Chez l'adulte
Une douleur abdominale est aiguë lorsqu’elle a débuté il y a moins d’une semaine. Elle peut traduire une pathologie bénigne, comme être le symptôme d’une urgence médicale ou chirurgicale engageant le pronostic vital.
A) Les 6 caractères de la douleur et les signes associés
L’interrogatoire et l'examen physique précisent les caractéristiques de la douleur, pour en cibler les causes possibles.
o Siège
La localisation de la douleur est un élément discriminant qui oriente vers des causes potentielles (Figure 2). En pratique : une douleur viscérale est plutôt localisée à une région, et rarement à un point précis.
o Irradiation
L’irradiation à une bonne valeur sémiologique, et oriente vers une cause, certaines associations étant caractéristiques (Fig. 3)
o Type
Le type de douleur, même s’il est informatif, reste très subjectif et donc peu discriminant (l'innervation sensitive du tube digestive est peu précise). Cela dit, une douleur digestive d’un organe creux sera plus volontiers paroxystique à type de crampes, par exemple. Dans les autres caractéristiques possibles, on peut avoir des douleurs sourdes, profondes (syndrome ulcéreux), transfixiante (pancréatite), en étau, à type de brûlure (reflux), etc….
o Intensité
L’évaluation de l’intensité de la douleur est importante pour définir la stratégie antalgique. En effet, il est démontré qu’il n’y a pas de corrélation entre l’intensité d’une douleur abdominale et sa gravité.
L’outil utilisé pour la quantifier est l’Échelle Visuelle Analogique entre 0 et 10. L’observation du faciès du patient durant l’interrogatoire est également un signe indirect utile pour l’apprécier.
o Facteurs modifiant l’intensité
Les facteurs de variation d’une douleur sont en revanche plus informatifs, en association avec les autres caractéristiques citées. Ainsi, une douleur d'ulcère gastrique sera calmée par l’alimentation. L'alimentation sera à l'opposé un facteur aggravant en cas d’origine biliaire ou pancréatique.
Certains mouvements ou positions sont caractéristiques également, telles que la position en chien de fusil (antéflexion) qui calme la douleur de pancréatite aiguë, ou l’inspiration profonde qui accentue une douleur d’origine biliaire. Enfin, certaines causes entraînent des douleurs sans position antalgique, comme la colique néphrétique.
B) Terrain et contexte :
Outre les caractéristiques de la douleur, le terrain et le contexte orientent le diagnostic :
▪ Age et sexe
▪ Morphotype (minceur, surpoids, obésité).
▪ Antécédents médicaux et chirurgicaux
▪ Facteurs de risque cardiovasculaires
▪ Prises médicamenteuses récentes : AINS (pathologie gastrique), anticoagulants (hématome), corticoïdes, contraception, antibiotiques...
▪ Consommation de toxiques (tabac, alcool, drogues)
C) Signes fonctionnels associés :
Plusieurs signes associés, digestifs ou extra-digestifs sont à rechercher, pouvant aider à l’orientation étiologique de la douleur.
▪ Généraux : syndrome septique (fièvre, frissons, hypotension), altération de l'état général (amaigrissement à quantifier, asthénie, anorexie).
▪ Digestifs : vomissements, nausées, troubles du transit, arrêt des matières et des gaz, extériorisation de sang
▪ Biliaires : ictère
▪ Urinaires : brûlures mictionnelles, hématurie macroscopique
▪ Respiratoires : dyspnée, expectorations, toux
▪ Gynécologiques : retard de règles, leucorrhées...
D) Examen inspection, percussion, palpation, auscultation
L’inspection recherche : frissons, sueurs, pâleur, signes de déshydratation extracellulaire (conjonctives, langue), position antalgique, cicatrices abdominales, hernie, météorisme, ictère cutanéo-muqueux.
La palpation précise la localisation de la douleur et d’éventuels signes d’irritation péritonéale : défense/contracture, douleur/ bombement du cul de sac de Douglas aux touchers pelviens. La palpation des orifices herniaires et des éventrations est indispensable.
La percussion recherche un tympanisme (occlusion) ou une matité déclive (ascite) ou fixe (globe).
L’auscultation avec un silence auscultatoire (iléus paralytique) ou une augmentation des bruits hydro-aériques évoque une occlusion sur obstacle.
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Chez l'adulte
Une douleur abdominale est aiguë lorsqu’elle a débuté il y a moins d’une semaine. Elle peut traduire une pathologie bénigne, comme être le symptôme d’une urgence médicale ou chirurgicale engageant le pronostic vital.
A) Les 6 caractères de la douleur et les signes associés
L’interrogatoire et l'examen physique précisent les caractéristiques de la douleur, pour en cibler les causes possibles.
o Siège
La localisation de la douleur est un élément discriminant qui oriente vers des causes potentielles (Figure 2). En pratique : une douleur viscérale est plutôt localisée à une région, et rarement à un point précis.
o Irradiation
L’irradiation à une bonne valeur sémiologique, et oriente vers une cause, certaines associations étant caractéristiques (Fig. 3)
o Type
Le type de douleur, même s’il est informatif, reste très subjectif et donc peu discriminant (l'innervation sensitive du tube digestive est peu précise). Cela dit, une douleur digestive d’un organe creux sera plus volontiers paroxystique à type de crampes, par exemple. Dans les autres caractéristiques possibles, on peut avoir des douleurs sourdes, profondes (syndrome ulcéreux), transfixiante (pancréatite), en étau, à type de brûlure (reflux), etc….
o Intensité
L’évaluation de l’intensité de la douleur est importante pour définir la stratégie antalgique. En effet, il est démontré qu’il n’y a pas de corrélation entre l’intensité d’une douleur abdominale et sa gravité.
L’outil utilisé pour la quantifier est l’Échelle Visuelle Analogique entre 0 et 10. L’observation du faciès du patient durant l’interrogatoire est également un signe indirect utile pour l’apprécier.
o Facteurs modifiant l’intensité
Les facteurs de variation d’une douleur sont en revanche plus informatifs, en association avec les autres caractéristiques citées. Ainsi, une douleur d'ulcère gastrique sera calmée par l’alimentation. L'alimentation sera à l'opposé un facteur aggravant en cas d’origine biliaire ou pancréatique.
Certains mouvements ou positions sont caractéristiques également, telles que la position en chien de fusil (antéflexion) qui calme la douleur de pancréatite aiguë, ou l’inspiration profonde qui accentue une douleur d’origine biliaire. Enfin, certaines causes entraînent des douleurs sans position antalgique, comme la colique néphrétique.
B) Terrain et contexte :
Outre les caractéristiques de la douleur, le terrain et le contexte orientent le diagnostic :
▪ Age et sexe
▪ Morphotype (minceur, surpoids, obésité).
▪ Antécédents médicaux et chirurgicaux
▪ Facteurs de risque cardiovasculaires
▪ Prises médicamenteuses récentes : AINS (pathologie gastrique), anticoagulants (hématome), corticoïdes, contraception, antibiotiques...
▪ Consommation de toxiques (tabac, alcool, drogues)
C) Signes fonctionnels associés :
Plusieurs signes associés, digestifs ou extra-digestifs sont à rechercher, pouvant aider à l’orientation étiologique de la douleur.
▪ Généraux : syndrome septique (fièvre, frissons, hypotension), altération de l'état général (amaigrissement à quantifier, asthénie, anorexie).
▪ Digestifs : vomissements, nausées, troubles du transit, arrêt des matières et des gaz, extériorisation de sang
▪ Biliaires : ictère
▪ Urinaires : brûlures mictionnelles, hématurie macroscopique
▪ Respiratoires : dyspnée, expectorations, toux
▪ Gynécologiques : retard de règles, leucorrhées...
D) Examen inspection, percussion, palpation, auscultation
L’inspection recherche : frissons, sueurs, pâleur, signes de déshydratation extracellulaire (conjonctives, langue), position antalgique, cicatrices abdominales, hernie, météorisme, ictère cutanéo-muqueux.
La palpation précise la localisation de la douleur et d’éventuels signes d’irritation péritonéale : défense/contracture, douleur/ bombement du cul de sac de Douglas aux touchers pelviens. La palpation des orifices herniaires et des éventrations est indispensable.
La percussion recherche un tympanisme (occlusion) ou une matité déclive (ascite) ou fixe (globe).
L’auscultation avec un silence auscultatoire (iléus paralytique) ou une augmentation des bruits hydro-aériques évoque une occlusion sur obstacle.