La protection sociale représentait 35% dans le Produit Intérieur Brut de la France en 2020 compte tenu de la survenue de l’épidémie de Covid 19.
En réponse à la crise économique et sanitaire, les prestations de protection sociale ont fortement augmenté fortement en France, de 6,8 % en 2020 après +2,6 % en 2019 pour atteindre 813 milliards d’euros, soit 35 % du PIB. Par ailleurs, le total des dépenses de la protection sociale autres que les prestations (59 milliards d’euros) a très fortement augmenté (+24,6 % versus -2,0 % en 2019). Ce poste en dehors des prestations comptabilise en particulier les dépenses additionnelles liées à la crise sanitaire, pour un montant de 11 milliards d’euros, comme par exemple l’achat de masques et de matériels liés à la crise sanitaire ou les aides financières accordées aux professionnels de santé du fait de leur baisse d’activité pendant les confinements.
Les deux principaux risques sociaux à l’origine des poids financiers les plus importants restent la vieillesse (43%) et la santé (33%) des dépenses de protection sociale (Graphique 1). La croissance des dépenses de protection sociale est en particulier liée aux mesures de soutien à l’emploi du fait de la mise en places de mesures de chômage partiel.
Les prestations servies au titre de la vieillesse-survie ont ralenti depuis la mise en place de quatre grandes réformes du système de retraite, en 1993, 2003, 2008 et 2010 avec les mesures suivantes : 1) principe d’indexation des pensions sur l’inflation et non plus sur les salaires, 2) calcul de la retraite à partir des 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures dans le secteur privé, 3) augmentation du nombre d’années nécessaires pour bénéficier du taux plein, 4) augmentation de l’âge légal d’ouverture des droits de 60 à 62 ans.
Toutefois, le montant moyen des pensions augmente de façon ineluctable dans la protection sociale pour plusieurs raisons :
1) l’élévation des salaires réels au fil des générations, 2) l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom qui sont plus nombreuses que les générations actuelles et 3) l’allongement de l’espérance de vie.
En ce qui concerne me risque santé, le rythme de l’augmentation des dépenses est ralenti depuis les années 1980 par de nombreux plans de réforme : 1) 1982-1983 (baisse du remboursement de certains médicaments, etc.), 2) 1986 et 1993, qui augmentent la part des dépenses restant à la charge des ménages, 3) 1996, avec la mise en place de l’objectif national d’évolution des dépenses d’assurance maladie (Ondam) qui vise à encadrer les dépenses des régimes de base. Il est régulièrement dépassé jusqu’en 2009, mais la loi maladie de 2004 et le renforcement continu de ses dispositifs de contrôle et de suivi permettent son respect depuis 2010.
Les prestations du risque maladie augmentent cependant en France de 4,3 % (après +2,4 % en 2019) pour atteindre 228 milliards d’euros.
Cette augmentation s’explique :
· par les hausses des prestations de soins du secteur hospitalier et, dans une moindre mesure, des soins de ville. Malgré une baisse globale du volume de soins en dehors des soins liés à la covid 19, les dépenses de l’hôpital public sont augmentées en raison de la hausse des rémunérations (primes Covid-19, mesures du Ségur de la santé) et par les surcoûts liés à la prise en charge des patients atteints de la Covid-19. Les soins en ville augmentent aussi malgré les baisses de consultations de médecins généralistes et spécialistes en raison de l’épidémie, mais on observe une hausse spectaculaire des actes de laboratoire (tests de dépistage Covid-19). Enfin, les indemnités journalières (IJ) ont augmenté de 24,4 % en 2020 pour deux raisons. D’une part, les IJ dites dérogatoires ont servi à indemniser les personnes ayant dû arrêter leur activité professionnelle pendant le premier confinement (parents sans solution de garde d’enfants, personnes vulnérables, travailleurs indépendants). D’autre part, les IJ maladie augmentent aussi, du fait des arrêts maladie liés aux vagues épidémiques. Les prestations médico-sociales (santé et invalidité) progressent également en 2020. Comme pour le secteur hospitalier, cette augmentation résulte avant tout des hausses de rémunérations des salariés travaillant dans les structures, ainsi que des financements supplémentaires versés pour faire face à la crise sanitaire. Les prestations versées au titre de l’invalidité progressent de 3,6 % (après +3,3 % en 2019), du fait de la prolongation automatique des droits pour les assurés des prestations de compensation du handicap. En revanche, les prestations du risque accidents du travail et maladies professionnelles diminuent en 2020 avec la baisse du nombre d’accidents du travail, elle-même induite par la réduction des activités professionnelles ainsi que le recours massif au télétravail pendant la pandémie.
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La protection sociale représentait 35% dans le Produit Intérieur Brut de la France en 2020 compte tenu de la survenue de l’épidémie de Covid 19.
En réponse à la crise économique et sanitaire, les prestations de protection sociale ont fortement augmenté fortement en France, de 6,8 % en 2020 après +2,6 % en 2019 pour atteindre 813 milliards d’euros, soit 35 % du PIB. Par ailleurs, le total des dépenses de la protection sociale autres que les prestations (59 milliards d’euros) a très fortement augmenté (+24,6 % versus -2,0 % en 2019). Ce poste en dehors des prestations comptabilise en particulier les dépenses additionnelles liées à la crise sanitaire, pour un montant de 11 milliards d’euros, comme par exemple l’achat de masques et de matériels liés à la crise sanitaire ou les aides financières accordées aux professionnels de santé du fait de leur baisse d’activité pendant les confinements.
Les deux principaux risques sociaux à l’origine des poids financiers les plus importants restent la vieillesse (43%) et la santé (33%) des dépenses de protection sociale (Graphique 1). La croissance des dépenses de protection sociale est en particulier liée aux mesures de soutien à l’emploi du fait de la mise en places de mesures de chômage partiel.
Les prestations servies au titre de la vieillesse-survie ont ralenti depuis la mise en place de quatre grandes réformes du système de retraite, en 1993, 2003, 2008 et 2010 avec les mesures suivantes : 1) principe d’indexation des pensions sur l’inflation et non plus sur les salaires, 2) calcul de la retraite à partir des 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures dans le secteur privé, 3) augmentation du nombre d’années nécessaires pour bénéficier du taux plein, 4) augmentation de l’âge légal d’ouverture des droits de 60 à 62 ans.
Toutefois, le montant moyen des pensions augmente de façon ineluctable dans la protection sociale pour plusieurs raisons :
1) l’élévation des salaires réels au fil des générations, 2) l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom qui sont plus nombreuses que les générations actuelles et 3) l’allongement de l’espérance de vie.
En ce qui concerne me risque santé, le rythme de l’augmentation des dépenses est ralenti depuis les années 1980 par de nombreux plans de réforme : 1) 1982-1983 (baisse du remboursement de certains médicaments, etc.), 2) 1986 et 1993, qui augmentent la part des dépenses restant à la charge des ménages, 3) 1996, avec la mise en place de l’objectif national d’évolution des dépenses d’assurance maladie (Ondam) qui vise à encadrer les dépenses des régimes de base. Il est régulièrement dépassé jusqu’en 2009, mais la loi maladie de 2004 et le renforcement continu de ses dispositifs de contrôle et de suivi permettent son respect depuis 2010.
Les prestations du risque maladie augmentent cependant en France de 4,3 % (après +2,4 % en 2019) pour atteindre 228 milliards d’euros.
Cette augmentation s’explique :
· par les hausses des prestations de soins du secteur hospitalier et, dans une moindre mesure, des soins de ville. Malgré une baisse globale du volume de soins en dehors des soins liés à la covid 19, les dépenses de l’hôpital public sont augmentées en raison de la hausse des rémunérations (primes Covid-19, mesures du Ségur de la santé) et par les surcoûts liés à la prise en charge des patients atteints de la Covid-19. Les soins en ville augmentent aussi malgré les baisses de consultations de médecins généralistes et spécialistes en raison de l’épidémie, mais on observe une hausse spectaculaire des actes de laboratoire (tests de dépistage Covid-19). Enfin, les indemnités journalières (IJ) ont augmenté de 24,4 % en 2020 pour deux raisons. D’une part, les IJ dites dérogatoires ont servi à indemniser les personnes ayant dû arrêter leur activité professionnelle pendant le premier confinement (parents sans solution de garde d’enfants, personnes vulnérables, travailleurs indépendants). D’autre part, les IJ maladie augmentent aussi, du fait des arrêts maladie liés aux vagues épidémiques. Les prestations médico-sociales (santé et invalidité) progressent également en 2020. Comme pour le secteur hospitalier, cette augmentation résulte avant tout des hausses de rémunérations des salariés travaillant dans les structures, ainsi que des financements supplémentaires versés pour faire face à la crise sanitaire. Les prestations versées au titre de l’invalidité progressent de 3,6 % (après +3,3 % en 2019), du fait de la prolongation automatique des droits pour les assurés des prestations de compensation du handicap. En revanche, les prestations du risque accidents du travail et maladies professionnelles diminuent en 2020 avec la baisse du nombre d’accidents du travail, elle-même induite par la réduction des activités professionnelles ainsi que le recours massif au télétravail pendant la pandémie.