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Connaître les modalités du diagnostic d'une conjonctivite OIC-083-04-A

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Connaître les modalités du diagnostic d'une conjonctivite OIC-083-04-A

Les patients atteints de conjonctivite rapportent une sensation de corps étranger, de grains de sable, parfois un prurit, ou une perception de brulure. Fréquentes, uni- ou bilatérales, les conjonctivites sont de causes infectieuses, inflammatoires ou encore allergiques.

La présence de sécrétions devant l’axe optique entraine une gêne visuelle transitoire améliorée par le clignement palpébral ou le lavage. La survenue d’une baisse d’acuité visuelle permanente et de douleurs témoigne d’une atteinte cornéenne centrale et donc d’une kératoconjonctivite.


  1. Conjonctivites bactériennes aiguës

Elles se présentent sous la forme d'une rougeur conjonctivale diffuse, prédominant dans le cul-de-sac inférieur, peuvent être uni-ou bilatérales, parfois avec un intervalle libre avant l’atteinte du deuxième œil.

La rougeur s’accompagne de sécrétions mucopurulentes collant les paupières le matin au réveil avec un aspect en poils de pinceau, et volontiers d’un chémosis et d’un œdème palpébral dans les cas plus sévères. Bien que les germes en cause varient en fonction de l’âge et du terrain, les conjonctivites bactériennes aiguës sont dues le plus souvent à des cocci à Gram positif (principalement streptocoque ou staphylocoque), et guérissent habituellement sans séquelles. Un trouble de perméabilité des voies lacrymales doit être secondairement recherché, notamment aux âges extrêmes de la vie, en cas de larmoiement chronique ou d’épisodes infectieux récurrents.


Le traitement probabiliste sans prélèvement de première intention comprend :

  • hygiène des mains : prévention de l'entourage ;
  • lavages fréquents au sérum physiologique ou un soluté isotonique pharmaceutique ;
  • collyre antiseptique 4 à 6 fois/jour qui s’avère habituellement suffisant. L'antibiothérapie n'est donc pas systématique en l’absence de signe de gravité. Dans le cas contraire, elle sera prescrite avec la même fréquence et ciblée sur les cocci Gram positif. Devant une forme grave ou résistante à ce traitement de première ligne, un prélèvement conjonctival par écouvillonnage est effectué et transféré au laboratoire dans un milieu de transport pour être mis en culture.


2. Conjonctivites bactériennes chroniques : conjonctivites à Chlamydia

Certaines conjonctivites bactériennes évoluent sur un mode chronique, induisant en règle l’apparition d’une adénopathie prétragienne. C’est le cas notamment des infections à Chlamydia, mais aussi de Bartonnella henselae ou exceptionnellement de Mycobacterium tuberculosis.

Le trachome (conjonctivite à Chlamydia trachomatis) est très fréquent dans les pays les moins avancés et sévit majoritairement sur le continent africain. Il s'agit d'une conjonctivite bilatérale avec fibrose du tarse et entropion induisant une néovascularisation cornéenne.

Ses complications cornéennes sévères en font la deuxième cause mondiale de cécité évitable après la cataracte.

Sa prise en charge repose sur le traitement antibiotique de l’infection par azithromycine ou tétracyclines et la cure chirurgicale des complications palpébrales.

La conjonctivite à inclusions de l'adulte est une affection sexuellement transmissible uni ou bilatérale, qui peut s'associer à une urétrite ou une vaginite.

Elle sera donc généralement traitée par azithromycine orale en monodose.


3. Conjonctivites virales

Très fréquentes, extrêmement contagieuses, liées en premier lieu à certains sérotypes d’adénovirus, elles surviennent par épidémies et touchent plusieurs personnes au sein d’une famille ou d’une collectivité. L'atteinte commence souvent d'un côté et se bilatéralise par autocontamination dans les jours qui suivent. Le tableau comporte :

  • une hyperhémie conjonctivale franche souvent accompagnée d’hémorragies ;
  • des sécrétions claires ;
  • une adénopathie prétragienne sensible à la palpation qui signe la cause infectieuse et conforte le diagnostic. Dans leur phase folliculaire, elles sont parfois difficiles à distinguer d'une conjonctivite bactérienne. Si nécessaire, un test diagnostique rapide permet de détecter les antigènes viraux sur un échantillon lacrymal conjonctival. L'évolution est en règle spontanément favorable en 10 à 15 jours, mais la conjonctivite virale peut se compliquer de membranes fibrineuses dans les cas les plus graves et/ou évoluer vers un tableau de kératoconjonctivite (voir plus loin kératite aiguë). La prise en charge est essentiellement symptomatique, se limitant au nettoyage de la surface oculaire et à l’instillation de produits mouillants. Les corticoïdes locaux ne sont par ailleurs prescrits que dans les formes sévères après ablation des membranes car leur utilisation prolonge la durée du portage viral.


4. Conjonctivites allergiques

- La conjonctivite allergique saisonnière

Elle survient comme attendu de façon saisonnière à chaque fois que l’allergène en cause est rencontré, le plus souvent sur terrain atopique ou allergique connu.

Bilatérale et récidivante, la crise allergique se caractérise par l’existence d’un prurit et montre une conjonctive rosée, résultante du mélange d’un chémosis blanc laiteux et d’une dilatation des vaisseaux conjonctivaux. A cela s’ajoutent des sécrétions claires, une discrète hypertrophie papillaire de la conjonctive tarsale supérieure et un œdème palpébral modéré.

Après une enquête minutieuse, le bilan allergologique recherche le ou les allergènes en cause au moyen de tests épicutanés ou plus exceptionnellement de tests de provocation conjonctivale.

Le traitement comprend :

  • des lavages conjonctivaux avec un soluté isotonique
  • l’instillation d’un collyre antiallergique (anti-histaminique, antidégranulant mastocytaire) ou parfois d’un corticoïde en cure courte si les manifestations sont intenses
  • une éviction de l'allergène, voire une désensibilisation lorsqu’elle est possible et nécessaire.


- La conjonctivite allergique perannuelle

Le tableau clinique de la conjonctivite perannuelle est identique au précédent mais cette fois l’allergène ne présente pas de saisonnalité. Au fil du temps une fibrose conjonctivale peut s’installer si les épisodes se répètent fréquemment


- La kératoconjonctivite vernale (ou conjonctivite printanière)

Cette forme grave d’allergie oculaire chronique pédiatrique touche principalement les garçons avant la puberté. Les lésions conjonctivales de fond s’acutisent en période chaude et ensoleillée le printemps ou l’été entrainant alors un prurit intense, puis avec l’apparition de l’atteinte cornéenne s’ajoutent une photophobie, un blépharospasme et un larmoiement fréquemment invalidants.

Deux types de présentation sont possibles et parfois associés :

  • la forme limbique prend l’aspect d’un bourrelet rosé périkératique souvent associé à des infiltrats blanchâtres ponctiformes appelés grains de Trantas
  • la forme tarsale est la plus grave car les lésions pavimenteuses ou papilles de la conjonctive palpébrale supérieure agressent directement la cornée, provoquant en règle une kératite épithéliale ponctuée, parfois la survenue d’une ulcération épithéliale arrondie ou ovalaire (ulcération vernale) et plus rarement la constitution d’une plaque solide réactionnelle (plaque vernale). La présence de sécrétions fibrineuses ou muciniques est également possible. Le traitement recourt spécifiquement à l’instillation de corticoïdes topiques en phase aiguë et/ou de ciclosporine en collyre pour le traitement de fond, en sus des éléments énoncés plus haut utilisés de manière usuelle.


- La kératoconjonctivite de la dermatite atopique

Manifestation oculaire chronique, fréquente et potentiellement sévère de la dermatite atopique, la kératoconjonctivite atopique atteint avec prédilection les hommes adultes. L’eczéma des paupières s’ajoute ici aux lésions allergiques conjonctivales et cornéennes qui ressemblent volontiers à celles de la kératoconjonctivite vernale. La survenue d’un ectropion par rigidité cutanée est fréquente et dégrade encore les moyens de défense locale. De multiples complications oculaires sont possibles et doivent être recherchées: kératocône induit par la friction des paupières, infections conjonctivale et/ou cornéenne, cataracte spécifique en écusson antérieur ou cortisonée sous-capsulaire postérieure, glaucome induit par les corticoïdes.

La prise en charge thérapeutique repose sur les corticoïdes et les immunosuppresseurs locaux, y compris ceux déposés sur le versant cutané eczémateux comme le tacrolimus, associés aux traitements antiallergiques et mouillants usuels.


- La conjonctivite de l’allergie de contact

Dans ce cadre, l’atteinte oculaire comme l’atteinte palpébrale sont liées à une hypersensibilité non immédiate à un allergène de contact. Ce dernier est habituellement d’origine médicamenteuse (allergie aux collyres antibiotiques, mydriatiques ou anti-glaucomateux notamment), cosmétique ou professionnelle et peut être appliqué directement sur le site oculo-palpébral, être manuporté ou aéroporté. L’importance de l’eczéma palpébral de contact et l’interrogatoire orientent le diagnostic. La conjonctivite est assez peu spécifique et la réaction s’étend jusqu’au bord libre de la paupière.

Le traitement repose avant tout sur l’éviction de l’allergène tandis qu’une corticothérapie locale transitoire est prescrite en cas de réaction intense.






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Les patients atteints de conjonctivite rapportent une sensation de corps étranger, de grains de sable, parfois un prurit, ou une perception de brulure. Fréquentes, uni- ou bilatérales, les conjonctivites sont de causes infectieuses, inflammatoires ou encore allergiques.

La présence de sécrétions devant l’axe optique entraine une gêne visuelle transitoire améliorée par le clignement palpébral ou le lavage. La survenue d’une baisse d’acuité visuelle permanente et de douleurs témoigne d’une atteinte cornéenne centrale et donc d’une kératoconjonctivite.


  1. Conjonctivites bactériennes aiguës

Elles se présentent sous la forme d'une rougeur conjonctivale diffuse, prédominant dans le cul-de-sac inférieur, peuvent être uni-ou bilatérales, parfois avec un intervalle libre avant l’atteinte du deuxième œil.

La rougeur s’accompagne de sécrétions mucopurulentes collant les paupières le matin au réveil avec un aspect en poils de pinceau, et volontiers d’un chémosis et d’un œdème palpébral dans les cas plus sévères. Bien que les germes en cause varient en fonction de l’âge et du terrain, les conjonctivites bactériennes aiguës sont dues le plus souvent à des cocci à Gram positif (principalement streptocoque ou staphylocoque), et guérissent habituellement sans séquelles. Un trouble de perméabilité des voies lacrymales doit être secondairement recherché, notamment aux âges extrêmes de la vie, en cas de larmoiement chronique ou d’épisodes infectieux récurrents.


Le traitement probabiliste sans prélèvement de première intention comprend :

  • hygiène des mains : prévention de l'entourage ;
  • lavages fréquents au sérum physiologique ou un soluté isotonique pharmaceutique ;
  • collyre antiseptique 4 à 6 fois/jour qui s’avère habituellement suffisant. L'antibiothérapie n'est donc pas systématique en l’absence de signe de gravité. Dans le cas contraire, elle sera prescrite avec la même fréquence et ciblée sur les cocci Gram positif. Devant une forme grave ou résistante à ce traitement de première ligne, un prélèvement conjonctival par écouvillonnage est effectué et transféré au laboratoire dans un milieu de transport pour être mis en culture.


2. Conjonctivites bactériennes chroniques : conjonctivites à Chlamydia

Certaines conjonctivites bactériennes évoluent sur un mode chronique, induisant en règle l’apparition d’une adénopathie prétragienne. C’est le cas notamment des infections à Chlamydia, mais aussi de Bartonnella henselae ou exceptionnellement de Mycobacterium tuberculosis.

Le trachome (conjonctivite à Chlamydia trachomatis) est très fréquent dans les pays les moins avancés et sévit majoritairement sur le continent africain. Il s'agit d'une conjonctivite bilatérale avec fibrose du tarse et entropion induisant une néovascularisation cornéenne.

Ses complications cornéennes sévères en font la deuxième cause mondiale de cécité évitable après la cataracte.

Sa prise en charge repose sur le traitement antibiotique de l’infection par azithromycine ou tétracyclines et la cure chirurgicale des complications palpébrales.

La conjonctivite à inclusions de l'adulte est une affection sexuellement transmissible uni ou bilatérale, qui peut s'associer à une urétrite ou une vaginite.

Elle sera donc généralement traitée par azithromycine orale en monodose.


3. Conjonctivites virales

Très fréquentes, extrêmement contagieuses, liées en premier lieu à certains sérotypes d’adénovirus, elles surviennent par épidémies et touchent plusieurs personnes au sein d’une famille ou d’une collectivité. L'atteinte commence souvent d'un côté et se bilatéralise par autocontamination dans les jours qui suivent. Le tableau comporte :

  • une hyperhémie conjonctivale franche souvent accompagnée d’hémorragies ;
  • des sécrétions claires ;
  • une adénopathie prétragienne sensible à la palpation qui signe la cause infectieuse et conforte le diagnostic. Dans leur phase folliculaire, elles sont parfois difficiles à distinguer d'une conjonctivite bactérienne. Si nécessaire, un test diagnostique rapide permet de détecter les antigènes viraux sur un échantillon lacrymal conjonctival. L'évolution est en règle spontanément favorable en 10 à 15 jours, mais la conjonctivite virale peut se compliquer de membranes fibrineuses dans les cas les plus graves et/ou évoluer vers un tableau de kératoconjonctivite (voir plus loin kératite aiguë). La prise en charge est essentiellement symptomatique, se limitant au nettoyage de la surface oculaire et à l’instillation de produits mouillants. Les corticoïdes locaux ne sont par ailleurs prescrits que dans les formes sévères après ablation des membranes car leur utilisation prolonge la durée du portage viral.


4. Conjonctivites allergiques

- La conjonctivite allergique saisonnière

Elle survient comme attendu de façon saisonnière à chaque fois que l’allergène en cause est rencontré, le plus souvent sur terrain atopique ou allergique connu.

Bilatérale et récidivante, la crise allergique se caractérise par l’existence d’un prurit et montre une conjonctive rosée, résultante du mélange d’un chémosis blanc laiteux et d’une dilatation des vaisseaux conjonctivaux. A cela s’ajoutent des sécrétions claires, une discrète hypertrophie papillaire de la conjonctive tarsale supérieure et un œdème palpébral modéré.

Après une enquête minutieuse, le bilan allergologique recherche le ou les allergènes en cause au moyen de tests épicutanés ou plus exceptionnellement de tests de provocation conjonctivale.

Le traitement comprend :

  • des lavages conjonctivaux avec un soluté isotonique
  • l’instillation d’un collyre antiallergique (anti-histaminique, antidégranulant mastocytaire) ou parfois d’un corticoïde en cure courte si les manifestations sont intenses
  • une éviction de l'allergène, voire une désensibilisation lorsqu’elle est possible et nécessaire.


- La conjonctivite allergique perannuelle

Le tableau clinique de la conjonctivite perannuelle est identique au précédent mais cette fois l’allergène ne présente pas de saisonnalité. Au fil du temps une fibrose conjonctivale peut s’installer si les épisodes se répètent fréquemment


- La kératoconjonctivite vernale (ou conjonctivite printanière)

Cette forme grave d’allergie oculaire chronique pédiatrique touche principalement les garçons avant la puberté. Les lésions conjonctivales de fond s’acutisent en période chaude et ensoleillée le printemps ou l’été entrainant alors un prurit intense, puis avec l’apparition de l’atteinte cornéenne s’ajoutent une photophobie, un blépharospasme et un larmoiement fréquemment invalidants.

Deux types de présentation sont possibles et parfois associés :

  • la forme limbique prend l’aspect d’un bourrelet rosé périkératique souvent associé à des infiltrats blanchâtres ponctiformes appelés grains de Trantas
  • la forme tarsale est la plus grave car les lésions pavimenteuses ou papilles de la conjonctive palpébrale supérieure agressent directement la cornée, provoquant en règle une kératite épithéliale ponctuée, parfois la survenue d’une ulcération épithéliale arrondie ou ovalaire (ulcération vernale) et plus rarement la constitution d’une plaque solide réactionnelle (plaque vernale). La présence de sécrétions fibrineuses ou muciniques est également possible. Le traitement recourt spécifiquement à l’instillation de corticoïdes topiques en phase aiguë et/ou de ciclosporine en collyre pour le traitement de fond, en sus des éléments énoncés plus haut utilisés de manière usuelle.


- La kératoconjonctivite de la dermatite atopique

Manifestation oculaire chronique, fréquente et potentiellement sévère de la dermatite atopique, la kératoconjonctivite atopique atteint avec prédilection les hommes adultes. L’eczéma des paupières s’ajoute ici aux lésions allergiques conjonctivales et cornéennes qui ressemblent volontiers à celles de la kératoconjonctivite vernale. La survenue d’un ectropion par rigidité cutanée est fréquente et dégrade encore les moyens de défense locale. De multiples complications oculaires sont possibles et doivent être recherchées: kératocône induit par la friction des paupières, infections conjonctivale et/ou cornéenne, cataracte spécifique en écusson antérieur ou cortisonée sous-capsulaire postérieure, glaucome induit par les corticoïdes.

La prise en charge thérapeutique repose sur les corticoïdes et les immunosuppresseurs locaux, y compris ceux déposés sur le versant cutané eczémateux comme le tacrolimus, associés aux traitements antiallergiques et mouillants usuels.


- La conjonctivite de l’allergie de contact

Dans ce cadre, l’atteinte oculaire comme l’atteinte palpébrale sont liées à une hypersensibilité non immédiate à un allergène de contact. Ce dernier est habituellement d’origine médicamenteuse (allergie aux collyres antibiotiques, mydriatiques ou anti-glaucomateux notamment), cosmétique ou professionnelle et peut être appliqué directement sur le site oculo-palpébral, être manuporté ou aéroporté. L’importance de l’eczéma palpébral de contact et l’interrogatoire orientent le diagnostic. La conjonctivite est assez peu spécifique et la réaction s’étend jusqu’au bord libre de la paupière.

Le traitement repose avant tout sur l’éviction de l’allergène tandis qu’une corticothérapie locale transitoire est prescrite en cas de réaction intense.





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