· La population âgée est une population hétérogène quant au vieillissement biologique et au déclin cognitif (lié à l’âge ou à une pathologie neuro dégénérative). Le vieillissement altère la perception et modifie l’expression de la douleur surtout s’il existe des troubles cognitifs. La douleur demeure sous-estimée et sous-traitée et la prise en charge devra être individualisée et adaptée en fonction de l’état de santé du patient (co-morbidités et traitements chroniques, état des fonctions émonctoires).
· Douleur aiguë : certaines pathologies aiguës habituellement douloureuses chez l’adulte (infarctus du myocarde, douleurs viscérales, ulcères, fractures) peuvent être silencieuses chez la personne âgée qui se présente souvent tardivement aux urgences, consulte et rapporte sa douleur plus tard que l’adulte plus jeune, avec plus de complications qui peuvent être graves voire fatales.
· Douleur chronique : la prévalence est élevée touchant de 40 à 80% des personnes vivant à leur domicile ou en institution, avec des étiologies variées (ostéo-articulaire, musculaire, neuropathique, iatrogène…).
· La prise en charge de la douleur repose sur 4 piliers : Repérage, Evaluation, Traitement et toujours Ré-Evaluation de la douleur afin de juger de l’efficacité de la démarche adoptée. Elle inclut les équipes soignantes et/ou la famille.
Connaitre les particularités de prise en charge de la douleur chez le sujet âgé
Repérage
· Certaines douleurs sont prévisibles (douleurs des soins, escarres…) même si ce n’est pas spécifique aux personnes âgées (voir rubrique « prévalence et épidémiologie » ) alors que d ’autres sont plus difficiles à anticiper (accès douloureux paroxystiques) ou à repérer.
· Il faut rechercher les signes d’appel et avoir un réflexe douleur surtout si le comportement est anormal, agitation, cris
· Toute personne âgée exprimant une douleur ou un comportement suggestif de douleur a effectivement mal. Il faut appliquer un principe de précaution et lutter contre les idées reçues, convictions, peurs, représentations du patient et de son entourage, comme « C’est normal d’avoir mal quand on est vieux »
Evaluation
· Le patient sera correctement installé (ambiance, port des lunettes, prothèses auditives et dentaires), avec une approche relationnelle empathique, patiente, un climat de confiance et tenant compte des difficultés cognitives ou d’expression
· Un bilan gériatrique (incluant dépression et comportement) est effectué en plus de l’identification des composantes de la douleur.
· L’autoévaluation se fait par échelle numérique ou verbale simple plutôt que l’EVA. En cas d’échec, une observation des comportements par échelle d’hétéroévaluation (Algoplus®, Doloplus®, ECPA®) est utilisée, de préférence en équipe, et cette évaluation est répétée régulièrement.
Traitement
· Le vieillissement modifie la pharmacologie (pharmacodynamie, pharmacocinétique, efficacité) des médicaments dont les antalgiques. Les antalgiques/coantalgiques utilisés sont les mêmes que chez l’adulte plus jeune, mais les effets indésirables et les contre-indications sont plus nombreux à cause des comorbidités et de la polymédication. L’apport des pharmaciens cliniciens peut être utile au dépistage de la iatrogénie médicamenteuse et à la conciliation médicamenteuse.
· Souvent chez la personne âgée coexistent des douleurs mixtes, nociceptives et neuropathiques.
· Avant toute prescription d’antalgique, doivent être renseignés l’état de santé, le traitement médicamenteux, la fonction rénale, le poids, l’état nutritionnel, l’état cognitif et émotionnel, la situation sociale et l’observance. Des adaptations posologiques sont recommandées, les posologies augmentées doucement (« start low et go slow »), la fonction rénale surveillée.
· Effets indésirables et interactions potentielles du médicament antalgique ajouté sont anticipés et évités mais la douleur ne doit pas être sous-traitée par crainte des effets indésirables. Les voies d’administration orale et locale en topique seront privilégiées.
· Il est recommandé d’associer les antalgiques à des techniques non-pharmacologiques, tout à fait envisageables avec quelques adaptations aux déficits sensoriels dus au vieillissement (vue, audition, mobilité).
Réévaluation
· Toujours réévaluer pour adapter et hiérarchiser les traitements afin de réduire la polymédication et optimiser la balance bénéfice-risque.
· Un patient âgé qui ne se plaint pas peut être douloureux.
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· La population âgée est une population hétérogène quant au vieillissement biologique et au déclin cognitif (lié à l’âge ou à une pathologie neuro dégénérative). Le vieillissement altère la perception et modifie l’expression de la douleur surtout s’il existe des troubles cognitifs. La douleur demeure sous-estimée et sous-traitée et la prise en charge devra être individualisée et adaptée en fonction de l’état de santé du patient (co-morbidités et traitements chroniques, état des fonctions émonctoires).
· Douleur aiguë : certaines pathologies aiguës habituellement douloureuses chez l’adulte (infarctus du myocarde, douleurs viscérales, ulcères, fractures) peuvent être silencieuses chez la personne âgée qui se présente souvent tardivement aux urgences, consulte et rapporte sa douleur plus tard que l’adulte plus jeune, avec plus de complications qui peuvent être graves voire fatales.
· Douleur chronique : la prévalence est élevée touchant de 40 à 80% des personnes vivant à leur domicile ou en institution, avec des étiologies variées (ostéo-articulaire, musculaire, neuropathique, iatrogène…).
· La prise en charge de la douleur repose sur 4 piliers : Repérage, Evaluation, Traitement et toujours Ré-Evaluation de la douleur afin de juger de l’efficacité de la démarche adoptée. Elle inclut les équipes soignantes et/ou la famille.
Connaitre les particularités de prise en charge de la douleur chez le sujet âgé
Repérage
· Certaines douleurs sont prévisibles (douleurs des soins, escarres…) même si ce n’est pas spécifique aux personnes âgées (voir rubrique « prévalence et épidémiologie » ) alors que d ’autres sont plus difficiles à anticiper (accès douloureux paroxystiques) ou à repérer.
· Il faut rechercher les signes d’appel et avoir un réflexe douleur surtout si le comportement est anormal, agitation, cris
· Toute personne âgée exprimant une douleur ou un comportement suggestif de douleur a effectivement mal. Il faut appliquer un principe de précaution et lutter contre les idées reçues, convictions, peurs, représentations du patient et de son entourage, comme « C’est normal d’avoir mal quand on est vieux »
Evaluation
· Le patient sera correctement installé (ambiance, port des lunettes, prothèses auditives et dentaires), avec une approche relationnelle empathique, patiente, un climat de confiance et tenant compte des difficultés cognitives ou d’expression
· Un bilan gériatrique (incluant dépression et comportement) est effectué en plus de l’identification des composantes de la douleur.
· L’autoévaluation se fait par échelle numérique ou verbale simple plutôt que l’EVA. En cas d’échec, une observation des comportements par échelle d’hétéroévaluation (Algoplus®, Doloplus®, ECPA®) est utilisée, de préférence en équipe, et cette évaluation est répétée régulièrement.
Traitement
· Le vieillissement modifie la pharmacologie (pharmacodynamie, pharmacocinétique, efficacité) des médicaments dont les antalgiques. Les antalgiques/coantalgiques utilisés sont les mêmes que chez l’adulte plus jeune, mais les effets indésirables et les contre-indications sont plus nombreux à cause des comorbidités et de la polymédication. L’apport des pharmaciens cliniciens peut être utile au dépistage de la iatrogénie médicamenteuse et à la conciliation médicamenteuse.
· Souvent chez la personne âgée coexistent des douleurs mixtes, nociceptives et neuropathiques.
· Avant toute prescription d’antalgique, doivent être renseignés l’état de santé, le traitement médicamenteux, la fonction rénale, le poids, l’état nutritionnel, l’état cognitif et émotionnel, la situation sociale et l’observance. Des adaptations posologiques sont recommandées, les posologies augmentées doucement (« start low et go slow »), la fonction rénale surveillée.
· Effets indésirables et interactions potentielles du médicament antalgique ajouté sont anticipés et évités mais la douleur ne doit pas être sous-traitée par crainte des effets indésirables. Les voies d’administration orale et locale en topique seront privilégiées.
· Il est recommandé d’associer les antalgiques à des techniques non-pharmacologiques, tout à fait envisageables avec quelques adaptations aux déficits sensoriels dus au vieillissement (vue, audition, mobilité).
Réévaluation
· Toujours réévaluer pour adapter et hiérarchiser les traitements afin de réduire la polymédication et optimiser la balance bénéfice-risque.
· Un patient âgé qui ne se plaint pas peut être douloureux.