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Connaître les spécificités des violences au sein du couple OIC-011-04-B

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Connaître les spécificités des violences au sein du couple OIC-011-04-B

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Connaître les spécificités des violences au sein du couple OIC-011-04-B


La violence au sein du couple est définie comme des actes de violence entre partenaires intimes (ou ex-partenaires), quel que soit le type de relation.

Le « type » de violence :

Michael P. Johnson a proposé une typologie des situations de violence au sein du couple. Il en propose 3 principaux types :

- la violence coercitive (« intimate terrorism ») correspond à la situation la plus connue et habituellement décrite. Il s’agit d’une dynamique cyclique où l’auteur a recours à une panoplie de stratégies (cf. les « formes » de violence) (illustration 1)[1]. C’est ce type que nous détaillerons dans le reste de cet objectif de connaissance ;

Illustration 1 : Le cycle des violences.

- la violence réactionnelle (« violent resistance ») correspond à une violence ayant lieu en réaction à une agression de la part du partenaire (en général en réaction à une situation de violence coercitive) ;

- la violence situationnelle (« situational couple violence ») correspond à des épisodes de violence réciproque au sein du couple, sans tentative de contrôle. Elle peut également aboutir à des situations de violences chroniques et sévères.

Les « formes » de violence :

Les violences au sein du couple peuvent être de formes très variées :

- psychologiques et verbales : insultes, cris, menace, humiliation, dénigrement ... Ces violences s’exercent aussi par une composante physique : gestes, postures, regards, attitudes menaçantes dont le but est de rabaisser la personne, renverser la culpabilité et la contrôler ;

- physiques : coups mais également toute contrainte physique ou sévices corporels (secouer, séquestrer, « écraser », brûler ...). C’est la forme la plus « visible » de cette violence ;

- sexuelles ;

- économiques et administratives : confisquer l’argent, les documents d’identités ou la carte vitale, interdire d’acheter des biens ... elles accentuent la dépendance de la victime.

Dans les situations de violence au sein du couple, ces différentes formes sont habituellement présentes de façon simultanée. Elles correspondent à une stratégie aux fins de contrôler la victime, de créer une situation d’emprise basée sur l’isolement, la dévalorisation, la peur et l’inversion de culpabilité. Cette situation a des conséquences économiques, sociales et sanitaires (sur la santé physique et mentale à court et long termes) pouvant aller jusqu’à l’homicide conjugal. Ces violences et leurs conséquences présentent une tendance à s’aggraver dans le temps et ces mécanismes forment finalement le « cycle des violences » (illustration 1).

Autres spécificités des violences au sein du couple :

Les violences au sein du couple présentent également des spécificités dans la façon d’aborder la question des violences, d’évaluer la situation et de la prendre en charge la victime.

- aborder la question des violences :

L’entretien doit être fondé sur une approche globale en favorisant un climat de confiance et un environnement favorable. Des brochures ou affiches sur le thème des violences peuvent être mises à disposition dans les salles d’attente ou de consultation. Il est fortement recommandé que l’entretien se tienne avec la femme seule.

Exemples de questions qui peuvent être posées en fonction du contexte[1] :

- « Avez-vous déjà été victime ou témoin d’une situation de violence dans votre vie ? » ;

- « Comment vont les choses à la maison ? » ;

- « Il arrive souvent qu'il y ait des tensions ou parfois des agressions ou de la violence dans la famille, c'est pourquoi je pose cette question à toutes mes patientes ... » ;

- « Parfois, ce type de (plaintes, symptômes, comportements) peut être lié à du stress, des tensions, des agressions ou de la violence à la maison ».

En cas de doute sur une situation de violence et si la patiente ne souhaite pas parler, il est recommandé :

- de ne pas insister et de lui laisser le temps de décider ;

- d’indiquer les aides existantes, pour que la patiente puisse y avoir recours ;

- de noter dans le dossier médical les éléments de doute et les réactions observées (traçabilité).

- évaluer la situation :

L’évaluation de la dangerosité est une étape fondamentale de l’analyse de la situation. Plus la patiente répond à un nombre important de critères plus le risque est élevé :

- la patiente s’estime-t-elle en danger ? craint-elle pour sa vie ?

- existe-t-il une aggravation des violences (intensification de la fréquence des violences, violences en dehors du domicile, contrôle ses activités, violences sexuelles, violences sur les enfants …) ?

- existe-t-il des antécédents de violences graves ? De violence pendant la grossesse ? De dépression ou de tentative de suicide ?

- y’a-t-il un contexte de séparation ?

- existe-t-il des menaces de mort (sur la patiente, ses enfants, ses parents) ? Du chantage au suicide ? Des menaces avec armes ?

Il existe également des critères liés au partenaire : présence d’une arme (notamment arme à feu) au domicile et consommation d’alcool ou stupéfiant notamment.

Par ailleurs, il est important :

- rechercher des critères de vulnérabilité chez la patiente ;

- d’évaluer la santé mentale de la patiente ;

- d’évaluer la santé et la sécurité des enfants ;

- d’évaluer les ressources (entourage, possibilités d’hébergement d’urgences ...) ?

- prendre en charge des victimes :

En dehors de la prise en charge classique (réaliser les soins adaptés notamment), il est fondamental :

- d’alerter et de protéger : questionner le souhait de déposer une plainte, signaler si possible (avec son accord ou si présence des critères le permettant) (lien 2C-012-IU-A01 et 2C-013-IU-A02), signaler la situation d’éventuels enfants en danger (lien 2C-057-DE-A04), adresser aux associations d’aide aux victimes, hospitaliser ...

- documenter les violences : l’inscrire dans le dossier médical de la patiente, réaliser un certificat médical descriptif initial qui peut être remis ou conservé dans le dossier (lien 2C-013-DE-A01).




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La violence au sein du couple est définie comme des actes de violence entre partenaires intimes (ou ex-partenaires), quel que soit le type de relation.

Le « type » de violence :

Michael P. Johnson a proposé une typologie des situations de violence au sein du couple. Il en propose 3 principaux types :

- la violence coercitive (« intimate terrorism ») correspond à la situation la plus connue et habituellement décrite. Il s’agit d’une dynamique cyclique où l’auteur a recours à une panoplie de stratégies (cf. les « formes » de violence) (illustration 1)[1]. C’est ce type que nous détaillerons dans le reste de cet objectif de connaissance ;

Illustration 1 : Le cycle des violences.

- la violence réactionnelle (« violent resistance ») correspond à une violence ayant lieu en réaction à une agression de la part du partenaire (en général en réaction à une situation de violence coercitive) ;

- la violence situationnelle (« situational couple violence ») correspond à des épisodes de violence réciproque au sein du couple, sans tentative de contrôle. Elle peut également aboutir à des situations de violences chroniques et sévères.

Les « formes » de violence :

Les violences au sein du couple peuvent être de formes très variées :

- psychologiques et verbales : insultes, cris, menace, humiliation, dénigrement ... Ces violences s’exercent aussi par une composante physique : gestes, postures, regards, attitudes menaçantes dont le but est de rabaisser la personne, renverser la culpabilité et la contrôler ;

- physiques : coups mais également toute contrainte physique ou sévices corporels (secouer, séquestrer, « écraser », brûler ...). C’est la forme la plus « visible » de cette violence ;

- sexuelles ;

- économiques et administratives : confisquer l’argent, les documents d’identités ou la carte vitale, interdire d’acheter des biens ... elles accentuent la dépendance de la victime.

Dans les situations de violence au sein du couple, ces différentes formes sont habituellement présentes de façon simultanée. Elles correspondent à une stratégie aux fins de contrôler la victime, de créer une situation d’emprise basée sur l’isolement, la dévalorisation, la peur et l’inversion de culpabilité. Cette situation a des conséquences économiques, sociales et sanitaires (sur la santé physique et mentale à court et long termes) pouvant aller jusqu’à l’homicide conjugal. Ces violences et leurs conséquences présentent une tendance à s’aggraver dans le temps et ces mécanismes forment finalement le « cycle des violences » (illustration 1).

Autres spécificités des violences au sein du couple :

Les violences au sein du couple présentent également des spécificités dans la façon d’aborder la question des violences, d’évaluer la situation et de la prendre en charge la victime.

- aborder la question des violences :

L’entretien doit être fondé sur une approche globale en favorisant un climat de confiance et un environnement favorable. Des brochures ou affiches sur le thème des violences peuvent être mises à disposition dans les salles d’attente ou de consultation. Il est fortement recommandé que l’entretien se tienne avec la femme seule.

Exemples de questions qui peuvent être posées en fonction du contexte[1] :

- « Avez-vous déjà été victime ou témoin d’une situation de violence dans votre vie ? » ;

- « Comment vont les choses à la maison ? » ;

- « Il arrive souvent qu'il y ait des tensions ou parfois des agressions ou de la violence dans la famille, c'est pourquoi je pose cette question à toutes mes patientes ... » ;

- « Parfois, ce type de (plaintes, symptômes, comportements) peut être lié à du stress, des tensions, des agressions ou de la violence à la maison ».

En cas de doute sur une situation de violence et si la patiente ne souhaite pas parler, il est recommandé :

- de ne pas insister et de lui laisser le temps de décider ;

- d’indiquer les aides existantes, pour que la patiente puisse y avoir recours ;

- de noter dans le dossier médical les éléments de doute et les réactions observées (traçabilité).

- évaluer la situation :

L’évaluation de la dangerosité est une étape fondamentale de l’analyse de la situation. Plus la patiente répond à un nombre important de critères plus le risque est élevé :

- la patiente s’estime-t-elle en danger ? craint-elle pour sa vie ?

- existe-t-il une aggravation des violences (intensification de la fréquence des violences, violences en dehors du domicile, contrôle ses activités, violences sexuelles, violences sur les enfants …) ?

- existe-t-il des antécédents de violences graves ? De violence pendant la grossesse ? De dépression ou de tentative de suicide ?

- y’a-t-il un contexte de séparation ?

- existe-t-il des menaces de mort (sur la patiente, ses enfants, ses parents) ? Du chantage au suicide ? Des menaces avec armes ?

Il existe également des critères liés au partenaire : présence d’une arme (notamment arme à feu) au domicile et consommation d’alcool ou stupéfiant notamment.

Par ailleurs, il est important :

- rechercher des critères de vulnérabilité chez la patiente ;

- d’évaluer la santé mentale de la patiente ;

- d’évaluer la santé et la sécurité des enfants ;

- d’évaluer les ressources (entourage, possibilités d’hébergement d’urgences ...) ?

- prendre en charge des victimes :

En dehors de la prise en charge classique (réaliser les soins adaptés notamment), il est fondamental :

- d’alerter et de protéger : questionner le souhait de déposer une plainte, signaler si possible (avec son accord ou si présence des critères le permettant) (lien 2C-012-IU-A01 et 2C-013-IU-A02), signaler la situation d’éventuels enfants en danger (lien 2C-057-DE-A04), adresser aux associations d’aide aux victimes, hospitaliser ...

- documenter les violences : l’inscrire dans le dossier médical de la patiente, réaliser un certificat médical descriptif initial qui peut être remis ou conservé dans le dossier (lien 2C-013-DE-A01).



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