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Connaître la définition du dépistage des cancers, les modalités et les principes OIC-290-24-A

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Connaître la définition du dépistage des cancers, les modalités et les principes OIC-290-24-A


1.1 Généralités

Il existe 4 types de prévention :

- primaire : prévenir sur l’apparition de la maladie en agissant sur les facteurs de risque (e.g. alcool, tabac, obésité, exposition solaire, vaccination),

- secondaire : détecter la maladie à un stade précoce (i.e. avant l’apparition des signes cliniques) voire à un stade précancéreux (e.g. lésions précancéreuses du dépistage du cancer du col) et traiter le plus précocement possible. Le dépistage appartient à cette catégorie,

- tertiaire : agir sur les effets chroniques des traitements des maladies et notamment prévenir et limiter le handicap fonctionnel séquellaire (e.g. réhabilitation après chirurgie, projet de réinsertion professionnelle, suivi du patient au décours de la séquence thérapeutique afin de détecter une rechute),

- quaternaire : agir pour identifier et limiter le risque de surmédicalisation et d’actes invasifs et disproportionnés qui n’auront pas pour conséquence d’améliorer l’état du patient.


Le dépistage appartient donc à la prévention secondaire et a donc pour objectif de détecter la maladie au stade le plus précoce, alors que le patient ne se sent pas malade (= absence totale de symptômes).


Ainsi, dès lors qu’il y a le moindre symptômes, nous ne sommes pas dans une situation de dépistage mais de diagnostic (plus ou moins précoce) !


En ce qui concerne le dépistage de masse organisé, il s’agit d’une mesure de Santé Publique, organisé par les autorités de Santé, et qui cible spécifiquement une population plus à risque bien définies, sans que cette indication de dépistage n’émane d’un médecin donné sur un individu donné.


De plus, les performances de ce dépistage sont régulièrement évaluées. Le critère absolu de jugement d’une campagne de dépistage d’une maladie donnée est la réduction, dans la population dépistée, de la mortalité spécifique liée à cette maladie, voire de la mortalité globale si son impact sur celle-ci est majeur.

Dans certains cas, le dépistage va conduire à une baisse de l’incidence dans la population dépistée (e.g. dépistage du cancer du col aux stades de lésions précancéreuses qui seront traitées).


Celui-ci s’oppose point par point au dépistage individualisé qui est à l’initiative d’un médecin, dans un contexte donné (e.g. patient selon ses antécédents personnels/familiaux et son mode de vie notamment) et au cours d’une décision médicale partagée.


Quelques remarques :

-        Un sujet malade demande à être examiné et une obligation de moyens s’impose (avec parfois une nécessité de freiner les démarches thérapeutiques !). Dans la situation de dépistage, les patients « ne se sentent pas malades » et il leur est demandé de se « soumettre » à une batterie d’examens dont la finalité est l’obligation d’un résultat, à savoir la diminution de la mortalité.

-        Pour rappel, il est estimé selon les derniers chiffres de l’INCa (2019) qu’environ 40% des cancers sont évitables ! Ceci en modulant les modes de vie des patients et en maximisant les mesures de dépistage organisé.

-        Le dépistage ne concerne que les patients asymptomatiques…un nodule mammaire, des rectorragies, des douleurs pelviennes lors des rapports sexuels ne doivent pas orienter vers le dépistage de masse organisé !

-        Pour une même maladie cancéreuse, il peut être retrouvé un dépistage de masse organisé et un dépistage individualisé.


En 2022 en France, trois localisation cancéreuses bénéficient d’un dépistage de masse organisé : sein, colon-rectum, col de l’utérus. Les prochaines années pourraient inclure d’autre localisations


1.2 Critères des campagnes de dépistage de masse organisé

Plusieurs critères s’avèrent nécessaires :

-        Concernant la maladie cancéreuse => celle-ci doit être élevée (de manière absolue ou au sein d’une population cible bien définie) et présenter une phase de développement suffisamment longue (avec notamment une longue phase préclinique). De plus, un arsenal thérapeutique efficace doit être disponible.

-        Concernant le test de dépistage => celui-doit avoir été validé, notamment en ce qui concerne ses performances. Celui-ci doit être très sensible (situation idéale = détection de tous les cas) tout en ayant une spécificité convenable (puisque sa positivité conduira à un examen plus invasif pour confirmation). Enfin, il existe un test de dépistage reconnu et validé.

-        Enfin, les performances en vie réelle des campagnes de dépistage de masse organisé doivent être évaluées (notamment les taux de : participation, cas détectés, vrais positifs / faux positifs, tests diagnostiques par cas positif détecté ; principalement : nombre de décès évités).


1.2 Principaux biais du dépistage de masse organisé

Le biais principal d’évaluation d’une campagne de dépistage serait de considérer la durée de survie des malades dépistés (versus les non-dépistés).

En effet, celle-ci est augmentée artificiellement selon 3 mécanismes :

-        l’avance au diagnostic : pour rappel, la maladie est détectée « x » mois/années avant qu’elle ne parle cliniquement. Ainsi une augmentation de durée de survie depuis le diagnostic est tout à fait « normale »,

-        le biais d’évolutivité : la procédure de dépistage répétée à intervalles réguliers, fixés par un protocole donné, aura tendance à « détecter » des cancers plus indolents et donc de meilleur pronostic. En effet, des cancers d’évolution « explosive » auront le temps de se développer durant l’intervalle entre deux dépistages et passeront donc entre les mailles du filet,

-        le biais de sur-diagnostic : il s’agit ici de considérer des maladies qui sans la mesure de dépsitage ne se seraient pas déclarées cliniquement




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1.1 Généralités

Il existe 4 types de prévention :

- primaire : prévenir sur l’apparition de la maladie en agissant sur les facteurs de risque (e.g. alcool, tabac, obésité, exposition solaire, vaccination),

- secondaire : détecter la maladie à un stade précoce (i.e. avant l’apparition des signes cliniques) voire à un stade précancéreux (e.g. lésions précancéreuses du dépistage du cancer du col) et traiter le plus précocement possible. Le dépistage appartient à cette catégorie,

- tertiaire : agir sur les effets chroniques des traitements des maladies et notamment prévenir et limiter le handicap fonctionnel séquellaire (e.g. réhabilitation après chirurgie, projet de réinsertion professionnelle, suivi du patient au décours de la séquence thérapeutique afin de détecter une rechute),

- quaternaire : agir pour identifier et limiter le risque de surmédicalisation et d’actes invasifs et disproportionnés qui n’auront pas pour conséquence d’améliorer l’état du patient.


Le dépistage appartient donc à la prévention secondaire et a donc pour objectif de détecter la maladie au stade le plus précoce, alors que le patient ne se sent pas malade (= absence totale de symptômes).


Ainsi, dès lors qu’il y a le moindre symptômes, nous ne sommes pas dans une situation de dépistage mais de diagnostic (plus ou moins précoce) !


En ce qui concerne le dépistage de masse organisé, il s’agit d’une mesure de Santé Publique, organisé par les autorités de Santé, et qui cible spécifiquement une population plus à risque bien définies, sans que cette indication de dépistage n’émane d’un médecin donné sur un individu donné.


De plus, les performances de ce dépistage sont régulièrement évaluées. Le critère absolu de jugement d’une campagne de dépistage d’une maladie donnée est la réduction, dans la population dépistée, de la mortalité spécifique liée à cette maladie, voire de la mortalité globale si son impact sur celle-ci est majeur.

Dans certains cas, le dépistage va conduire à une baisse de l’incidence dans la population dépistée (e.g. dépistage du cancer du col aux stades de lésions précancéreuses qui seront traitées).


Celui-ci s’oppose point par point au dépistage individualisé qui est à l’initiative d’un médecin, dans un contexte donné (e.g. patient selon ses antécédents personnels/familiaux et son mode de vie notamment) et au cours d’une décision médicale partagée.


Quelques remarques :

-        Un sujet malade demande à être examiné et une obligation de moyens s’impose (avec parfois une nécessité de freiner les démarches thérapeutiques !). Dans la situation de dépistage, les patients « ne se sentent pas malades » et il leur est demandé de se « soumettre » à une batterie d’examens dont la finalité est l’obligation d’un résultat, à savoir la diminution de la mortalité.

-        Pour rappel, il est estimé selon les derniers chiffres de l’INCa (2019) qu’environ 40% des cancers sont évitables ! Ceci en modulant les modes de vie des patients et en maximisant les mesures de dépistage organisé.

-        Le dépistage ne concerne que les patients asymptomatiques…un nodule mammaire, des rectorragies, des douleurs pelviennes lors des rapports sexuels ne doivent pas orienter vers le dépistage de masse organisé !

-        Pour une même maladie cancéreuse, il peut être retrouvé un dépistage de masse organisé et un dépistage individualisé.


En 2022 en France, trois localisation cancéreuses bénéficient d’un dépistage de masse organisé : sein, colon-rectum, col de l’utérus. Les prochaines années pourraient inclure d’autre localisations


1.2 Critères des campagnes de dépistage de masse organisé

Plusieurs critères s’avèrent nécessaires :

-        Concernant la maladie cancéreuse => celle-ci doit être élevée (de manière absolue ou au sein d’une population cible bien définie) et présenter une phase de développement suffisamment longue (avec notamment une longue phase préclinique). De plus, un arsenal thérapeutique efficace doit être disponible.

-        Concernant le test de dépistage => celui-doit avoir été validé, notamment en ce qui concerne ses performances. Celui-ci doit être très sensible (situation idéale = détection de tous les cas) tout en ayant une spécificité convenable (puisque sa positivité conduira à un examen plus invasif pour confirmation). Enfin, il existe un test de dépistage reconnu et validé.

-        Enfin, les performances en vie réelle des campagnes de dépistage de masse organisé doivent être évaluées (notamment les taux de : participation, cas détectés, vrais positifs / faux positifs, tests diagnostiques par cas positif détecté ; principalement : nombre de décès évités).


1.2 Principaux biais du dépistage de masse organisé

Le biais principal d’évaluation d’une campagne de dépistage serait de considérer la durée de survie des malades dépistés (versus les non-dépistés).

En effet, celle-ci est augmentée artificiellement selon 3 mécanismes :

-        l’avance au diagnostic : pour rappel, la maladie est détectée « x » mois/années avant qu’elle ne parle cliniquement. Ainsi une augmentation de durée de survie depuis le diagnostic est tout à fait « normale »,

-        le biais d’évolutivité : la procédure de dépistage répétée à intervalles réguliers, fixés par un protocole donné, aura tendance à « détecter » des cancers plus indolents et donc de meilleur pronostic. En effet, des cancers d’évolution « explosive » auront le temps de se développer durant l’intervalle entre deux dépistages et passeront donc entre les mailles du filet,

-        le biais de sur-diagnostic : il s’agit ici de considérer des maladies qui sans la mesure de dépsitage ne se seraient pas déclarées cliniquement



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