L'évolution des systèmes de santé en Europe a été marquée par le recentrage des systèmes de soins sur les soins primaires et la prise en charge organisée des maladies chroniques (dont la prévalence élevée caractérise les pays riches)[1].
1) L’Allemagne
Différences avec le système français
Les personnes assurées par une caisse publique reçoivent des soins médicaux sans avancer de frais (système de tiers-payant). Les médecins, les établissements de soins et les pharmacies facturent directement les soins et traitements aux caisses d’assurance maladie. Des prestations peuvent être soumises à un supplément mais à cette exception près, les patients n’avancent pas les frais.
Le système de santé allemand fonctionne sur un principe d’autogestion
L’Etat fédéral définit des conditions de fonctionnement, définit des missions pour les soins médicaux et adopte les lois et règlements. Au niveau fédéral, on trouve le ministre fédéral de la santé. Les chambres sont le Bundestag, l’assemblée parlementaire de la république fédérale d’Allemagne et le Bundesrat qui représente les gouvernements des différents Länder.
L’autogestion concerne d’une part les caisses qui doivent pouvoir financer les prestations et d’autre part les représentants des professions de santé, des établissements de santé et des assurés.
Les représentants des professionnels et des caisses s’entendent sur les prestations à offrir aux patients et sur les rémunérations des professionnels.
Réformes du système de santé primaire
Plusieurs mesures ont été prises afin d'améliorer l'accessibilité des prestataires de soins primaires et ambulatoires, notamment le rôle des centres de prise de rendez-vous.
Les associations régionales de médecins conventionnés se sont engagées à renforcer les centres déjà existants. Ces centres de services doivent être disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en utilisant le numéro de téléphone national 116117. Ces centres ont l’obligation d'obtenir un rendez-vous avec un médecin généraliste, un pédiatre ou un spécialiste dans un délai d'une semaine, et un rendez-vous avec un professionnel de santé mentale dans un délai de deux semaines. En outre, ces centres sont tenus d'orienter les patients dans le système de santé, cabinet médical ou un hôpital proche.
Les prestataires de soins primaires devront, par ailleurs, prolonger les heures d'ouverture de leurs cabinets. Pour accroître encore la disponibilité des services, les médecins conventionnés devront informer les centres de prise de rendez-vous des plages horaires disponibles. En outre, ils seront tenus de fournir des consultations pendant au moins 25 heures par semaine (contre 20 heures auparavant), dont au moins cinq heures par semaine pour les soins urgents des patients sans rendez-vous.
2) Le Royaume-Uni
Situé hors Union européenne, il est présenté car les réformes y sont permanentes. Son financement est majoritairement fiscalisé.
Les systèmes de soins intégrés sont progressivement mis en place avec trois niveaux de services en fonction de la population à soigner :
- Niveaux de proximité (30 000 à 50 000 personnes) avec l’accès à des groupements de médecins généralistes qui travaillent en coordination avec les services à domicile (community services), les services sociaux et les autres fournisseurs de soins y compris les réseaux de soins primaires ;
- Zones (250 000 à 500 000 personnes) au niveau d’une ville ou d’un district, avec une organisation mettant en lien les réseaux de santé primaires avec des services locaux, des hôpitaux de proximité et des associations de bénévoles.
- Systèmes (1 million à 3 millions de personnes) au niveau desquels l’ensemble des partenaires des différents secteurs se réunissent pour décider d’une direction stratégique et du développement d’économies d’échelle.
D’une manière générale, le système de santé britannique a pour objectif la réduction des soins hospitaliers. Contrairement à la France, les consultations spécialisées, les laboratoires de biologie ainsi que les actes radiologiques sont exclusivement accessibles à l’hôpital.
Pour faire baisser la demande hospitalière, le Royaume –Uni développe de nouvelles modalités d’organisation des soins appelées “New care models” avec notamment les “Integrated Primary Acute Care Systems” (PACS) et les “Multispecialty Community providers“ (MCPs) qui toutes deux concernent les soins primaires.
Les “Integrated Primary Acute Care Systems” comprennent les cabinets de médecins généralistes, les services à domicile et de santé mentale, les hôpitaux et éventuellement des services sociaux. L’objectif secondaire est l’amélioration de la coordination des soins de ville et des soins hospitaliers.
Les “Multispecialty Community providers“ incluent des cabinets de médecins généralistes, des services à domicile et de santé mentale et éventuellement des services sociaux, mais pas des hôpitaux. Leurs objectifs sont, outre de limiter le recours à l’hôpital, la coordination des soins primaires et le recours à des médecins spcialistes hospitaliers qui se déplacent dans les cabinets de médecine générale.
Des supports méthodologiques ont été mis à disposition des acteurs de terrain pour mettre en place ces nouvelles organisations. De plus, un système d’information permet de fournir des indicateurs aux médecins comme les données épidémiologiques de la population suivie. Enfin des indicateurs ont été développés afin d’évaluer ces organisations :
- À destination des professionnels grâce aux données médico-administratives permettant d’identifier les patients les plus à risque d’hospitalisation ;
- A destination des autorités de santé portant sur l’efficience (nombre d’admissions aux urgences, rapporté à la population ; nombre de journées d’hospitalisation, rapporté à la population), la qualité (implication du patient dans les decisions médicales, satisfaction du patient vis-à-vis de son médecin ou infirmière pour son association aux décisions concernant sa santé, part de patients ayant un plan de soins formalisé et ayant participé à son elaboration et enfin, des indicateurs de qualité de vie et de facteurs favorisant la santé.
[1] https://solidarites-sante.gouv.fr/systeme-de-sante-et-medico-social/parcours-des-patients-et-des-usagers/article/parcours-de-sante-de-soins-et-de-vie
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L'évolution des systèmes de santé en Europe a été marquée par le recentrage des systèmes de soins sur les soins primaires et la prise en charge organisée des maladies chroniques (dont la prévalence élevée caractérise les pays riches)[1].
1) L’Allemagne
Différences avec le système français
Les personnes assurées par une caisse publique reçoivent des soins médicaux sans avancer de frais (système de tiers-payant). Les médecins, les établissements de soins et les pharmacies facturent directement les soins et traitements aux caisses d’assurance maladie. Des prestations peuvent être soumises à un supplément mais à cette exception près, les patients n’avancent pas les frais.
Le système de santé allemand fonctionne sur un principe d’autogestion
L’Etat fédéral définit des conditions de fonctionnement, définit des missions pour les soins médicaux et adopte les lois et règlements. Au niveau fédéral, on trouve le ministre fédéral de la santé. Les chambres sont le Bundestag, l’assemblée parlementaire de la république fédérale d’Allemagne et le Bundesrat qui représente les gouvernements des différents Länder.
L’autogestion concerne d’une part les caisses qui doivent pouvoir financer les prestations et d’autre part les représentants des professions de santé, des établissements de santé et des assurés.
Les représentants des professionnels et des caisses s’entendent sur les prestations à offrir aux patients et sur les rémunérations des professionnels.
Réformes du système de santé primaire
Plusieurs mesures ont été prises afin d'améliorer l'accessibilité des prestataires de soins primaires et ambulatoires, notamment le rôle des centres de prise de rendez-vous.
Les associations régionales de médecins conventionnés se sont engagées à renforcer les centres déjà existants. Ces centres de services doivent être disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en utilisant le numéro de téléphone national 116117. Ces centres ont l’obligation d'obtenir un rendez-vous avec un médecin généraliste, un pédiatre ou un spécialiste dans un délai d'une semaine, et un rendez-vous avec un professionnel de santé mentale dans un délai de deux semaines. En outre, ces centres sont tenus d'orienter les patients dans le système de santé, cabinet médical ou un hôpital proche.
Les prestataires de soins primaires devront, par ailleurs, prolonger les heures d'ouverture de leurs cabinets. Pour accroître encore la disponibilité des services, les médecins conventionnés devront informer les centres de prise de rendez-vous des plages horaires disponibles. En outre, ils seront tenus de fournir des consultations pendant au moins 25 heures par semaine (contre 20 heures auparavant), dont au moins cinq heures par semaine pour les soins urgents des patients sans rendez-vous.
2) Le Royaume-Uni
Situé hors Union européenne, il est présenté car les réformes y sont permanentes. Son financement est majoritairement fiscalisé.
Les systèmes de soins intégrés sont progressivement mis en place avec trois niveaux de services en fonction de la population à soigner :
- Niveaux de proximité (30 000 à 50 000 personnes) avec l’accès à des groupements de médecins généralistes qui travaillent en coordination avec les services à domicile (community services), les services sociaux et les autres fournisseurs de soins y compris les réseaux de soins primaires ;
- Zones (250 000 à 500 000 personnes) au niveau d’une ville ou d’un district, avec une organisation mettant en lien les réseaux de santé primaires avec des services locaux, des hôpitaux de proximité et des associations de bénévoles.
- Systèmes (1 million à 3 millions de personnes) au niveau desquels l’ensemble des partenaires des différents secteurs se réunissent pour décider d’une direction stratégique et du développement d’économies d’échelle.
D’une manière générale, le système de santé britannique a pour objectif la réduction des soins hospitaliers. Contrairement à la France, les consultations spécialisées, les laboratoires de biologie ainsi que les actes radiologiques sont exclusivement accessibles à l’hôpital.
Pour faire baisser la demande hospitalière, le Royaume –Uni développe de nouvelles modalités d’organisation des soins appelées “New care models” avec notamment les “Integrated Primary Acute Care Systems” (PACS) et les “Multispecialty Community providers“ (MCPs) qui toutes deux concernent les soins primaires.
Les “Integrated Primary Acute Care Systems” comprennent les cabinets de médecins généralistes, les services à domicile et de santé mentale, les hôpitaux et éventuellement des services sociaux. L’objectif secondaire est l’amélioration de la coordination des soins de ville et des soins hospitaliers.
Les “Multispecialty Community providers“ incluent des cabinets de médecins généralistes, des services à domicile et de santé mentale et éventuellement des services sociaux, mais pas des hôpitaux. Leurs objectifs sont, outre de limiter le recours à l’hôpital, la coordination des soins primaires et le recours à des médecins spcialistes hospitaliers qui se déplacent dans les cabinets de médecine générale.
Des supports méthodologiques ont été mis à disposition des acteurs de terrain pour mettre en place ces nouvelles organisations. De plus, un système d’information permet de fournir des indicateurs aux médecins comme les données épidémiologiques de la population suivie. Enfin des indicateurs ont été développés afin d’évaluer ces organisations :
- À destination des professionnels grâce aux données médico-administratives permettant d’identifier les patients les plus à risque d’hospitalisation ;
- A destination des autorités de santé portant sur l’efficience (nombre d’admissions aux urgences, rapporté à la population ; nombre de journées d’hospitalisation, rapporté à la population), la qualité (implication du patient dans les decisions médicales, satisfaction du patient vis-à-vis de son médecin ou infirmière pour son association aux décisions concernant sa santé, part de patients ayant un plan de soins formalisé et ayant participé à son elaboration et enfin, des indicateurs de qualité de vie et de facteurs favorisant la santé.
[1] https://solidarites-sante.gouv.fr/systeme-de-sante-et-medico-social/parcours-des-patients-et-des-usagers/article/parcours-de-sante-de-soins-et-de-vie