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Connaître les principes d'adaptation thérapeutique pendant la grossesse et l'allaitement OIC-322-03-A

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Connaître les principes d'adaptation thérapeutique pendant la grossesse et l'allaitement OIC-322-03-A

La prise médicamenteuse par une femme enceinte peut avoir lieu :

  • alors que la grossesse était méconnue. Dans ce cas, il convient d’évaluer le risque associé à cette exposition thérapeutique.
  • lorsque la grossesse est connue et que la patiente doit recevoir un traitement ou qu’un traitement chronique lui est prescrit. La question est alors celle de l’opportunité de poursuivre cette prescription et du choix du médicament le plus approprié à proposer à la patiente.

Modifications pharmacocinétiques et pharmacodynamiques

La grossesse entraine des modifications pharmacocinétiques et pharmacodynamiques qui rendent la prescription de médicament difficile et les adaptations de posologie dynamiques au cours des différentes périodes de la grossesse.

Les modifications pharmacocinétiques chez la femme enceinte se traduisent par une diminution des concentrations :

  • des médicaments hydrophiles,
  • des médicaments fortement liés aux protéines plasmatiques
  • et des médicaments majoritairement éliminés par le rein.

Il conviendra donc d’être attentif au risque de sous-exposition avec ces médicaments.

En fonction de la voie métabolique, les concentrations des médicaments métabolisés par le foie peuvent voir leurs concentrations

  • augmenter (par exemple pour les substrats du CYP2C19)
  • ou diminuer (par exemple pour les substrats du CYP3A4).

Les vomissements au premier trimestre peuvent par ailleurs perturber l’absorption des médicaments.

Prise médicamenteuse par une femme enceinte ou allaitante et risques

Dans tous les cas, la prise d’un médicament par une femme enceinte expose l’enfant à naître à une éventuelle tératogénicité ou des complications néonatales, en raison d’un passage transplacentaire de la plupart des médicaments.

Ce risque nécessite donc une évaluation de la balance bénéfice-risque dans le contexte de la grossesse pour juger de la pertinence de la prescription. Des pictogrammes indiquant le risque tératogène ou foetotoxique figurent depuis 2017 sur les conditionnements des médicaments.

Ces risques varient selon la période d’exposition au médicament :

  • Durant la période péri-implantatoire, c’est la loi dite du « tout ou rien » qui se traduit par une fausse couche ou une absence d’effet.
  • Le risque teratogène est maximal durant la période embryonnaire au cours de l’organogénèse (13ème au 56ème jour de grossesse).
  • Pendant la période fœtale (du 2ème mois à l’accouchement), le risque reste important pour la mort in-utero et les troubles du développement.
  • Enfin, durant la période néonatale, les médicaments peuvent entraîner des effets indésirables notamment en raison des capacités de métabolisme et d’excrétion rénale limitées du nouveau-né. Il convient donc de prescrire uniquement les médicaments nécessaires durant la grossesse et l’allaitement et de préférer les médicaments dont le profil de sécurité est connu dans le contexte.

Pour autant, si seuls les médicaments essentiels au traitement de la femme enceinte doivent être prescrits, les patientes ne doivent pas être sous-traitées. Les traitements chroniques des patientes ne doivent pas être interrompus sans recherche d’alternative. Il faudra privilégier les médicaments bien évalués et pour lesquels il existe un recul suffisant dans l’utilisation chez la femme enceinte (>1000 grossesses traitées).

De nombreux médicaments sont compatibles avec l’allaitement. Néanmoins, les mêmes règles que chez la femme enceinte s’appliquent quant à la nécessité de ne prescrire que les médicaments essentiels. Il faudra privilégier les médicaments qui diffusent peu dans le lait maternel et dont les concentrations circulantes ne sont pas susceptibles d’occasionner des effets indésirables chez le nouveau-né. Les médicaments à demi-vie courte seront à préférer et à administrer après une tétée tandis qu’il faudra proscrire les médicaments à libération modifiée, très lipophiles ou avec des métabolites actifs.

Il existe des centres experts qui peuvent répondre aux cliniciens sur les questions relatives aux médicaments et à la grossesse et à l’allaitement. Ce sont

  • les centres régionaux de pharmacovigilance [CRPV]
  • et le centre de référence des agents tératogènes [CRAT] (https://www.lecrat.fr/).

Enfin, il sera nécessaire de prévenir les femmes enceintes et allaitantes quant aux risques potentiels liés à l’automédication. Aucun traitement, même disponible en vente libre, ne devra être pris sans avis médical.




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La prise médicamenteuse par une femme enceinte peut avoir lieu :

  • alors que la grossesse était méconnue. Dans ce cas, il convient d’évaluer le risque associé à cette exposition thérapeutique.
  • lorsque la grossesse est connue et que la patiente doit recevoir un traitement ou qu’un traitement chronique lui est prescrit. La question est alors celle de l’opportunité de poursuivre cette prescription et du choix du médicament le plus approprié à proposer à la patiente.

Modifications pharmacocinétiques et pharmacodynamiques

La grossesse entraine des modifications pharmacocinétiques et pharmacodynamiques qui rendent la prescription de médicament difficile et les adaptations de posologie dynamiques au cours des différentes périodes de la grossesse.

Les modifications pharmacocinétiques chez la femme enceinte se traduisent par une diminution des concentrations :

  • des médicaments hydrophiles,
  • des médicaments fortement liés aux protéines plasmatiques
  • et des médicaments majoritairement éliminés par le rein.

Il conviendra donc d’être attentif au risque de sous-exposition avec ces médicaments.

En fonction de la voie métabolique, les concentrations des médicaments métabolisés par le foie peuvent voir leurs concentrations

  • augmenter (par exemple pour les substrats du CYP2C19)
  • ou diminuer (par exemple pour les substrats du CYP3A4).

Les vomissements au premier trimestre peuvent par ailleurs perturber l’absorption des médicaments.

Prise médicamenteuse par une femme enceinte ou allaitante et risques

Dans tous les cas, la prise d’un médicament par une femme enceinte expose l’enfant à naître à une éventuelle tératogénicité ou des complications néonatales, en raison d’un passage transplacentaire de la plupart des médicaments.

Ce risque nécessite donc une évaluation de la balance bénéfice-risque dans le contexte de la grossesse pour juger de la pertinence de la prescription. Des pictogrammes indiquant le risque tératogène ou foetotoxique figurent depuis 2017 sur les conditionnements des médicaments.

Ces risques varient selon la période d’exposition au médicament :

  • Durant la période péri-implantatoire, c’est la loi dite du « tout ou rien » qui se traduit par une fausse couche ou une absence d’effet.
  • Le risque teratogène est maximal durant la période embryonnaire au cours de l’organogénèse (13ème au 56ème jour de grossesse).
  • Pendant la période fœtale (du 2ème mois à l’accouchement), le risque reste important pour la mort in-utero et les troubles du développement.
  • Enfin, durant la période néonatale, les médicaments peuvent entraîner des effets indésirables notamment en raison des capacités de métabolisme et d’excrétion rénale limitées du nouveau-né. Il convient donc de prescrire uniquement les médicaments nécessaires durant la grossesse et l’allaitement et de préférer les médicaments dont le profil de sécurité est connu dans le contexte.

Pour autant, si seuls les médicaments essentiels au traitement de la femme enceinte doivent être prescrits, les patientes ne doivent pas être sous-traitées. Les traitements chroniques des patientes ne doivent pas être interrompus sans recherche d’alternative. Il faudra privilégier les médicaments bien évalués et pour lesquels il existe un recul suffisant dans l’utilisation chez la femme enceinte (>1000 grossesses traitées).

De nombreux médicaments sont compatibles avec l’allaitement. Néanmoins, les mêmes règles que chez la femme enceinte s’appliquent quant à la nécessité de ne prescrire que les médicaments essentiels. Il faudra privilégier les médicaments qui diffusent peu dans le lait maternel et dont les concentrations circulantes ne sont pas susceptibles d’occasionner des effets indésirables chez le nouveau-né. Les médicaments à demi-vie courte seront à préférer et à administrer après une tétée tandis qu’il faudra proscrire les médicaments à libération modifiée, très lipophiles ou avec des métabolites actifs.

Il existe des centres experts qui peuvent répondre aux cliniciens sur les questions relatives aux médicaments et à la grossesse et à l’allaitement. Ce sont

  • les centres régionaux de pharmacovigilance [CRPV]
  • et le centre de référence des agents tératogènes [CRAT] (https://www.lecrat.fr/).

Enfin, il sera nécessaire de prévenir les femmes enceintes et allaitantes quant aux risques potentiels liés à l’automédication. Aucun traitement, même disponible en vente libre, ne devra être pris sans avis médical.



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