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Antiépileptiques : connaître les mécanismes d'action, indications, effets secondaires interactions médicamenteuses, modalités de surveillance et principales causes d'échec OIC-330-12-A

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Antiépileptiques : connaître les mécanismes d'action, indications, effets secondaires interactions médicamenteuses, modalités de surveillance et principales causes d'échec OIC-330-12-A

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Antiépileptiques : connaître les mécanismes d'action, indications, effets secondaires interactions médicamenteuses, modalités de surveillance et principales causes d'échec OIC-330-12-A


Classes médicamenteuses

Classiquement, on classe les différents antiépileptiques selon deux voire trois générations, en différenciant notamment les antiépileptiques mis sur le marché jusqu’aux années 1970 et ceux disponibles à compter des années 1990 :

  • Antiépileptiques de première génération : phénobarbital, phénytoïne, primidone, éthosuximide, carbamazépine, acide valproïque et plus accessoirement les benzodiazépines.
  • Antiépileptiques de deuxième et troisième génération : vigabatrine, oxcarbazépine, lamotrigine, felbamate, gabapentine, tiagabine, topiramate, lévétiracétam, prégabaline, stiripentol, zonisamide, rufinamide, lacosamide, eslicarbazépine, pérampanel, brivaracétam.

Ces nombreux antiépileptiques de deuxième et troisième génération ont été développés pour un usage initial en association afin de répondre aux enjeux des épilepsies pharmaco-résistantes. Pour certains de ces médicaments, une utilisation en monothérapie a pu être accordée dans un deuxième temps.

Mécanismes d’action

Les antiépileptiques agissent essentiellement en limitant l’hyperexcitabilité qui favorise le déclenchement des crises. Ces effets résultent notamment d’une action sur les canaux ioniques impliqués dans l’hyperexcitabilité ou sont consécutifs au rétablissement de la balance GABA / Glutamate.

On dénombre plusieurs mécanismes d’action dont certains sont communs à de nombreux antiépileptiques :

  • Blocage des canaux impliqués dans la neurotransmission :
    • Le blocage des canaux sodiques voltage-dépendants constitue le principal mécanisme commun à de nombreux médicaments antiépileptiques (acide valproïque, phénytoïne, carbamazépine, oxcarbazépine, lamotrigine, felbamate, topiramate, zonisamide, rufinamide, lacosamide, eslicarbazépine).
    • Le blocage des canaux calciques de type P/Q (gabapentine, prégabaline), des canaux calciques T (acide valproïque, éthosuximide, zonisamide), ou des canaux potassiques (lévétiracétam) est sans doute un peu plus accessoire.
  • Réduction du tonus glutamatergique par l’inhibition de la protéine vésiculo-synaptique 2A (lévétiracétam, brivaracétam) ou par antagonisme des récepteurs au glutamate (felbamate, topiramate, pérampanel, phénobarbital).
  •  Renforcement du tonus GABAergique de manière directe (acide valproïque, gabapentine) ou via des agonistes du récepteur GABA-A (phénobarbital, benzodiazépines, topiramate, felbamate), des inhibiteurs de la GABA transaminase (vigabatrine, stiripentol) ou des inhibiteurs de la recapture du GABA (tiagabine, stiripentol).

On constate que la plupart des médicaments sont susceptibles d’exercer un effet antiépileptique par le biais de la modulation de plusieurs cibles.

Indications

Le choix du traitement s’effectue en tenant compte du profil d’activité de la molécule, du type syndromique de l’épilepsie et des contre-indications éventuelles au regard du patient. A titre d’exemple, l’acide valproïque est particulièrement efficace dans les épilepsies généralisées alors que la carbamazépine a une activité maximale dans les épilepsies partielles. La prescription de certains de ces antiépileptiques relève d’une prise en charge spécialisée notamment lors de l’association de plusieurs médicaments ou de la prescription de médicaments à risque et ce en particulier dans le cadre des épilepsies partielles pharmaco-résistantes ou de syndromes épileptiques spécifiques.

Antiépileptiques à spectre large

Épilepsies généralisées et partielles

Antiépileptiques à spectre étroit

Épilepsies partielles avec ou sans généralisation

Acide valproïque

Benzodiazépines

Pérampanel

Phénobarbital

Lamotrigine

Lévétiracétam

Topiramate

Zonisamide

Rufinamide

Felbamate

Carbamazépine

Phénytoïne

Gabapentine

Prégabaline

Lacosamide

Oxcarbazépine

Eslicarbazépine

Tiagabine

Vigabatrine

Les benzodiazépines, notamment le clonazépam, constituent plutôt des médicaments à usage ponctuel, en particulier à l’occasion d’un état de mal épileptique. Dans ce cadre particulier, les traitements de deuxième intention consistent en l’administration par voie injectable de fosphénytoïne, d’acide valproïque, de phénobarbital ou de lévétiracétam.

Certains médicaments antiépileptiques ont par ailleurs des indications dans d’autres domaines. Ces indications concernent en particulier les douleurs neuropathiques (prégabaline, gabapentine, carbamazépine), le traitement de fond de la migraine (topiramate) ou encore la régulation des troubles de l’humeur au cours de la maladie bipolaire (acide valproïque, carbamazépine, lamotrigine).

Effets indésirables et contre-indications

Tous les antiépileptiques possèdent des effets dose-dépendants sur le système nerveux central (sédation, vertiges, troubles visuels, tremblements). Ils induisent aussi des troubles cognitifs et des effets psychiatriques (dépression, anxiété, réaction psychotique) plus particulièrement avec le lévétiracétam, le topiramate, le zonisamide, la vigabatrine ou le pérampanel. Il faut aussi souligner la survenue de réactions idiosyncrasiques (cutanées, hépatites, atteinte médullaire) parfois sévères.

La prise de poids est rapportée avec plusieurs de ces médicaments (acide valproïque, carbamazépine, gabapentine, prégabaline, pérampanel) alors que d’autres antiépileptiques (topiramate, zonisamide, felbamate, striripentol, rufinamide) entrainent une perte de poids.

Le phénobarbital, la carbamazépine, la phénytoïne et l’acide valproïque sont des médicaments tératogènes imposant des précautions d’emploi chez la femme en âge de procréer.

Autres effets indésirables à considérer

Médicament EI « fréquents » EI graves
Acide valproïque Nausées, vomissements, alopécie Thrombocytopénie, aplasie, hépatite, pancréatite
Carbamazépine Leuconeutropénie, rash Hyponatrémie, BAV, Stevens-Johnson, hépatite, agranulocytose
Eslicarbazépine Leuconeutropénie Hyponatrémie, rash, Stevens-Johnson, hépatite, agranulocytose, BAV
Ethosuximide Nausées Rash bulleux, agranulocytose
Felbamate Leuconeutropénie, rash Aplasie médullaire, hépatite, Lyell
Lacosamide Nausées, vomissements BAV, fibrillation atriale, flutter
Lamotrigine Leuconeutropénie Rash, Stevens-Johnson, hépatite
Lévétiracétam Nausées Troubles hématologiques
Oxcarbazépine Nausées, leuconeutropénie Hyponatrémie, rash, Stevens-Johnson, BAV
Phénobarbital Rash Maladie de Dupuytren, Périarthrite scapulohumérale, hépatite, anémie mégaloblastique
Phénytoïne Rash, hypertrophie gingivale Stevens-Johnson, hépatite, pseudo-lymphome, syndrome lupique
Rufinamide Nausées, vomissements Diminution du QT, hypersensibilité
Topiramate Anorexie, oligohydrose Lithiase rénale, acidose, glaucome
Vigabatrine Troubles digestifs Rétrécissement du champs visuel
Zonisamide Anorexie, oligohydrose Stevens-Johnson, lithiase rénale, aplasie médullaire, hyperthermie

Interactions médicamenteuses

Les antiépileptiques posent de nombreuses difficultés en termes d’interactions médicamenteuses dans la mesure où plusieurs d’entre eux sont à même de modifier le métabolisme des autres médicaments. Ainsi, plusieurs antiépileptiques (phénobarbital, carbamazépine, phénytoïne) sont des inducteurs enzymatiques tandis que l’acide valproïque est un médicament inhibiteur enzymatique.

Au-delà du problème de l’interaction des antiépileptiques avec d’autres médicaments, il faut souligner le risque d’interactions entre médicaments antiépileptiques induisant un risque d’inefficacité ou de toxicité par diminution ou augmentation des concentrations plasmatiques. Certaines associations sont particulièrement déconseillées telle que l’association acide valproïque/lamotrigine (toxicité cutanée). Il faut enfin signaler que la phénytoïne et le stiripentol, respectivement métabolisés par le CYP2C9 et le CYP2D6, deux enzymes soumises à un polymorphisme génétique, sont l’objet à la fois d’une variabilité d’effet et d’un risque important d’interactions médicamenteuses.

Modalités de surveillance

Le suivi des patients épileptiques sous traitement doit prendre en compte plusieurs dimensions.

Surveillance clinique

  • L’évolution globale du patient, l’efficacité et les effets indésirables des traitements antiépileptiques doivent être évalués à chaque consultation et au moins une fois par an :
    • L’état nutritionnel et les mensurations (en particulier chez l’enfant) ;
    • La présence/persistance de crises ;
    • L’observance du traitement et l’adhésion thérapeutique de l’aidant ;
    • Les comorbidités les plus fréquentes : syndrome anxieux, dépression, risque suicidaire, troubles de l’attention, troubles neuro-développementaux et troubles cognitifs ;
    • Les effets indésirables potentiellement liés au traitement ;
    • Les répercussions sociales.
  • Les traitements doivent être régulièrement réévalués, pour s’assurer que les patients ne sont pas traités de façon inappropriée (traitement prolongée, traitement inutile, inefficace, mal toléré ou avec un dosage incorrect).
  • Il est recommandé d’utiliser des outils du type calendrier de suivi de la crise pour faciliter la prise en charge.

Surveillance biologique

  • Les dosages sanguins des médicaments ne sont pas recommandés de façon systématique et doivent être réalisés uniquement sur point d’appel clinique.
  • Des anomalies mineures biologiques asymptomatiques (discrète élévation des transaminases…) ne sont pas une indication formelle à un changement de traitement antiépileptique, mais nécessitent un suivi biologique.
  • La surveillance des effets indésirables biologiques doit être adaptée en fonction de chaque médicament antiépileptique utilisé et du terrain.

Surveillance électrophysiologique

  • L’EEG peut être utile pour le suivi et la surveillance sous traitement des patients ayant une épilepsie.
  • Sa fréquence de réalisation dépend principalement du syndrome épileptique présenté par le patient.

Principales causes d’échec

L’échec du traitement relève de plusieurs facteurs :

  • Prescription médicamenteuse inappropriée en raison d’une erreur de diagnostic syndromique.
  • Défaut d’observance qui peut être réduit par l’éducation thérapeutique du patient et de son entourage dans le contexte d’une pathologie chronique complexe.
  • Survenue d’effets indésirables dont l’impact peut être en partie limité par la titration progressive (réduction des effets indésirables dose-dépendants) et surtout par l’information préalable du patient et un suivi rapproché.
  • Pharmaco-résistance qui concerne potentiellement 20% des patients et requière une prise en charge en centre expert.



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Classes médicamenteuses

Classiquement, on classe les différents antiépileptiques selon deux voire trois générations, en différenciant notamment les antiépileptiques mis sur le marché jusqu’aux années 1970 et ceux disponibles à compter des années 1990 :

  • Antiépileptiques de première génération : phénobarbital, phénytoïne, primidone, éthosuximide, carbamazépine, acide valproïque et plus accessoirement les benzodiazépines.
  • Antiépileptiques de deuxième et troisième génération : vigabatrine, oxcarbazépine, lamotrigine, felbamate, gabapentine, tiagabine, topiramate, lévétiracétam, prégabaline, stiripentol, zonisamide, rufinamide, lacosamide, eslicarbazépine, pérampanel, brivaracétam.

Ces nombreux antiépileptiques de deuxième et troisième génération ont été développés pour un usage initial en association afin de répondre aux enjeux des épilepsies pharmaco-résistantes. Pour certains de ces médicaments, une utilisation en monothérapie a pu être accordée dans un deuxième temps.

Mécanismes d’action

Les antiépileptiques agissent essentiellement en limitant l’hyperexcitabilité qui favorise le déclenchement des crises. Ces effets résultent notamment d’une action sur les canaux ioniques impliqués dans l’hyperexcitabilité ou sont consécutifs au rétablissement de la balance GABA / Glutamate.

On dénombre plusieurs mécanismes d’action dont certains sont communs à de nombreux antiépileptiques :

  • Blocage des canaux impliqués dans la neurotransmission :
    • Le blocage des canaux sodiques voltage-dépendants constitue le principal mécanisme commun à de nombreux médicaments antiépileptiques (acide valproïque, phénytoïne, carbamazépine, oxcarbazépine, lamotrigine, felbamate, topiramate, zonisamide, rufinamide, lacosamide, eslicarbazépine).
    • Le blocage des canaux calciques de type P/Q (gabapentine, prégabaline), des canaux calciques T (acide valproïque, éthosuximide, zonisamide), ou des canaux potassiques (lévétiracétam) est sans doute un peu plus accessoire.
  • Réduction du tonus glutamatergique par l’inhibition de la protéine vésiculo-synaptique 2A (lévétiracétam, brivaracétam) ou par antagonisme des récepteurs au glutamate (felbamate, topiramate, pérampanel, phénobarbital).
  •  Renforcement du tonus GABAergique de manière directe (acide valproïque, gabapentine) ou via des agonistes du récepteur GABA-A (phénobarbital, benzodiazépines, topiramate, felbamate), des inhibiteurs de la GABA transaminase (vigabatrine, stiripentol) ou des inhibiteurs de la recapture du GABA (tiagabine, stiripentol).

On constate que la plupart des médicaments sont susceptibles d’exercer un effet antiépileptique par le biais de la modulation de plusieurs cibles.

Indications

Le choix du traitement s’effectue en tenant compte du profil d’activité de la molécule, du type syndromique de l’épilepsie et des contre-indications éventuelles au regard du patient. A titre d’exemple, l’acide valproïque est particulièrement efficace dans les épilepsies généralisées alors que la carbamazépine a une activité maximale dans les épilepsies partielles. La prescription de certains de ces antiépileptiques relève d’une prise en charge spécialisée notamment lors de l’association de plusieurs médicaments ou de la prescription de médicaments à risque et ce en particulier dans le cadre des épilepsies partielles pharmaco-résistantes ou de syndromes épileptiques spécifiques.

Antiépileptiques à spectre large

Épilepsies généralisées et partielles

Antiépileptiques à spectre étroit

Épilepsies partielles avec ou sans généralisation

Acide valproïque

Benzodiazépines

Pérampanel

Phénobarbital

Lamotrigine

Lévétiracétam

Topiramate

Zonisamide

Rufinamide

Felbamate

Carbamazépine

Phénytoïne

Gabapentine

Prégabaline

Lacosamide

Oxcarbazépine

Eslicarbazépine

Tiagabine

Vigabatrine

Les benzodiazépines, notamment le clonazépam, constituent plutôt des médicaments à usage ponctuel, en particulier à l’occasion d’un état de mal épileptique. Dans ce cadre particulier, les traitements de deuxième intention consistent en l’administration par voie injectable de fosphénytoïne, d’acide valproïque, de phénobarbital ou de lévétiracétam.

Certains médicaments antiépileptiques ont par ailleurs des indications dans d’autres domaines. Ces indications concernent en particulier les douleurs neuropathiques (prégabaline, gabapentine, carbamazépine), le traitement de fond de la migraine (topiramate) ou encore la régulation des troubles de l’humeur au cours de la maladie bipolaire (acide valproïque, carbamazépine, lamotrigine).

Effets indésirables et contre-indications

Tous les antiépileptiques possèdent des effets dose-dépendants sur le système nerveux central (sédation, vertiges, troubles visuels, tremblements). Ils induisent aussi des troubles cognitifs et des effets psychiatriques (dépression, anxiété, réaction psychotique) plus particulièrement avec le lévétiracétam, le topiramate, le zonisamide, la vigabatrine ou le pérampanel. Il faut aussi souligner la survenue de réactions idiosyncrasiques (cutanées, hépatites, atteinte médullaire) parfois sévères.

La prise de poids est rapportée avec plusieurs de ces médicaments (acide valproïque, carbamazépine, gabapentine, prégabaline, pérampanel) alors que d’autres antiépileptiques (topiramate, zonisamide, felbamate, striripentol, rufinamide) entrainent une perte de poids.

Le phénobarbital, la carbamazépine, la phénytoïne et l’acide valproïque sont des médicaments tératogènes imposant des précautions d’emploi chez la femme en âge de procréer.

Autres effets indésirables à considérer

Médicament EI « fréquents » EI graves
Acide valproïque Nausées, vomissements, alopécie Thrombocytopénie, aplasie, hépatite, pancréatite
Carbamazépine Leuconeutropénie, rash Hyponatrémie, BAV, Stevens-Johnson, hépatite, agranulocytose
Eslicarbazépine Leuconeutropénie Hyponatrémie, rash, Stevens-Johnson, hépatite, agranulocytose, BAV
Ethosuximide Nausées Rash bulleux, agranulocytose
Felbamate Leuconeutropénie, rash Aplasie médullaire, hépatite, Lyell
Lacosamide Nausées, vomissements BAV, fibrillation atriale, flutter
Lamotrigine Leuconeutropénie Rash, Stevens-Johnson, hépatite
Lévétiracétam Nausées Troubles hématologiques
Oxcarbazépine Nausées, leuconeutropénie Hyponatrémie, rash, Stevens-Johnson, BAV
Phénobarbital Rash Maladie de Dupuytren, Périarthrite scapulohumérale, hépatite, anémie mégaloblastique
Phénytoïne Rash, hypertrophie gingivale Stevens-Johnson, hépatite, pseudo-lymphome, syndrome lupique
Rufinamide Nausées, vomissements Diminution du QT, hypersensibilité
Topiramate Anorexie, oligohydrose Lithiase rénale, acidose, glaucome
Vigabatrine Troubles digestifs Rétrécissement du champs visuel
Zonisamide Anorexie, oligohydrose Stevens-Johnson, lithiase rénale, aplasie médullaire, hyperthermie

Interactions médicamenteuses

Les antiépileptiques posent de nombreuses difficultés en termes d’interactions médicamenteuses dans la mesure où plusieurs d’entre eux sont à même de modifier le métabolisme des autres médicaments. Ainsi, plusieurs antiépileptiques (phénobarbital, carbamazépine, phénytoïne) sont des inducteurs enzymatiques tandis que l’acide valproïque est un médicament inhibiteur enzymatique.

Au-delà du problème de l’interaction des antiépileptiques avec d’autres médicaments, il faut souligner le risque d’interactions entre médicaments antiépileptiques induisant un risque d’inefficacité ou de toxicité par diminution ou augmentation des concentrations plasmatiques. Certaines associations sont particulièrement déconseillées telle que l’association acide valproïque/lamotrigine (toxicité cutanée). Il faut enfin signaler que la phénytoïne et le stiripentol, respectivement métabolisés par le CYP2C9 et le CYP2D6, deux enzymes soumises à un polymorphisme génétique, sont l’objet à la fois d’une variabilité d’effet et d’un risque important d’interactions médicamenteuses.

Modalités de surveillance

Le suivi des patients épileptiques sous traitement doit prendre en compte plusieurs dimensions.

Surveillance clinique

  • L’évolution globale du patient, l’efficacité et les effets indésirables des traitements antiépileptiques doivent être évalués à chaque consultation et au moins une fois par an :
    • L’état nutritionnel et les mensurations (en particulier chez l’enfant) ;
    • La présence/persistance de crises ;
    • L’observance du traitement et l’adhésion thérapeutique de l’aidant ;
    • Les comorbidités les plus fréquentes : syndrome anxieux, dépression, risque suicidaire, troubles de l’attention, troubles neuro-développementaux et troubles cognitifs ;
    • Les effets indésirables potentiellement liés au traitement ;
    • Les répercussions sociales.
  • Les traitements doivent être régulièrement réévalués, pour s’assurer que les patients ne sont pas traités de façon inappropriée (traitement prolongée, traitement inutile, inefficace, mal toléré ou avec un dosage incorrect).
  • Il est recommandé d’utiliser des outils du type calendrier de suivi de la crise pour faciliter la prise en charge.

Surveillance biologique

  • Les dosages sanguins des médicaments ne sont pas recommandés de façon systématique et doivent être réalisés uniquement sur point d’appel clinique.
  • Des anomalies mineures biologiques asymptomatiques (discrète élévation des transaminases…) ne sont pas une indication formelle à un changement de traitement antiépileptique, mais nécessitent un suivi biologique.
  • La surveillance des effets indésirables biologiques doit être adaptée en fonction de chaque médicament antiépileptique utilisé et du terrain.

Surveillance électrophysiologique

  • L’EEG peut être utile pour le suivi et la surveillance sous traitement des patients ayant une épilepsie.
  • Sa fréquence de réalisation dépend principalement du syndrome épileptique présenté par le patient.

Principales causes d’échec

L’échec du traitement relève de plusieurs facteurs :

  • Prescription médicamenteuse inappropriée en raison d’une erreur de diagnostic syndromique.
  • Défaut d’observance qui peut être réduit par l’éducation thérapeutique du patient et de son entourage dans le contexte d’une pathologie chronique complexe.
  • Survenue d’effets indésirables dont l’impact peut être en partie limité par la titration progressive (réduction des effets indésirables dose-dépendants) et surtout par l’information préalable du patient et un suivi rapproché.
  • Pharmaco-résistance qui concerne potentiellement 20% des patients et requière une prise en charge en centre expert.


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