La plainte mnésique est, de loin, le symptôme conduisant le plus fréquemment à évoquer le diagnostic de MA. Il s'agit d'un oubli à mesure (par exemple, le patient fait répéter plusieurs fois la même chose) témoignant de l'incapacité à former un souvenir durable à partir d'un événement vécu (troubles de mémoire/déclin cognitif). Il n'est pas rare que le patient minimise la plainte (anosognosie), alors que l'entourage s'en inquiète (consultation et suivi d'un patient ayant des troubles cognitifs).
A l’évaluation neuropsychologique, l’atteinte mnésique la plus caractéristique de la MA est le trouble de la consolidation en mémoire épisodique. Dans la forme typique de la MA, les troubles de la mémoire épisodique prédominent sur les autres atteintes cognitives même dans les maladies plus avancées.
Dans les épreuves de mémoire épisodique verbale (consistant à faire apprendre une liste de mots), le trouble de la consolidation est caractérisé par :
· l’absence de difficultés d’encodage (le patient peut rappeler immédiatement la liste de mots)
· un effondrement des capacités à rappeler les mots de façon différée (après un délai de quelques minutes et une épreuve cognitive intercurrente)
· surtout, l’absence ou la faiblesse de l’aide fournie par les indices de catégorie (exemple d’indice, pour le mot « camion » : « quel était le véhicule ? »), les indices suscitant souvent des « intrusions » (le patient évoquant des mots qui ne faisaient pas partie de la liste originale) ; l’absence d’aide de l’indice distingue le trouble de consolidation d’un trouble de la récupération où l’indice suffit à faire restituer par le patient les mots manquants.
Le trouble de consolidation peut être suspecté par l’épreuve des cinq mots, une épreuve simple de mémoire épisodique verbale qu’il est possible de proposer en consultation médicale. Il est prouvé par une évaluation neuropsychologique par un neuropsychologue, qui utilise des tests comme le « rappel libre/rappel indicé à 16 items ».
Ce profil de trouble de la mémoire :
· s'oppose à d'autres types de déficits de mémoire secondaires aux troubles de l'attention ou des fonctions exécutives, qui altèrent la qualité de l’encodage ou de la récupération des informations (mais pas directement la consolidation), comme c’est le cas dans la dépression ou l’anxiété, les troubles du sommeil, la prise excessive de psychotropes (cf. item 108 Connaître les principaux diagnostics différentiels de la MA et item 132 Diagnostic différentiel de la maladie d'Alzheimer et des maladies apparentées)
· résulte d’une atteinte du circuit de Papez, et notamment des structures hippocampiques (cf item 108 Préciser les principes du raisonnement topographique devant un syndrome démentiel)
· est un bon argument clinique en faveur d’une MA (cf. item 132 Diagnostic positif de la maladie d'Alzheimer)
· n’est pas indispensable au diagnostic (il existe des formes atypiques de la MA)
· n’est pas pathognomonique (on peut l’observer dans des maladies apparentées) : il faut rassembler des arguments cliniques et paracliniques supplémentaires pour poser le diagnostic de MA.
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La plainte mnésique est, de loin, le symptôme conduisant le plus fréquemment à évoquer le diagnostic de MA. Il s'agit d'un oubli à mesure (par exemple, le patient fait répéter plusieurs fois la même chose) témoignant de l'incapacité à former un souvenir durable à partir d'un événement vécu (troubles de mémoire/déclin cognitif). Il n'est pas rare que le patient minimise la plainte (anosognosie), alors que l'entourage s'en inquiète (consultation et suivi d'un patient ayant des troubles cognitifs).
A l’évaluation neuropsychologique, l’atteinte mnésique la plus caractéristique de la MA est le trouble de la consolidation en mémoire épisodique. Dans la forme typique de la MA, les troubles de la mémoire épisodique prédominent sur les autres atteintes cognitives même dans les maladies plus avancées.
Dans les épreuves de mémoire épisodique verbale (consistant à faire apprendre une liste de mots), le trouble de la consolidation est caractérisé par :
· l’absence de difficultés d’encodage (le patient peut rappeler immédiatement la liste de mots)
· un effondrement des capacités à rappeler les mots de façon différée (après un délai de quelques minutes et une épreuve cognitive intercurrente)
· surtout, l’absence ou la faiblesse de l’aide fournie par les indices de catégorie (exemple d’indice, pour le mot « camion » : « quel était le véhicule ? »), les indices suscitant souvent des « intrusions » (le patient évoquant des mots qui ne faisaient pas partie de la liste originale) ; l’absence d’aide de l’indice distingue le trouble de consolidation d’un trouble de la récupération où l’indice suffit à faire restituer par le patient les mots manquants.
Le trouble de consolidation peut être suspecté par l’épreuve des cinq mots, une épreuve simple de mémoire épisodique verbale qu’il est possible de proposer en consultation médicale. Il est prouvé par une évaluation neuropsychologique par un neuropsychologue, qui utilise des tests comme le « rappel libre/rappel indicé à 16 items ».
Ce profil de trouble de la mémoire :
· s'oppose à d'autres types de déficits de mémoire secondaires aux troubles de l'attention ou des fonctions exécutives, qui altèrent la qualité de l’encodage ou de la récupération des informations (mais pas directement la consolidation), comme c’est le cas dans la dépression ou l’anxiété, les troubles du sommeil, la prise excessive de psychotropes (cf. item 108 Connaître les principaux diagnostics différentiels de la MA et item 132 Diagnostic différentiel de la maladie d'Alzheimer et des maladies apparentées)
· résulte d’une atteinte du circuit de Papez, et notamment des structures hippocampiques (cf item 108 Préciser les principes du raisonnement topographique devant un syndrome démentiel)
· est un bon argument clinique en faveur d’une MA (cf. item 132 Diagnostic positif de la maladie d'Alzheimer)
· n’est pas indispensable au diagnostic (il existe des formes atypiques de la MA)
· n’est pas pathognomonique (on peut l’observer dans des maladies apparentées) : il faut rassembler des arguments cliniques et paracliniques supplémentaires pour poser le diagnostic de MA.