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Connaître les architectures des systèmes d'information OIC-003-21-B

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Version Novembre 2024

L’interopérabilité des systèmes d’information de santé

Depuis 2005, on sait qu’un des facteurs de l’utilisation effective des SADM (Systèmes d’Aide à la Décision Médicale) est leur intégration dans le workflow des praticiens, le SADM devant être interfacé avec le dossier patient informatisé (DPI) pour s’alimenter des données du patient consignées dans le DPI et produire une aide à la décision visible dans le DPI.

L’interopérabilité est la capacité que possède un système, dont les interfaces sont intégralement connues, à fonctionner avec d'autres systèmes existants ou futurs et ce sans restriction d'accès ou de mise en œuvre. C'est donc la capacité des systèmes d’information à fonctionner ensemble et à échanger des données sans perte.

Les niveaux d’interopérabilité

On distingue trois niveaux d'interopérabilité qui chacun requiert que les niveaux inférieurs soient satisfaits, l'interopérabilité technique, l'interopérabilité syntaxique, et l'interopérabilité sémantique.

  • L'interopérabilité technique est la capacité des systèmes à communiquer entre eux à un niveau très bas, sans se préoccuper du type d'information communiquée. On est au niveau matériel de la connectique, des appareils de réseaux, et au niveau logique des couches logicielles gérant le réseau (les protocoles de bas niveau comme TCP/IP, les conventions sur l'adressage internet).
  • L'interopérabilité syntaxique suppose que les systèmes soient capables de reconnaître la structure des informations qu'ils échangent. L’interopérabilité syntaxique repose sur des conventions de codage et de structure des informations échangées.
  • Le dernier niveau est l'interopérabilité sémantique qui suppose que le sens des informations échangées, est partagé. Pour que des systèmes soient interopérables sur le plan sémantique, l’information doit être non ambiguë et donc codée avec un identifiant unique pour une signification unique donnée. On pourra adjoindre un libellé, et une définition, en langage naturel pour permettre de relier le code à son sens (pour les utilisateurs).  Afin de s’entendre sur les codifications utilisées, on a besoin qu’elles soient déclarées dans des référentiels explicites qui vont lister l’ensemble des codes.

Les différents éléments des systèmes d’information en santé, par exemple : le dossier patient informatisé, le système d’archivage en imagerie ou le système de gestion du laboratoire, reposent pour leurs échanges sur tous les niveaux d’interopérabilité.

Normes et standards d’interopérabilité en santé

Plusieurs normes et standards d’interopérabilité sont utilisés dans le domaine de l’informatique biomédicale, aux niveaux national et international. En ce qui concerne l’interopérabilité technique, rien n’est spécifique à la santé, ce sont les standards d’internet qui sont la référence.

Au niveau de l’interopérabilité syntaxique, HL7 est une organisation internationale qui promeut l’interopérabilité dans le domaine de la santé. Le format CDA R2 (Clinical Document Architecture) définit les différents composant structurés de documents cliniques afin qu’ils puissent être échangés, par exemple, l’auteur du document, les destinataires, la date, le patient concerné. Dans le niveau 1 du CDA R2, le contenu des composants structurés n’est pas contrôlé et peut être du texte libre. La structuration est plus fine avec le niveau 3. En France, l’ANS (Agence du numérique en santé) fournit le cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé qui s’appuie sur le CDA. FHIR est une évolution du CDA, proposée par HL7, qui vise à fournir des packages comprenant à la fois des modèles de documents inspirés du CDA et des outils logiciels pour les manipuler.

Dans le cas de l’échange d’images médicales, la norme utilisée est DICOM.

Pour l’interopérabilité sémantique, il existe de nombreux référentiels ou terminologies de référence, parmi lesquels on peut citer :

  • La CIM-10, Classification Statistique Internationale des Maladies et des Problèmes de Santé Connexes version 10, est élaborée par l’OMS. Cette classification est utilisée en France dans le cadre du PMSI pour coder les séjours hospitaliers.
  • La CISP-2, Classification Internationale des Soins Primaires, promue par la WONCA, association internationale des médecins généralistes, est destinée à la médecine de ville.
  • La SNOMED CT, Systematic Nomenclature Medical Clinical Terms, se veut être une conceptualisation de toute la médecine.
  • LOINC, Logical Observation Identifiers Names and Codes, permet de caractériser les demandes et résultats d’examens, par exemple ceux de biologie.
  • La CCAM, Classification Commune des Actes Médicaux, française, est destinée à coder les actes pratiqués par les médecins et permet d’établir la tarification des actes réalisés.


Enfin on mentionnera HeTOP, pour Health Terminology / Ontology Portal, le portail terminologique de santé réalisé par l’équipe CISMEF du CHU de Rouen. Ce n’est pas un référentiel terminologique, mais plutôt un serveur multi-terminologies permettant d’accéder à de nombreux référentiels. Il permet pour un terme donné de retrouver l’ensemble des codes associés dans de nombreux référentiels terminologiques, grâce à l’alignement de ces référentiels. Ainsi, quand on cherche sur le portail HeTOP le terme français « cancer du sein », on retrouve son équivalent ou les termes associés dans différents référentiels. On y voit que le terme préféré dans la nomenclature MeSH est « tumeur du sein », que son équivalent anglais est « breast neoplasm », que le code CIM-10 est « C50 – tumeur maligne du sein », parmi les codes d’autres nomenclatures faisant référence à cancer du sein.

Si les deux premiers niveaux d’interopérabilité, technique et syntaxique, sont a priori complètement masqués à l’utilisateur, le codage sémantique de l’information médicale est du ressort du professionnel de santé à l’origine de la donnée. Néanmoins, il n’est pas besoin de connaître toutes les terminologies de référence et leurs codes car les applications permettent généralement d’utiliser des terminologies d’interface, ensemble de termes utilisés couramment dans une pratique de spécialité, pour lesquelles l’alignement avec les terminologies de référence est réalisé au niveau de l’application.  La qualité des données codées est d’une importance capitale, car toute déviation dans le codage conduit à construire une représentation formalisée du patient qui sera erronée. Ceci aura potentiellement un impact majeur sur tous les traitements algorithmiques qui seront faits, comme par exemple fournir une recommandation de prise en charge correcte du point de vue du codage, mais inadaptée au patient réel.




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L’interopérabilité des systèmes d’information de santé

Depuis 2005, on sait qu’un des facteurs de l’utilisation effective des SADM (Systèmes d’Aide à la Décision Médicale) est leur intégration dans le workflow des praticiens, le SADM devant être interfacé avec le dossier patient informatisé (DPI) pour s’alimenter des données du patient consignées dans le DPI et produire une aide à la décision visible dans le DPI.

L’interopérabilité est la capacité que possède un système, dont les interfaces sont intégralement connues, à fonctionner avec d'autres systèmes existants ou futurs et ce sans restriction d'accès ou de mise en œuvre. C'est donc la capacité des systèmes d’information à fonctionner ensemble et à échanger des données sans perte.

Les niveaux d’interopérabilité

On distingue trois niveaux d'interopérabilité qui chacun requiert que les niveaux inférieurs soient satisfaits, l'interopérabilité technique, l'interopérabilité syntaxique, et l'interopérabilité sémantique.

  • L'interopérabilité technique est la capacité des systèmes à communiquer entre eux à un niveau très bas, sans se préoccuper du type d'information communiquée. On est au niveau matériel de la connectique, des appareils de réseaux, et au niveau logique des couches logicielles gérant le réseau (les protocoles de bas niveau comme TCP/IP, les conventions sur l'adressage internet).
  • L'interopérabilité syntaxique suppose que les systèmes soient capables de reconnaître la structure des informations qu'ils échangent. L’interopérabilité syntaxique repose sur des conventions de codage et de structure des informations échangées.
  • Le dernier niveau est l'interopérabilité sémantique qui suppose que le sens des informations échangées, est partagé. Pour que des systèmes soient interopérables sur le plan sémantique, l’information doit être non ambiguë et donc codée avec un identifiant unique pour une signification unique donnée. On pourra adjoindre un libellé, et une définition, en langage naturel pour permettre de relier le code à son sens (pour les utilisateurs).  Afin de s’entendre sur les codifications utilisées, on a besoin qu’elles soient déclarées dans des référentiels explicites qui vont lister l’ensemble des codes.

Les différents éléments des systèmes d’information en santé, par exemple : le dossier patient informatisé, le système d’archivage en imagerie ou le système de gestion du laboratoire, reposent pour leurs échanges sur tous les niveaux d’interopérabilité.

Normes et standards d’interopérabilité en santé

Plusieurs normes et standards d’interopérabilité sont utilisés dans le domaine de l’informatique biomédicale, aux niveaux national et international. En ce qui concerne l’interopérabilité technique, rien n’est spécifique à la santé, ce sont les standards d’internet qui sont la référence.

Au niveau de l’interopérabilité syntaxique, HL7 est une organisation internationale qui promeut l’interopérabilité dans le domaine de la santé. Le format CDA R2 (Clinical Document Architecture) définit les différents composant structurés de documents cliniques afin qu’ils puissent être échangés, par exemple, l’auteur du document, les destinataires, la date, le patient concerné. Dans le niveau 1 du CDA R2, le contenu des composants structurés n’est pas contrôlé et peut être du texte libre. La structuration est plus fine avec le niveau 3. En France, l’ANS (Agence du numérique en santé) fournit le cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé qui s’appuie sur le CDA. FHIR est une évolution du CDA, proposée par HL7, qui vise à fournir des packages comprenant à la fois des modèles de documents inspirés du CDA et des outils logiciels pour les manipuler.

Dans le cas de l’échange d’images médicales, la norme utilisée est DICOM.

Pour l’interopérabilité sémantique, il existe de nombreux référentiels ou terminologies de référence, parmi lesquels on peut citer :

  • La CIM-10, Classification Statistique Internationale des Maladies et des Problèmes de Santé Connexes version 10, est élaborée par l’OMS. Cette classification est utilisée en France dans le cadre du PMSI pour coder les séjours hospitaliers.
  • La CISP-2, Classification Internationale des Soins Primaires, promue par la WONCA, association internationale des médecins généralistes, est destinée à la médecine de ville.
  • La SNOMED CT, Systematic Nomenclature Medical Clinical Terms, se veut être une conceptualisation de toute la médecine.
  • LOINC, Logical Observation Identifiers Names and Codes, permet de caractériser les demandes et résultats d’examens, par exemple ceux de biologie.
  • La CCAM, Classification Commune des Actes Médicaux, française, est destinée à coder les actes pratiqués par les médecins et permet d’établir la tarification des actes réalisés.


Enfin on mentionnera HeTOP, pour Health Terminology / Ontology Portal, le portail terminologique de santé réalisé par l’équipe CISMEF du CHU de Rouen. Ce n’est pas un référentiel terminologique, mais plutôt un serveur multi-terminologies permettant d’accéder à de nombreux référentiels. Il permet pour un terme donné de retrouver l’ensemble des codes associés dans de nombreux référentiels terminologiques, grâce à l’alignement de ces référentiels. Ainsi, quand on cherche sur le portail HeTOP le terme français « cancer du sein », on retrouve son équivalent ou les termes associés dans différents référentiels. On y voit que le terme préféré dans la nomenclature MeSH est « tumeur du sein », que son équivalent anglais est « breast neoplasm », que le code CIM-10 est « C50 – tumeur maligne du sein », parmi les codes d’autres nomenclatures faisant référence à cancer du sein.

Si les deux premiers niveaux d’interopérabilité, technique et syntaxique, sont a priori complètement masqués à l’utilisateur, le codage sémantique de l’information médicale est du ressort du professionnel de santé à l’origine de la donnée. Néanmoins, il n’est pas besoin de connaître toutes les terminologies de référence et leurs codes car les applications permettent généralement d’utiliser des terminologies d’interface, ensemble de termes utilisés couramment dans une pratique de spécialité, pour lesquelles l’alignement avec les terminologies de référence est réalisé au niveau de l’application.  La qualité des données codées est d’une importance capitale, car toute déviation dans le codage conduit à construire une représentation formalisée du patient qui sera erronée. Ceci aura potentiellement un impact majeur sur tous les traitements algorithmiques qui seront faits, comme par exemple fournir une recommandation de prise en charge correcte du point de vue du codage, mais inadaptée au patient réel.



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