L’autonomie a pour étymologie grecque, autos qui signifie « soi-même » et nomos qui évoque « la règle » ou « la loi ». Ainsi, l’autonomie correspondrait à la capacité à définir et à suivre ses propres règles.
L’autonomie constitue l’un des 4 grands principes éthiques, rappelant les attentes morales fondamentales de tout être humain, au même titre que la bienfaisance, la non-malfaisance et la justice. La conceptualisation de ces principes a été l’œuvre de Tom Beauchamp et John Childress, dans leur ouvrage publié aux États-Unis en 1979, Principles of Biomedical Ethics. Selon ce principe d’autonomie, le patient participe au processus de délibération et de décision concernant sa santé. Il existe une dimension rationnelle qui se reconnaît à sa régularité dans le temps et aux faits qu’elle peut être débattue à partir d’informations fiables. Le respect de ce principe demande du temps (plusieurs consultations par exemple) et ne peut être mis en œuvre que par l’intermédiaire d’une information loyale.
Le CCNE, dans son avis n°87 sur le « refus de traitement et autonomie de la personne » de 2005, définit 3 niveaux de signification de complexité croissante :
- L’autonomie d’action : cette dimension correspond à la capacité de se « déplacer dans l’espace au moyen des forces dont son corps est doué ». Il s’agit d’une indépendance physique qui permet de se déplacer où l’on veut, quand on veut et donc de s’adapter aux situations de la vie et de subvenir à ses besoins. Elle permet de réaliser les actes et activités de la vie quotidienne. De ce point de vue, les aides techniques de compensation du handicap permettent d’accroitre l’autonomie des personnes qui en ont besoin ;
- L’autonomie de pensée : cette dimension correspond à la capacité de « conduire une argumentation cohérente et réfléchie » et donc, d’un point de vue médical, pour le patient, d’exercer son esprit critique à l’égard des informations qui lui sont transmises. De ce point de vue, il est essentiel que le patient dispose d’informations claires, loyales et précises. Cette autonomie participe à la bonne observance thérapeutique, car elle permet de mettre en cohérence l’objectif que l’on se fixe (rester en bonne santé) et les moyens que l’on se donne pour l’atteindre (diminuer l’exposition aux facteurs de risque modifiables).
- L’autonomie de volonté : cette dimension correspond à « suspendre la spontanéité impulsive qui détermine mécaniquement son action, pour se décider en fonction d’une résolution consciente et personnalisée ». De ce point de vue, elle engage un rapport à la décision sur un temps long et se reflète dans la capacité du patient à élaborer un projet de soin. Elle est prégnante dans les situations de maladies chroniques notamment ou la décision peut être constamment réitérée.
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L’autonomie a pour étymologie grecque, autos qui signifie « soi-même » et nomos qui évoque « la règle » ou « la loi ». Ainsi, l’autonomie correspondrait à la capacité à définir et à suivre ses propres règles.
L’autonomie constitue l’un des 4 grands principes éthiques, rappelant les attentes morales fondamentales de tout être humain, au même titre que la bienfaisance, la non-malfaisance et la justice. La conceptualisation de ces principes a été l’œuvre de Tom Beauchamp et John Childress, dans leur ouvrage publié aux États-Unis en 1979, Principles of Biomedical Ethics. Selon ce principe d’autonomie, le patient participe au processus de délibération et de décision concernant sa santé. Il existe une dimension rationnelle qui se reconnaît à sa régularité dans le temps et aux faits qu’elle peut être débattue à partir d’informations fiables. Le respect de ce principe demande du temps (plusieurs consultations par exemple) et ne peut être mis en œuvre que par l’intermédiaire d’une information loyale.
Le CCNE, dans son avis n°87 sur le « refus de traitement et autonomie de la personne » de 2005, définit 3 niveaux de signification de complexité croissante :
- L’autonomie d’action : cette dimension correspond à la capacité de se « déplacer dans l’espace au moyen des forces dont son corps est doué ». Il s’agit d’une indépendance physique qui permet de se déplacer où l’on veut, quand on veut et donc de s’adapter aux situations de la vie et de subvenir à ses besoins. Elle permet de réaliser les actes et activités de la vie quotidienne. De ce point de vue, les aides techniques de compensation du handicap permettent d’accroitre l’autonomie des personnes qui en ont besoin ;
- L’autonomie de pensée : cette dimension correspond à la capacité de « conduire une argumentation cohérente et réfléchie » et donc, d’un point de vue médical, pour le patient, d’exercer son esprit critique à l’égard des informations qui lui sont transmises. De ce point de vue, il est essentiel que le patient dispose d’informations claires, loyales et précises. Cette autonomie participe à la bonne observance thérapeutique, car elle permet de mettre en cohérence l’objectif que l’on se fixe (rester en bonne santé) et les moyens que l’on se donne pour l’atteindre (diminuer l’exposition aux facteurs de risque modifiables).
- L’autonomie de volonté : cette dimension correspond à « suspendre la spontanéité impulsive qui détermine mécaniquement son action, pour se décider en fonction d’une résolution consciente et personnalisée ». De ce point de vue, elle engage un rapport à la décision sur un temps long et se reflète dans la capacité du patient à élaborer un projet de soin. Elle est prégnante dans les situations de maladies chroniques notamment ou la décision peut être constamment réitérée.