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Antalgiques opioïdes : connaître les mécanismes d'action, indications, effets secondaires interactions médicamenteuses, modalités de surveillance et principales causes d'échec OIC-330-17-A

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Antalgiques opioïdes : connaître les mécanismes d'action, indications, effets secondaires interactions médicamenteuses, modalités de surveillance et principales causes d'échec OIC-330-17-A


Antalgiques opioïdes

  • Ils incluent les opioïdes faibles (ou de palier II), soit tramadol, codéine, et poudre d’opium et les opioïdes forts (ou de palier III) soit morphine, oxycodone, méthadone, fentanyl, hydromorphone, buprénorphine, nalbuphine, naloxone, oxycodone/naloxone, tapentadol.
  • Il existe des formes orales à libération prolongée (LP) permettant une action antalgique sur un temps long et des formes à libération immédiate (LI), adaptées à l’initiation d’un traitement, à l’urgence, aux accès douloureux paroxystiques et aux douleurs induites par les soins.
  • La poudre d’opium, le tramadol, la codéine sont disponibles en association avec le paracétamol par voie orale (exclusivement pour la poudre d’opium), et pour tramadol et codéine (dihydrocodéine): sous forme de comprimés à libération prolongée.
  • Les opiacés forts sont disponibles sous forme orale (sulfate de morphine, oxycodone  libération immédiate ou prolongée, méthadone et hydromorphone libération prolongée) transdermique (fentanyl), sublinguale (fentanyl, buprénorphine), buccale, gingivale, oromucosale, buccale et nasale (fentanyl), IV (chlorydrate de morphine, oxycodone, nalbuphine, naloxone), SC, IM (chlorydrate de morphine, nalbuphine), péridurale, intrathécale (chlorydrate de morphine) (voir Lisa 135 pour détails sur les formes galéniques)

Mécanismes

Ils agissent sur les systèmes de contrôles endogènes de la douleur en se fixant sur des récepteurs opiacés (mu, delta, kappa) au niveau cérébral, médullaire et périphérique.

Nous distinguons:

  • les agonistes complets forts (morphine, hydromorphone, oxycodone, fentanyl, méthadone)
  • les agonistes complets faibles (codéine, poudre d’opium), les agonistes partiels (bupréhorphine)
  • les agonistes antagonistes (nalbuphine)
  • les antagonistes (naloxone, méthylnatreexone, naloxegol)
  • combinaison des effets agonistes faibles et inhibiteurs de recapture des monoamines pour tramadol (surtout sérotonine) et tapentadol (surtout norépinéphrine)

Indications

Opioides faibles dont tramadol

douleurs modérées à intenses ou ne répondant pas aux antalgiques de palier I dont : douleurs aigues ou chroniques, de préférence sur période courte en cas de poussée douloureuse, seuls ou associés au paracétamol ou anti-inflammatoires non stéroïdiens. Non indiqués dans : douleurs neuropathiques, fibromyalgie, douleurs inexpliquées. Eviter au long cours dans les céphalées

Tramadol, seul opiacé faible indiqué dans les douleurs neuropathiques (voir Lisa 135).

Opioïdes forts (sauf tapentadol, douleur aigue seulement)

douleurs modérées à sévères ne répondant pas aux antalgiques de palier II ou d’emblée très intenses, qu’elles soient aigues ou chroniques, soit : douleurs cancéreuses (AMM) ou douleurs non cancéreuses uniquement après échec des traitements médicamenteux et non médicamenteux (prise en charge globale bio-psycho-sociale) et  après échec des traitements étiologiques dans une indication où le bénéfice risque est potentiellement favorable (voir Lisa 135 pour détails). Evaluation avant la prescription /recherche du risque de mésusage. Ne pas utiliser dans les douleurs nociplastiques /dysfonctionnelles (fibromyalgie, intestin irritable…) ou  les céphalées primaires (migraine…) Les voies parentérales dont la PCA sont recommandées pour la douleur aigue (postopératoire pour PCA). Les voies péridurales et intrathécales sont  recommandées dans certaines douleurs postopératoires ou cancéreuses rebelles. Les formes parentérales ne sont pas indiquées dans la douleur chronique.

Naloxone

antagonisation des effets des opioïdes si surdosage

Autres indications

traitements de substitution (méthadone, buprénorphine à fortes doses), syndrome des jambes sans repos (association oxycodone naloxone)

Effets indésirables usuels, contre-indications 

  • Tous : Somnolence, vertiges, constipation, nausées, vomissements, dépression respiratoire, rétention d’urine/dysurie, risque de tolérance (nécessité d’augmenter la dose pour obtenir même effet), de dépendance physique (survenue syndrome de sevrage à l’arrêt) ou psychique ou addiction (trouble comportemental avec recherche compulsive du produit), abaissement du seuil épileptogène ; contre-indications : insuffisance respiratoire décompensée, insufffisance hépatocellulaire ou rénale sévère (clairance < 15 ml/mn), épilepsie non contrôlée, hypertension intracrânienne, intoxication alcoolique aigue et délirium tremens, associations aux IMAO, grossesse (surtout dernier trimestre), allaitement
  • Opiacés forts : confusion, hallucinations, troubles cognitifs, prurit
  • Tramadol : effets indésirables spécifiques: sécheresse buccale, syndrome sérotoninergique (surtout si association antidépresseurs), troubles visuels
  • Contre-indications chez l’enfant de moins de 12 ans pour la codéine, et 18 ans pour codéine si amygdalectomie ou adénoïdectomie

Interactions

  • Tramadol et codéine : Les traitements inhibant la CYP2D6 peuvent réduire l’effet du tramadol et de la codéine : antidépresseurs inhibiteurs de recapture de la sérotonine, antipsychotiques (halopéridol, quétiapine, rispéridone…), antiarythmiques (amiodarone, flécanide, propafénone…). L’association à des médicaments inhibant le cytochrome CYP3A4 augmente le risque d’effets indésirables : antifongiques (ketoconazole), antibiotiques (érythromycine, clarithromycine…), amiodarone, diltiazem, verapamil.
  • Risque de dépression respiratoire accrue si association avec benzodiazépines, psychotropes et alcool, risque de dysurie ou confusion accrue si association tricycliques.
  • Les agonistes purs ne doivent pas être associés aux agonistes partiels-antagonistes ou aux agonistes-antagonistes (risque de sevrage ou de perte d’action antalgique)

Modalités de surveillance

  • Clinique : somnolence, dysurie, nausées, vomissements (neuroleptiques si besoin), confusion, constipation (laxatif systématique si opiacés forts), dépression respiratoire (naloxone si sévère)
  • Recherche troubles métaboliques si confusion, hallucinations ou vomissements persistants et éliminer fécalome si constipation rebelle
  • Rotation des opioïdes ou réduction des doses si somnolence, troubles cognitifs ou confusionnels, prurit

Principales causes d’échec

  • Effets indésirables +++
  • Doses trop faibles (pas de titration)
  • Poymorphisme génétique (codéine, tramadol)
  • Décollement des patches si fentanyl transdermique (sueurs, etc)
  • Tolérance aux opiacés 
  • Hyperalgésie aux opiacés (se traduit par majoration ou extension de la douleur) après traitement au long cours surtout si doses élevées
  • Progression de la maladie cancéreuse



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Antalgiques opioïdes

  • Ils incluent les opioïdes faibles (ou de palier II), soit tramadol, codéine, et poudre d’opium et les opioïdes forts (ou de palier III) soit morphine, oxycodone, méthadone, fentanyl, hydromorphone, buprénorphine, nalbuphine, naloxone, oxycodone/naloxone, tapentadol.
  • Il existe des formes orales à libération prolongée (LP) permettant une action antalgique sur un temps long et des formes à libération immédiate (LI), adaptées à l’initiation d’un traitement, à l’urgence, aux accès douloureux paroxystiques et aux douleurs induites par les soins.
  • La poudre d’opium, le tramadol, la codéine sont disponibles en association avec le paracétamol par voie orale (exclusivement pour la poudre d’opium), et pour tramadol et codéine (dihydrocodéine): sous forme de comprimés à libération prolongée.
  • Les opiacés forts sont disponibles sous forme orale (sulfate de morphine, oxycodone  libération immédiate ou prolongée, méthadone et hydromorphone libération prolongée) transdermique (fentanyl), sublinguale (fentanyl, buprénorphine), buccale, gingivale, oromucosale, buccale et nasale (fentanyl), IV (chlorydrate de morphine, oxycodone, nalbuphine, naloxone), SC, IM (chlorydrate de morphine, nalbuphine), péridurale, intrathécale (chlorydrate de morphine) (voir Lisa 135 pour détails sur les formes galéniques)

Mécanismes

Ils agissent sur les systèmes de contrôles endogènes de la douleur en se fixant sur des récepteurs opiacés (mu, delta, kappa) au niveau cérébral, médullaire et périphérique.

Nous distinguons:

  • les agonistes complets forts (morphine, hydromorphone, oxycodone, fentanyl, méthadone)
  • les agonistes complets faibles (codéine, poudre d’opium), les agonistes partiels (bupréhorphine)
  • les agonistes antagonistes (nalbuphine)
  • les antagonistes (naloxone, méthylnatreexone, naloxegol)
  • combinaison des effets agonistes faibles et inhibiteurs de recapture des monoamines pour tramadol (surtout sérotonine) et tapentadol (surtout norépinéphrine)

Indications

Opioides faibles dont tramadol

douleurs modérées à intenses ou ne répondant pas aux antalgiques de palier I dont : douleurs aigues ou chroniques, de préférence sur période courte en cas de poussée douloureuse, seuls ou associés au paracétamol ou anti-inflammatoires non stéroïdiens. Non indiqués dans : douleurs neuropathiques, fibromyalgie, douleurs inexpliquées. Eviter au long cours dans les céphalées

Tramadol, seul opiacé faible indiqué dans les douleurs neuropathiques (voir Lisa 135).

Opioïdes forts (sauf tapentadol, douleur aigue seulement)

douleurs modérées à sévères ne répondant pas aux antalgiques de palier II ou d’emblée très intenses, qu’elles soient aigues ou chroniques, soit : douleurs cancéreuses (AMM) ou douleurs non cancéreuses uniquement après échec des traitements médicamenteux et non médicamenteux (prise en charge globale bio-psycho-sociale) et  après échec des traitements étiologiques dans une indication où le bénéfice risque est potentiellement favorable (voir Lisa 135 pour détails). Evaluation avant la prescription /recherche du risque de mésusage. Ne pas utiliser dans les douleurs nociplastiques /dysfonctionnelles (fibromyalgie, intestin irritable…) ou  les céphalées primaires (migraine…) Les voies parentérales dont la PCA sont recommandées pour la douleur aigue (postopératoire pour PCA). Les voies péridurales et intrathécales sont  recommandées dans certaines douleurs postopératoires ou cancéreuses rebelles. Les formes parentérales ne sont pas indiquées dans la douleur chronique.

Naloxone

antagonisation des effets des opioïdes si surdosage

Autres indications

traitements de substitution (méthadone, buprénorphine à fortes doses), syndrome des jambes sans repos (association oxycodone naloxone)

Effets indésirables usuels, contre-indications 

  • Tous : Somnolence, vertiges, constipation, nausées, vomissements, dépression respiratoire, rétention d’urine/dysurie, risque de tolérance (nécessité d’augmenter la dose pour obtenir même effet), de dépendance physique (survenue syndrome de sevrage à l’arrêt) ou psychique ou addiction (trouble comportemental avec recherche compulsive du produit), abaissement du seuil épileptogène ; contre-indications : insuffisance respiratoire décompensée, insufffisance hépatocellulaire ou rénale sévère (clairance < 15 ml/mn), épilepsie non contrôlée, hypertension intracrânienne, intoxication alcoolique aigue et délirium tremens, associations aux IMAO, grossesse (surtout dernier trimestre), allaitement
  • Opiacés forts : confusion, hallucinations, troubles cognitifs, prurit
  • Tramadol : effets indésirables spécifiques: sécheresse buccale, syndrome sérotoninergique (surtout si association antidépresseurs), troubles visuels
  • Contre-indications chez l’enfant de moins de 12 ans pour la codéine, et 18 ans pour codéine si amygdalectomie ou adénoïdectomie

Interactions

  • Tramadol et codéine : Les traitements inhibant la CYP2D6 peuvent réduire l’effet du tramadol et de la codéine : antidépresseurs inhibiteurs de recapture de la sérotonine, antipsychotiques (halopéridol, quétiapine, rispéridone…), antiarythmiques (amiodarone, flécanide, propafénone…). L’association à des médicaments inhibant le cytochrome CYP3A4 augmente le risque d’effets indésirables : antifongiques (ketoconazole), antibiotiques (érythromycine, clarithromycine…), amiodarone, diltiazem, verapamil.
  • Risque de dépression respiratoire accrue si association avec benzodiazépines, psychotropes et alcool, risque de dysurie ou confusion accrue si association tricycliques.
  • Les agonistes purs ne doivent pas être associés aux agonistes partiels-antagonistes ou aux agonistes-antagonistes (risque de sevrage ou de perte d’action antalgique)

Modalités de surveillance

  • Clinique : somnolence, dysurie, nausées, vomissements (neuroleptiques si besoin), confusion, constipation (laxatif systématique si opiacés forts), dépression respiratoire (naloxone si sévère)
  • Recherche troubles métaboliques si confusion, hallucinations ou vomissements persistants et éliminer fécalome si constipation rebelle
  • Rotation des opioïdes ou réduction des doses si somnolence, troubles cognitifs ou confusionnels, prurit

Principales causes d’échec

  • Effets indésirables +++
  • Doses trop faibles (pas de titration)
  • Poymorphisme génétique (codéine, tramadol)
  • Décollement des patches si fentanyl transdermique (sueurs, etc)
  • Tolérance aux opiacés 
  • Hyperalgésie aux opiacés (se traduit par majoration ou extension de la douleur) après traitement au long cours surtout si doses élevées
  • Progression de la maladie cancéreuse


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