Sont considérées comme âgées les personnes de 75 ans et plus et celles de plus de 65 ans atteintes de polypathologie.
Leur prise en charge thérapeutique intervient dans un contexte où interfèrent la polypathologie nécessitant très souvent plusieurs traitements avec une exposition et une sensibilité accrues aux effets indésirables médicamenteux.
Bien que l’âge ne contre-indique généralement pas un traitement, il en modifie souvent les objectifs et les modalités.
Dans ces conditions, la hiérarchisation des maladies à prendre en charge et la coordination entre prescripteurs, pharmacien et soignants sont plus impératives.
Les personnes âgées ont une susceptibilité accrue aux accidents médicamenteux.
De nombreux facteurs contribuent à l’augmentation des effets indésirables médicamenteux: le contexte pathologique et la situation du patient, la prescription médicale, l’administration des médicaments et les caractéristiques pharmacologiques de certains médicaments, de même que les interactions médicamenteuses.
Par ailleurs, les personnes âgées, du fait de la polypathologie et de la polymédication, sont soumises au risque d’une rupture de la continuité des traitements lors d’une admission en établissement de soins.
Avant de rédiger sa prescription, le prescripteur doit se poser systématiquement un certain nombre de questions et y répondre.
Il faut privilégier les maladies à prendre en charge prioritairement : enjeu vital, retentissement sur la qualité de vie).
Adapter l’objectif thérapeutique au risque évolutif de la maladie, au risque iatrogène et à la contrainte pour le malade.
Evaluer l'état somatique, notamment le poids, l’état nutritionnel et l’hydratation. Un état de fragilité constitue un risque supplémentaire d’accident iatrogène.
Négligée, la demande du patient peut conduire à des erreurs d'observance ou à une automédication.
L'objectif thérapeutique résulte de l’appréciation de la gravité de la maladie, du contexte pathologique et des attentes du malade.
Le malade âgé a souvent plusieurs médecins et peut aussi s’automédiquer. Le recours au pharmacien d’officine et au dossier pharmaceutique est donc nécessaire.
L'état cognitif et le mode de vie du malade influent sur l'observance.
Il peut être préférable d'adopter une solution non pharmacologique (trouble du sommeil). Le risque auquel est exposé le malade (accident iatrogène ou altération la qualité de vie) doit être comparé au risque évolutif de sa maladie.
Il faut éviter la prescription de médicaments d'efficacité discutable (identifiés dans le résumé des caractéristiques des produits par les mentions "proposé dans", "utilisé dans", "traitement symptomatique de ", " traitement d’appoint ", ou encore considérés par la Haute Autorité de Santé comme rendant un service médical insuffisant).
A cela s’ajoutent les médicaments dits inappropriés dont le risque est supérieur au bénéfice. Dans la mesure du possible, il est judicieux de choisir un médicament concourant au traitement de plusieurs maladies.
Globalement, les modifications pharmacocinétiques contribuent au risque d’augmentation des concentrations plasmatiques, à l’allongement de la demi-vie d’élimination des médicaments et à la majoration de leur toxicité.
L’absorption est en général peu modifiée en dehors d’une pathologie associée ou de certaines coprescriptions.
Le vieillissement s’accompagne d’une diminution de la proportion de la masse maigre de l’organisme au profit d’une augmentation de la masse grasse. Cette modification de répartition induit une augmentation du volume de distribution des médicaments liposolubles et une diminution du volume de distribution des hydrosolubles.
La dénutrition, fréquente, s’accompagne d’une hypoalbuminémie qui potentialise la toxicité des médicaments à forte fixation protéique en augmentant leur forme libre directement active.
Les modifications induites par le vieillissement sur le métabolisme hépatique sont variées. L’activité de certaines voies enzymatiques est diminuée (oxydation, réduction, hydrolyse). On observe surtout une altération progressive et notable de la filtration glomérulaire, dont la valeur moyenne à 80 ans est inférieure de 30 à 50% à celle du sujet jeune. Elle contribue à l’accumulation des médicaments à élimination rénale.
Les médicaments récemment mis sur le marché doivent être utilisés avec prudence, avec un renforcement des mesures de surveillance,
En dehors des situations où il faut obtenir rapidement des concentrations plasmatiques efficaces, il est souvent préférable de commencer par une dose initiale réduite. La posologie est ensuite augmentée très progressivement en fonction de l'efficacité et de la tolérance. L’introduction d'un nouveau médicament doit s'accompagner d'une réévaluation de l'indication ou de la posologie des autres. Il faut éviter le double emploi en repérant tous les médicaments qui appartiennent à la même classe thérapeutique ou qui ont des propriétés pharmacologiques communes en relation ou non avec l'effet thérapeutique recherché.
On doit s’assurer que l’administration du médicament est aisée, notamment sa sécabilité et ses horaires de prise. Le recours à un pilulier est recommandé, de même que l’administration sécurisée par une infirmière ou un aidant familial. Le regroupement des prises orales au moment des repas peut conduire à une interférence avec l'alimentation. Il faut choisir une forme galénique adaptée. Le recours aux solutés buvables doit exclure le mélange de plusieurs médicaments. Le recours à l’écrasement des médicaments en cas de troubles de déglutition ou du comportement ne se conçoit qu’après vérification de la possibilité d’écrasement et avis pharmaceutique.
L’âge du malade ne dispense pas toujours d’une éducation thérapeutique qui peut concerner préférentiellement l’entourage en cas de perte d’autonomie.
Toute reconduction d’ordonnance doit systématiquement résulter d’une réévaluation de la pertinence de la poursuite de chaque médicament.
L'évaluation régulière du traitement conduit à adapter la posologie, voire à l’arrêter. L'inefficacité thérapeutique doit faire rechercher une erreur d'observance et sa cause (effet indésirable non déclaré par le malade en raison de troubles cognitifs…).
L'aggravation d'une insuffisance cardiaque ou rénale altère le métabolisme des produits prescrits. La survenue de chutes peut contre-indiquer la poursuite d'un anticoagulant. Le changement de lieu de vie ou de mode de vie (déménagement, décès d’un proche) doit donner lieu à la réévaluation de la gestion et de l’administration des médicaments.
Savoir déprescrire est aussi important que savoir prescrire. Rediscuter la prescription lors de chaque ordonnance permet d'éliminer les produits devenus inutiles. Une pathologie intercurrente peut aussi contre-indiquer transitoirement ou définitivement la poursuite d'un médicament.
Acquérir le réflexe iatrogène conduit à considérer tout nouveau symptôme inattendu comme un éventuel effet indésirable.
Avant de rédiger toute ordonnance, s’informer de manière exhaustive :
Lors de la rédaction de l’ordonnance :
Avant toute reconduction d’ordonnance : réévaluer l’utilité de chaque médicament et savoir déprescrire ceux dont l’utilité ne s’impose plus
En matière d’objectifs thérapeutiques : tenir compte des attentes du malade ; partager ces objectifs avec le pharmacien et l’ensemble des soignants et aidants familiaux ; si les objectifs attendus n’ont pas été atteints, s’interroger sur l’observance
En cas de constatation d’un nouveau symptôme : avoir le réflexe iatrogène: évoquer systématiquement un effet indésirable
Veiller à la mise en œuvre d’un partage d’information sur les médicaments lors des points dits de transition : ’admission en établissement de soins, transferts entre services hospitaliers, sortie vers le domicile ou vers un autre mode de prise en charge.
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Sont considérées comme âgées les personnes de 75 ans et plus et celles de plus de 65 ans atteintes de polypathologie.
Leur prise en charge thérapeutique intervient dans un contexte où interfèrent la polypathologie nécessitant très souvent plusieurs traitements avec une exposition et une sensibilité accrues aux effets indésirables médicamenteux.
Bien que l’âge ne contre-indique généralement pas un traitement, il en modifie souvent les objectifs et les modalités.
Dans ces conditions, la hiérarchisation des maladies à prendre en charge et la coordination entre prescripteurs, pharmacien et soignants sont plus impératives.
Les personnes âgées ont une susceptibilité accrue aux accidents médicamenteux.
De nombreux facteurs contribuent à l’augmentation des effets indésirables médicamenteux: le contexte pathologique et la situation du patient, la prescription médicale, l’administration des médicaments et les caractéristiques pharmacologiques de certains médicaments, de même que les interactions médicamenteuses.
Par ailleurs, les personnes âgées, du fait de la polypathologie et de la polymédication, sont soumises au risque d’une rupture de la continuité des traitements lors d’une admission en établissement de soins.
Avant de rédiger sa prescription, le prescripteur doit se poser systématiquement un certain nombre de questions et y répondre.
Il faut privilégier les maladies à prendre en charge prioritairement : enjeu vital, retentissement sur la qualité de vie).
Adapter l’objectif thérapeutique au risque évolutif de la maladie, au risque iatrogène et à la contrainte pour le malade.
Evaluer l'état somatique, notamment le poids, l’état nutritionnel et l’hydratation. Un état de fragilité constitue un risque supplémentaire d’accident iatrogène.
Négligée, la demande du patient peut conduire à des erreurs d'observance ou à une automédication.
L'objectif thérapeutique résulte de l’appréciation de la gravité de la maladie, du contexte pathologique et des attentes du malade.
Le malade âgé a souvent plusieurs médecins et peut aussi s’automédiquer. Le recours au pharmacien d’officine et au dossier pharmaceutique est donc nécessaire.
L'état cognitif et le mode de vie du malade influent sur l'observance.
Il peut être préférable d'adopter une solution non pharmacologique (trouble du sommeil). Le risque auquel est exposé le malade (accident iatrogène ou altération la qualité de vie) doit être comparé au risque évolutif de sa maladie.
Il faut éviter la prescription de médicaments d'efficacité discutable (identifiés dans le résumé des caractéristiques des produits par les mentions "proposé dans", "utilisé dans", "traitement symptomatique de ", " traitement d’appoint ", ou encore considérés par la Haute Autorité de Santé comme rendant un service médical insuffisant).
A cela s’ajoutent les médicaments dits inappropriés dont le risque est supérieur au bénéfice. Dans la mesure du possible, il est judicieux de choisir un médicament concourant au traitement de plusieurs maladies.
Globalement, les modifications pharmacocinétiques contribuent au risque d’augmentation des concentrations plasmatiques, à l’allongement de la demi-vie d’élimination des médicaments et à la majoration de leur toxicité.
L’absorption est en général peu modifiée en dehors d’une pathologie associée ou de certaines coprescriptions.
Le vieillissement s’accompagne d’une diminution de la proportion de la masse maigre de l’organisme au profit d’une augmentation de la masse grasse. Cette modification de répartition induit une augmentation du volume de distribution des médicaments liposolubles et une diminution du volume de distribution des hydrosolubles.
La dénutrition, fréquente, s’accompagne d’une hypoalbuminémie qui potentialise la toxicité des médicaments à forte fixation protéique en augmentant leur forme libre directement active.
Les modifications induites par le vieillissement sur le métabolisme hépatique sont variées. L’activité de certaines voies enzymatiques est diminuée (oxydation, réduction, hydrolyse). On observe surtout une altération progressive et notable de la filtration glomérulaire, dont la valeur moyenne à 80 ans est inférieure de 30 à 50% à celle du sujet jeune. Elle contribue à l’accumulation des médicaments à élimination rénale.
Les médicaments récemment mis sur le marché doivent être utilisés avec prudence, avec un renforcement des mesures de surveillance,
En dehors des situations où il faut obtenir rapidement des concentrations plasmatiques efficaces, il est souvent préférable de commencer par une dose initiale réduite. La posologie est ensuite augmentée très progressivement en fonction de l'efficacité et de la tolérance. L’introduction d'un nouveau médicament doit s'accompagner d'une réévaluation de l'indication ou de la posologie des autres. Il faut éviter le double emploi en repérant tous les médicaments qui appartiennent à la même classe thérapeutique ou qui ont des propriétés pharmacologiques communes en relation ou non avec l'effet thérapeutique recherché.
On doit s’assurer que l’administration du médicament est aisée, notamment sa sécabilité et ses horaires de prise. Le recours à un pilulier est recommandé, de même que l’administration sécurisée par une infirmière ou un aidant familial. Le regroupement des prises orales au moment des repas peut conduire à une interférence avec l'alimentation. Il faut choisir une forme galénique adaptée. Le recours aux solutés buvables doit exclure le mélange de plusieurs médicaments. Le recours à l’écrasement des médicaments en cas de troubles de déglutition ou du comportement ne se conçoit qu’après vérification de la possibilité d’écrasement et avis pharmaceutique.
L’âge du malade ne dispense pas toujours d’une éducation thérapeutique qui peut concerner préférentiellement l’entourage en cas de perte d’autonomie.
Toute reconduction d’ordonnance doit systématiquement résulter d’une réévaluation de la pertinence de la poursuite de chaque médicament.
L'évaluation régulière du traitement conduit à adapter la posologie, voire à l’arrêter. L'inefficacité thérapeutique doit faire rechercher une erreur d'observance et sa cause (effet indésirable non déclaré par le malade en raison de troubles cognitifs…).
L'aggravation d'une insuffisance cardiaque ou rénale altère le métabolisme des produits prescrits. La survenue de chutes peut contre-indiquer la poursuite d'un anticoagulant. Le changement de lieu de vie ou de mode de vie (déménagement, décès d’un proche) doit donner lieu à la réévaluation de la gestion et de l’administration des médicaments.
Savoir déprescrire est aussi important que savoir prescrire. Rediscuter la prescription lors de chaque ordonnance permet d'éliminer les produits devenus inutiles. Une pathologie intercurrente peut aussi contre-indiquer transitoirement ou définitivement la poursuite d'un médicament.
Acquérir le réflexe iatrogène conduit à considérer tout nouveau symptôme inattendu comme un éventuel effet indésirable.
Avant de rédiger toute ordonnance, s’informer de manière exhaustive :
Lors de la rédaction de l’ordonnance :
Avant toute reconduction d’ordonnance : réévaluer l’utilité de chaque médicament et savoir déprescrire ceux dont l’utilité ne s’impose plus
En matière d’objectifs thérapeutiques : tenir compte des attentes du malade ; partager ces objectifs avec le pharmacien et l’ensemble des soignants et aidants familiaux ; si les objectifs attendus n’ont pas été atteints, s’interroger sur l’observance
En cas de constatation d’un nouveau symptôme : avoir le réflexe iatrogène: évoquer systématiquement un effet indésirable
Veiller à la mise en œuvre d’un partage d’information sur les médicaments lors des points dits de transition : ’admission en établissement de soins, transferts entre services hospitaliers, sortie vers le domicile ou vers un autre mode de prise en charge.