s’agit d’une douleur aigue ou chronique.

·      En cas de douleur aigue (plus souvent nociceptive, traumatique ou post-opératoire) l’objectif thérapeutique est curatif et un traitement étiologique est possible. L’évaluation est généralement limitée à l’aire douloureuse, l’intensité douloureuse (repos, effort), la consommation d’antalgiques, parfois l’anxiété associée.

·      En situation de douleur chronique (entité multi-dimensionnelle avec une composante sensorielle, émotionnelle, cognitive, comportementale) les objectifs sont symptomatiques et la prise en charge étiologique rarement possible (recommandations de la HAS 1999) :

-      L’évaluation demande du temps et peut se répartir sur plusieurs consultations

-      Elle implique un bilan étiologique avec un entretien, un examen clinique et si besoin des examens complémentaires

Connaître les outils et échelles d'évaluation de la douleur chez l'adulte communicant et non communicant

Principes généraux 

·      Toujours utiliser la même échelle pour un même patient sauf en cas de modifications des capacités cognitives.

·      Si le patient présente plusieurs sites douloureux, chaque douleur doit être évaluée séparément.

Echelles d’auto-évaluation de la douleur et de son impact

·      S’adressent aux patients communicants, c’est à dire aux enfants de plus de 6 ans ou adultes capables de communiquer verbalement (pas de troubles cognitifs majeurs ni troubles de la conscience)

·      Elles comportent surtout des échelles d’intensité douloureuse (Tableau 2) et des échelles multidimensionnelles

·      Les échelles d’intensité permettent d’évaluer l’intensité d’une douleur au moment présent ou au cours des dernières 24 heures, et de repérer si besoin l’ « urgence » à traiter, le niveau d’antalgiques à utiliser, l’évolution de la douleur et le niveau de soulagement du patient.

·      Les échelles multidimensionnelles prennent en compte différentes dimensions de la douleur chronique et de son retentissement. Le plus utilisé est le Questionnaire douleur de Mc Gill (version française : questionnaire douleur de Saint Antoine) qui explore les dimensions sensorielles et affectives de la douleur. Ces échelles ne sont à utiliser que pour la prise en charge d’une douleur chronique.

·      L’évaluation de la douleur chronique peut être complétée par des échelles de dépression, d’anxiété, de qualité de vie, de sommeil, qui ne sont pas spécifiques de la douleur. L’échelle la plus utilisée est l’échelle anxiété dépression (HADS) : évalue la composante anxieuse et/ou dépressive chez le patient douloureux chronique.

Tableau 2 : Echelles d’intensité douloureuse
L’Échelle Visuelle Analogique (EVA)

Se présente généralement sous forme d’une réglette de 100 mm, horizontale (adulte) ou verticale (enfant) dont l’une des extrémités correspond à "pas de douleur" et l’autre à "Douleur maximale imaginable. Sur la face présentée au patient se trouve un curseur qu’il mobilise à l’endroit où il situe le mieux sa douleur. Sur l’autre face se trouvent des graduations vues par le soignant qui lui permettent de déterminer l’intensité précise de la douleur (en cm ou mm).  

EVA verticale (enfant) (https://sparadrap.org)                                        

L’Échelle numérique (EN)

Propose un mode de notation numérique sans ou avec support visuel. Il est demandé au patient de quantifier l’intensité de sa douleur de 0 à 10 à un moment donné. Le support visuel peut aider en cas de situation critique (préhospitalier, urgences, soins intensifs, salle de soins post-interventionnels) ou chez des patients moins coopérants (asthénie, fatigabilité).

          Aucune

         douleur


  0


  1


  2


  3


  4


  5


  6


  7


  8


  9


10

Douleur

maximale


L’échelle Verbale Simple (EVS) (ou échelle catégorielle)

S’adresse aux patients généralement incapables d’utiliser les précédentes.

Comporte des qualificatifs de type : aucune douleur, douleur faible, douleur moyenne, douleur sévère, douleur très sévère. L’EVS ne doit pas se simplifier à la question simple « avez-vous mal » ?

Echelles d’hétéroévaluation de la douleur

·      Elles s’adressent aux patients présentant des troubles de la communication verbale.

·      Elles nécessitent que le clinicien observe le comportement douloureux du patient et le quantifie à l’aide d’un score validé : on appelle encore ces échelles des échelles comportementales. Chaque type de population (jeunes enfants, jeunes enfants en post-opératoire, personnes âgées non communicantes, patients adultes confus ou sédatés) possède ses propres échelles comportementales, validées dans chaque population type.

·      Les domaines d’observation du comportement les plus fréquemment retenus dans ces échelles sont :

- l’expression du visage (mimique, grimace) et les pleurs ;

- la vocalisation ou la verbalisation de la douleur ;

- 'hypertonie et le mouvement des membres, l’agitation ou au contraire l’absence de mouvement, l’interruption

des activités usuelles.


·     Chaque échelle d’hétéro-évaluation possède un score seuil qui a été défini comme étant associé à une douleur d’intensité significative. Ces seuils impliquent que les cliniciens considèrent la recherche de la cause de la douleur et son traitement.




Niveau : 0
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Savoir mener l’interrogatoire d’un patient douloureux et évaluer les composantes et conséquences d'une douleur

·     Le diagnostic et l’évaluation de l’intensité de la douleur à l’aide d’une échelle d’auto-évaluation validée (EVA, EN, EVS) doit faire l’objet d’une démarche active des soignants sans attendre la plainte : elle est obligatoire et doit être tracée dans le dossier du patient quel que soit le motif de l’hospitalisation.

·     Il s’agit d’ un préalable indispensable à la mise en route d’un traitement réalisable faite par tout professionnel de santé (étudiants en médecine, médecins, psychologues, kinésithérapeutes, infirmiers, maïeuticiens, dentistes, pharmaciens).

·     Le diagnostic et l’évaluation concernent la douleur aigue et chronique

Objectifs                                                            

·      Dépistage et diagnostic de la nature de la douleur du patient (aigue ou chronique, neuropathique, nociceptive, nociplastique, viscérale, mixte)

·      Evaluer la localisation de la douleur, son caractère diffus ou focal, son irradiation éventuelle, ses caractéristiques (type de douleur, facteurs diminuant ou augmentant la douleur…), les symptômes et signes cliniques associés (nausées, vomissements, fièvre, rougeur à l’inspection, défense à la palpation de l’abdomen…)

·      Evaluer l’intensité de la douleur en favorisant l’auto-évaluation par le patient à l’aide d’échelles validées (EN 0-10 orale ou visuelle et EVA : douleur d’intensité légère si <4, modérée entre 4 et 6, sévère si > 6, EVS en 5 descripteurs).

·      Evaluer l’efficacité, la tolérance et l’observance au traitement antalgique médicamenteux ou non

·      Les objectifs plus spécifiques de l’entretien et de l’évaluation diffèrent selon qu’il s’agit d’une douleur aigue ou chronique.

·      En cas de douleur aigue (plus souvent nociceptive, traumatique ou post-opératoire) l’objectif thérapeutique est curatif et un traitement étiologique est possible. L’évaluation est généralement limitée à l’aire douloureuse, l’intensité douloureuse (repos, effort), la consommation d’antalgiques, parfois l’anxiété associée.

·      En situation de douleur chronique (entité multi-dimensionnelle avec une composante sensorielle, émotionnelle, cognitive, comportementale) les objectifs sont symptomatiques et la prise en charge étiologique rarement possible (recommandations de la HAS 1999) :

-      L’évaluation demande du temps et peut se répartir sur plusieurs consultations

-      Elle implique un bilan étiologique avec un entretien, un examen clinique et si besoin des examens complémentaires

Connaître les outils et échelles d'évaluation de la douleur chez l'adulte communicant et non communicant

Principes généraux 

·      Toujours utiliser la même échelle pour un même patient sauf en cas de modifications des capacités cognitives.

·      Si le patient présente plusieurs sites douloureux, chaque douleur doit être évaluée séparément.

Echelles d’auto-évaluation de la douleur et de son impact

·      S’adressent aux patients communicants, c’est à dire aux enfants de plus de 6 ans ou adultes capables de communiquer verbalement (pas de troubles cognitifs majeurs ni troubles de la conscience)

·      Elles comportent surtout des échelles d’intensité douloureuse (Tableau 2) et des échelles multidimensionnelles

·      Les échelles d’intensité permettent d’évaluer l’intensité d’une douleur au moment présent ou au cours des dernières 24 heures, et de repérer si besoin l’ « urgence » à traiter, le niveau d’antalgiques à utiliser, l’évolution de la douleur et le niveau de soulagement du patient.

·      Les échelles multidimensionnelles prennent en compte différentes dimensions de la douleur chronique et de son retentissement. Le plus utilisé est le Questionnaire douleur de Mc Gill (version française : questionnaire douleur de Saint Antoine) qui explore les dimensions sensorielles et affectives de la douleur. Ces échelles ne sont à utiliser que pour la prise en charge d’une douleur chronique.

·      L’évaluation de la douleur chronique peut être complétée par des échelles de dépression, d’anxiété, de qualité de vie, de sommeil, qui ne sont pas spécifiques de la douleur. L’échelle la plus utilisée est l’échelle anxiété dépression (HADS) : évalue la composante anxieuse et/ou dépressive chez le patient douloureux chronique.

Tableau 2 : Echelles d’intensité douloureuse
L’Échelle Visuelle Analogique (EVA)

Se présente généralement sous forme d’une réglette de 100 mm, horizontale (adulte) ou verticale (enfant) dont l’une des extrémités correspond à "pas de douleur" et l’autre à "Douleur maximale imaginable. Sur la face présentée au patient se trouve un curseur qu’il mobilise à l’endroit où il situe le mieux sa douleur. Sur l’autre face se trouvent des graduations vues par le soignant qui lui permettent de déterminer l’intensité précise de la douleur (en cm ou mm).  

EVA verticale (enfant) (https://sparadrap.org)                                        

L’Échelle numérique (EN)

Propose un mode de notation numérique sans ou avec support visuel. Il est demandé au patient de quantifier l’intensité de sa douleur de 0 à 10 à un moment donné. Le support visuel peut aider en cas de situation critique (préhospitalier, urgences, soins intensifs, salle de soins post-interventionnels) ou chez des patients moins coopérants (asthénie, fatigabilité).

          Aucune

         douleur


  0


  1


  2


  3


  4


  5


  6


  7


  8


  9


10

Douleur

maximale


L’échelle Verbale Simple (EVS) (ou échelle catégorielle)

S’adresse aux patients généralement incapables d’utiliser les précédentes.

Comporte des qualificatifs de type : aucune douleur, douleur faible, douleur moyenne, douleur sévère, douleur très sévère. L’EVS ne doit pas se simplifier à la question simple « avez-vous mal » ?

Echelles d’hétéroévaluation de la douleur

·      Elles s’adressent aux patients présentant des troubles de la communication verbale.

·      Elles nécessitent que le clinicien observe le comportement douloureux du patient et le quantifie à l’aide d’un score validé : on appelle encore ces échelles des échelles comportementales. Chaque type de population (jeunes enfants, jeunes enfants en post-opératoire, personnes âgées non communicantes, patients adultes confus ou sédatés) possède ses propres échelles comportementales, validées dans chaque population type.

·      Les domaines d’observation du comportement les plus fréquemment retenus dans ces échelles sont :

- l’expression du visage (mimique, grimace) et les pleurs ;

- la vocalisation ou la verbalisation de la douleur ;

- 'hypertonie et le mouvement des membres, l’agitation ou au contraire l’absence de mouvement, l’interruption

des activités usuelles.


·     Chaque échelle d’hétéro-évaluation possède un score seuil qui a été défini comme étant associé à une douleur d’intensité significative. Ces seuils impliquent que les cliniciens considèrent la recherche de la cause de la douleur et son traitement.



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