Connaître les manifestations cliniques des œdèmes liés à une rétention hydrosodée OIC-257-05-A
I. Diagnostic positif : Œdèmes localisés
A. Signes cliniques
Ils se distinguent des œdèmes généralisés par :
- caractère parfois unilatéral ou asymétrique ;
- une moins bonne redistribution en fonction de la déclivité ;
- aspect parfois inflammatoire, dur, douloureux prenant moins bien le godet, voire cartonné ;
- l’existence éventuelle d’une dermite ocre, ou de signes de maladie post-phlébitique ou variqueuse associée.
B. Diagnostic des œdèmes localisés
L’interrogatoire et l’examen clinique recherchent des signes orientant vers :
- Une augmentation de la pression veineuse :
- thrombophlébite et ses séquelles ;
- Insuffisance veineuse (maladie variqueuse).
- La prise de certains médicaments : essentiellement inhibiteurs calciques de type dihydropyridine.
- Un obstacle lymphatique :
- cancer (pelvien ou du sein) avec envahissement ganglionnaire ;
- filariose.
- Une pathologie inflammatoire locale :
- infection cutanée type érysipèle ;
- algodystrophie ;
- piqûre d’insecte, traumatisme, allergie…
II. Diagnostic des œdèmes généralisés
A. Signes cliniques
Ils sont francs lorsque la rétention hydro-sodée est d’au moins 3 à 5 % du poids du corps (soit 2,5 à 3 litres).
Ils siègent dans les tissus sous-cutanés. Ils sont
- bilatéraux et symétriques ;
- déclives :
- • en orthostatisme au niveau des membres inférieurs, initialement des chevilles dont ils effacent le sillon rétro-malléolaire,
- • après une période d’alitement prolongée, ils sont localisés préférentiellement au niveau des lombes. Chez les patients jeunes, il est fréquent d’observer, en particulier au lever, un œdème palpébral et péri-orbital,
- blancs, mous, indolores ;
- prenant le godet : la pression du doigt contre la face interne du tibia laisse une dépression ;
L’inflation sodée et hydrique peut également entraîner une anasarque avec épanchements associés des séreuses :
- épanchements pleuraux ;
- ascite surtout chez l’enfant ;
- exceptionnellement un épanchement péricardique
L’importance du syndrome œdémateux est évaluée par la quantification de la prise de poids.
En faveur d’une pathologie cardiaque :
- turgescence jugulaire et reflux hépato-jugulaire : insuffisance cardiaque droite ou globale ;
- signes fonctionnels évocateurs d’insuffisance cardiaque gauche associée (dyspnée d’effort ou de repos), de pathologie potentiellement responsable d’insuffisance cardiaque (ischémie myocardique, pathologie valvulaire notamment mitrale ou aortique), de facteurs de risque d’athérosclérose ;
- épanchements pleuraux, principalement à droite ;
- association d’un œdème pulmonaire.
- échographie cardiaque (diminution de la fraction d’éjection…) ;
- électrocardiogramme ;
- radiographie thoracique (éventuelle surcharge alvéolaire).
En faveur d’une pathologie hépatique :
- ascite ;
- intoxication éthylique ;
- hépatite virale chronique ou aiguë connue.
- échographie hépatique et des voies biliaires
En faveur d’une insuffisance rénale :
- élévation de la créatininémie
- affection glomérulaire connue, hypertension artérielle ;
- protéinurie, hématurie (bandelette urinaire).
- échographie des reins et des voies urinaires
- En faveur d’une hypoalbuminémie (facteur favorisant) :
Défaut de synthèse protéique :
• anorexie ou carence d’apport, , signes de Kwashiorkor
• maladie digestive (malabsorption sévère) ;
• maladie hépatique ( insuffisance hépatocellulaire).
Perte de protéines :
• syndrome néphrotique connu (bandelette urinaire) ;
• entéropathie exsudative, cachexie (cancer) ;
• brûlures étendues.
En faveur d’œdèmes cycliques idiopathiques :
- avoir éliminé les pathologies cardiaques, hépatiques et rénales ;
- femme en période d’activité , une prise de poids rapide en quelques jours ou durant la journée de 1,5 à 2 kg ; ils sont de localisation déclive, et souvent liés au cycle menstruel, oligurie.