La transfusion de concentrés de plaquettes (CP) a pour objectif de prévenir une hémorragie en présence d’une thrombopénie, on parle de transfusion prophylactique, ou de corriger une hémorragie en présence d’une thrombopénie, on parle de transfusion curative. La transfusion curative est une situation d’urgence transfusionnelle. On distingue l’origine des thrombopénies :
Correction d’une thrombopénie centrale :
Avec syndrome hémorragique : CP en urgence
En prophylactique : le seuil transfusionnel déterminé par la numération plaquettaire (NP) est modulé en fonction de facteurs hémorragiques associés, mais aussi de la cinétique de décroissance de la NP :
10G/L : aucun facteur de risque
20G/l : fièvre, cinétique de décroissance, traitement anti-plaquettaire, lésions à potentiel hémorragique
50G/L: CIVD, geste invasif, traitement anticoagulant
100G/L : neurochirurgie, chirurgie du segment postérieur de l’œil
Correction d’une thrombopénie périphérique :
Uniquement si syndrome hémorragique mettant en jeu le pronostic vital
CIVD au cours des leucémies aigues (pro-myélocytaires) avec NP < 50G/L
Au cours du purpura thrombopénique auto immun, uniquement si urgence vitale car les plaquettes transfusées sont détruites au même titre que les plaquettes autologues
A noter que lors d’un saignement,
La dose de plaquettes dépend du poids du patient : 0.5 à 0.7 X
10.11/10Kg de poids. Elle est renseignée sur la prescription en nombre
absolu de plaquettes ou en unités (1 unité = 0.5 1011 plaquettes).
Le bilan pré transfusionnel : seul est nécessaire le groupe ABO, car les plaquettes portent les antigènes ABO. Les plaquettes ne seront délivrées que sur présentation d’un groupe sanguin.
La compatibilité : il est préférable, mais non obligatoire, de respecter la compatibilité ABO, comme pour les CGR. Les antigènes ABO ont une densité beaucoup plus faible sur les plaquettes que sur les GR, ceci étant, le rendement transfusionnel sera optimisé en respectant la compatibilité ABO.
De plus, dans certain cas, les CP peuvent contenir des anticorps anti-A et anti-B du donneur, de type hémolytique, qui peuvent induire un conflit immunologique avec les GR du receveur. Dans ce cas, ces produits doivent être transfusés en isogroupe. Cette information est indiquée sur le CP, et permet au site de délivrance de respecter dans ce cas la consigne isogroupe.
Le choix des produits : Les mélanges de CP (MCP) et les CP d’aphérèse (CPA) ont la même fonctionnalité hémostatique (Intitulé 2C-329-DE-A02). Le CPA sera réservé aux patients dont le rendement transfusionnel est diminué par la production d’anti-HLA ou d’anti-HPA (Intitulé 2C-329-PC-B04). Le CPA, issu d’un seul donneur, et ne présentant donc que 1 seul phénotype HLA et/ou HPA, permettra d’assurer une compatibilité vis-à-vis de ces anticorps.
Le rendement plaquettaire :
En curatif, il est évalué par l’arrêt du saignement
En prophylactique, il est évalué par l’augmentation de la numération plaquettaire, > à 10G/L à 24H, ou par le « Correct Count Increment » qui doit être > à 7. Formule du CCI :
NP après la transfusion (G/L)-NP avant la transfusion (G/L) X surface corporelle (m2) X 100 Nombre de plaquettes transfusées (x 1011)
L’état réfractaire : un état réfractaire est défini par une
absence de rendement transfusionnel plaquettaire objectivé 2 fois sur le
CCI ou la NP, avec des CP dont la dose est adaptée au poids du patient,
compatibles en ABO, et de fraicheur < 48H.
Après avoir éliminé des causes de consommation excessive (hypersplénisme, CIVD, fièvre, interférence médicamenteuse : amphotéricine B), une origine immunologique doit être recherchée : anti-HLA ou anti-HPA chez le receveur, et des CPA compatibles avec ces anticorps doivent alors être transfusés.
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La transfusion de concentrés de plaquettes (CP) a pour objectif de prévenir une hémorragie en présence d’une thrombopénie, on parle de transfusion prophylactique, ou de corriger une hémorragie en présence d’une thrombopénie, on parle de transfusion curative. La transfusion curative est une situation d’urgence transfusionnelle. On distingue l’origine des thrombopénies :
Correction d’une thrombopénie centrale :
Avec syndrome hémorragique : CP en urgence
En prophylactique : le seuil transfusionnel déterminé par la numération plaquettaire (NP) est modulé en fonction de facteurs hémorragiques associés, mais aussi de la cinétique de décroissance de la NP :
10G/L : aucun facteur de risque
20G/l : fièvre, cinétique de décroissance, traitement anti-plaquettaire, lésions à potentiel hémorragique
50G/L: CIVD, geste invasif, traitement anticoagulant
100G/L : neurochirurgie, chirurgie du segment postérieur de l’œil
Correction d’une thrombopénie périphérique :
Uniquement si syndrome hémorragique mettant en jeu le pronostic vital
CIVD au cours des leucémies aigues (pro-myélocytaires) avec NP < 50G/L
Au cours du purpura thrombopénique auto immun, uniquement si urgence vitale car les plaquettes transfusées sont détruites au même titre que les plaquettes autologues
A noter que lors d’un saignement,
La dose de plaquettes dépend du poids du patient : 0.5 à 0.7 X
10.11/10Kg de poids. Elle est renseignée sur la prescription en nombre
absolu de plaquettes ou en unités (1 unité = 0.5 1011 plaquettes).
Le bilan pré transfusionnel : seul est nécessaire le groupe ABO, car les plaquettes portent les antigènes ABO. Les plaquettes ne seront délivrées que sur présentation d’un groupe sanguin.
La compatibilité : il est préférable, mais non obligatoire, de respecter la compatibilité ABO, comme pour les CGR. Les antigènes ABO ont une densité beaucoup plus faible sur les plaquettes que sur les GR, ceci étant, le rendement transfusionnel sera optimisé en respectant la compatibilité ABO.
De plus, dans certain cas, les CP peuvent contenir des anticorps anti-A et anti-B du donneur, de type hémolytique, qui peuvent induire un conflit immunologique avec les GR du receveur. Dans ce cas, ces produits doivent être transfusés en isogroupe. Cette information est indiquée sur le CP, et permet au site de délivrance de respecter dans ce cas la consigne isogroupe.
Le choix des produits : Les mélanges de CP (MCP) et les CP d’aphérèse (CPA) ont la même fonctionnalité hémostatique (Intitulé 2C-329-DE-A02). Le CPA sera réservé aux patients dont le rendement transfusionnel est diminué par la production d’anti-HLA ou d’anti-HPA (Intitulé 2C-329-PC-B04). Le CPA, issu d’un seul donneur, et ne présentant donc que 1 seul phénotype HLA et/ou HPA, permettra d’assurer une compatibilité vis-à-vis de ces anticorps.
Le rendement plaquettaire :
En curatif, il est évalué par l’arrêt du saignement
En prophylactique, il est évalué par l’augmentation de la numération plaquettaire, > à 10G/L à 24H, ou par le « Correct Count Increment » qui doit être > à 7. Formule du CCI :
NP après la transfusion (G/L)-NP avant la transfusion (G/L) X surface corporelle (m2) X 100 Nombre de plaquettes transfusées (x 1011)
L’état réfractaire : un état réfractaire est défini par une
absence de rendement transfusionnel plaquettaire objectivé 2 fois sur le
CCI ou la NP, avec des CP dont la dose est adaptée au poids du patient,
compatibles en ABO, et de fraicheur < 48H.
Après avoir éliminé des causes de consommation excessive (hypersplénisme, CIVD, fièvre, interférence médicamenteuse : amphotéricine B), une origine immunologique doit être recherchée : anti-HLA ou anti-HPA chez le receveur, et des CPA compatibles avec ces anticorps doivent alors être transfusés.