Il existe quatre grands ensembles de fonctions cognitives. En fonction du type de fonction atteinte il est possible d’établir une topographie approximative des régions atteintes (diagnostic topographique) qui contribue au diagnostic du trouble neurocognitive sous-jacent (diagnostic étiologique).
L'attention
• Dépend des systèmes de vigilance et d'éveil cortical : il existe un continuum entre troubles de l’attention, confusion mentale/désorientation (qui résultent de troubles de l’attention sévères) et coma et troubles de conscience
• L’attention est nécessaire à toutes les grandes fonctions intellectuelles : il faut vérifier le degré d'atteinte attentionnelle avant d’explorer ou d’interpréter un trouble cognitif
• Se teste en faisant répéter une phrase longue, exécuter une consigne complexe, donner les mois de l'année ou les jours de la semaine à l'envers.
Les fonctions d'intégration perceptive
• Portées par les régions corticales postérieures, ce sont les fonctions d'identification, de reconnaissance et de compréhension du langage, des gestes, de l'espace, des objets sonores ou visuels et du schéma corporel
• Elles sont situées en aval des fonctions de perception (cortex auditif dans le lobe temporal, cortex visuel dans le lobe occipital), et résultent essentiellement d’atteintes situées dans le lobe temporal et pariétal
• Atteinte du lobe temporal :
o Aphasie (troubles du langage et/ou phonation) par atteinte de la compréhension, agnosie visuelle (défaut d'identification et de représentation des objets visuels simples (couleurs ou formes) ou plus complexes (visages, objets manufacturés ou vivants)
o Se teste en évaluant la compréhension d'ordres simples (« fermez les yeux »), la désignation d'objets ou de visages.
• Atteinte du lobe pariétal :
o Apraxie (défaut de réalisation gestuelle en l'absence de déficit de la sensibilité ou de la motricité élémentaire), négligence visuelle unilatérale, c'est-à-dire une inattention pour l'hémichamp visuel controlatéral (en l'absence d'amputation du champ visuel), trouble de la représentation du schéma corporel (difficulté pour nommer les parties du corps, indistinction entre le côté gauche et droit, etc)
o Se teste par le dessin sur copie d'une figure géométrique (image du MMSE), le dessin sans copie d'une fleur ou d'une maison, le test de l’horloge, la réalisation de gestes arbitraires sur imitation, de gestes symboliques (« salut militaire », « pied de nez ») et de gestes d'utilisation d'objets (« se laver les dents », « se coiffer », « jouer du violon », « planter un clou »).
La mémoire
• Correspond à plusieurs systèmes très distincts (mémoire épisodique, sémantique, procédurale, etc.) mais dans les tests, la mémoire épisodique est surtout évaluée
• Mémoire épisodique :
o capacité de transformer un événement vécu par soi en souvenir durable et de le restituer ultérieurement ; sa formation et son rappel sont toujours associés au contexte de l'événement vécu (c'est-à-dire le lieu, le moment, l'état émotionnel)
o phase critique d'enregistrement de l'information en mémoire (encore appelée de stockage, de « consolidation »)
o dépend de la partie interne des lobes temporaux (T5), en particulier des hippocampes et des cortex adjacents.
o L'atteinte des deux hippocampes entraîne une amnésie antérograde conduisant à un oubli à mesure (« Qu'ai-je fait il y a deux minutes, il y a une heure, la veille, il y a une semaine ? »)
• Se teste par l’épreuve des cinq mots : très utile pour déterminer si l'atteinte mnésique affecte la consolidation ou non.
o 1. Faire lire cinq mots (« Musée », « Limonade », « Passoire », « Sauterelle » et « Camion ») à voix haute puis de les faire lire une seconde fois mais en commençant par demander la catégorie taxonomique du mot (« Quelle est la boisson ? »…).
o 2. Immédiatement après, faire restituer les cinq mots (rappel immédiat).
o 3. Après un intervalle de 3 minutes (occupé à faire une autre tâche non verbale, par exemple une tâche de dessin), demander de nouveau les cinq mots. Si le patient ne peut rappeler les mots, on lui donne l'indice de catégorie taxonomique du mot. Si l’indice ne permet pas de rappeler les mots il s’agit vraisemblablement d’un trouble de la consolidation.
Les fonctions exécutives
• Opérations mentales permettant à l'individu de comprendre le contexte de l'action, d'inhiber les comportements automatiques ou réflexifs et de générer un comportement volontaire dirigé vers un but.
• Dépendent d'un vaste réseau cérébral mais les régions les plus critiques sont les lobes frontaux et les ganglions de la base.
• Le syndrome dysexécutif conduit à un défaut de contextualisation (difficulté d'adaptation sociale, perte de l'empathie, trouble du jugement et du raisonnement), à une libération des comportements automatiques (comportements répétitifs et stéréotypés [troubles obsessionnels, comportement compulsif]) et réflexifs ou archaïques en dépendance avec l'environnement immédiat (trouble du contrôle urinaire, adhésion à l'environnement, précipitation sur la nourriture [troubles des conduites alimentaires (anorexie ou boulimie)], désinhibition, etc.) et à un défaut d'élaboration et d'initiation de l'action volontaire (défaut de planification, apathie).
• Se teste par la batterie rapide d'efficience frontale (BREF)
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Il existe quatre grands ensembles de fonctions cognitives. En fonction du type de fonction atteinte il est possible d’établir une topographie approximative des régions atteintes (diagnostic topographique) qui contribue au diagnostic du trouble neurocognitive sous-jacent (diagnostic étiologique).
L'attention
• Dépend des systèmes de vigilance et d'éveil cortical : il existe un continuum entre troubles de l’attention, confusion mentale/désorientation (qui résultent de troubles de l’attention sévères) et coma et troubles de conscience
• L’attention est nécessaire à toutes les grandes fonctions intellectuelles : il faut vérifier le degré d'atteinte attentionnelle avant d’explorer ou d’interpréter un trouble cognitif
• Se teste en faisant répéter une phrase longue, exécuter une consigne complexe, donner les mois de l'année ou les jours de la semaine à l'envers.
Les fonctions d'intégration perceptive
• Portées par les régions corticales postérieures, ce sont les fonctions d'identification, de reconnaissance et de compréhension du langage, des gestes, de l'espace, des objets sonores ou visuels et du schéma corporel
• Elles sont situées en aval des fonctions de perception (cortex auditif dans le lobe temporal, cortex visuel dans le lobe occipital), et résultent essentiellement d’atteintes situées dans le lobe temporal et pariétal
• Atteinte du lobe temporal :
o Aphasie (troubles du langage et/ou phonation) par atteinte de la compréhension, agnosie visuelle (défaut d'identification et de représentation des objets visuels simples (couleurs ou formes) ou plus complexes (visages, objets manufacturés ou vivants)
o Se teste en évaluant la compréhension d'ordres simples (« fermez les yeux »), la désignation d'objets ou de visages.
• Atteinte du lobe pariétal :
o Apraxie (défaut de réalisation gestuelle en l'absence de déficit de la sensibilité ou de la motricité élémentaire), négligence visuelle unilatérale, c'est-à-dire une inattention pour l'hémichamp visuel controlatéral (en l'absence d'amputation du champ visuel), trouble de la représentation du schéma corporel (difficulté pour nommer les parties du corps, indistinction entre le côté gauche et droit, etc)
o Se teste par le dessin sur copie d'une figure géométrique (image du MMSE), le dessin sans copie d'une fleur ou d'une maison, le test de l’horloge, la réalisation de gestes arbitraires sur imitation, de gestes symboliques (« salut militaire », « pied de nez ») et de gestes d'utilisation d'objets (« se laver les dents », « se coiffer », « jouer du violon », « planter un clou »).
La mémoire
• Correspond à plusieurs systèmes très distincts (mémoire épisodique, sémantique, procédurale, etc.) mais dans les tests, la mémoire épisodique est surtout évaluée
• Mémoire épisodique :
o capacité de transformer un événement vécu par soi en souvenir durable et de le restituer ultérieurement ; sa formation et son rappel sont toujours associés au contexte de l'événement vécu (c'est-à-dire le lieu, le moment, l'état émotionnel)
o phase critique d'enregistrement de l'information en mémoire (encore appelée de stockage, de « consolidation »)
o dépend de la partie interne des lobes temporaux (T5), en particulier des hippocampes et des cortex adjacents.
o L'atteinte des deux hippocampes entraîne une amnésie antérograde conduisant à un oubli à mesure (« Qu'ai-je fait il y a deux minutes, il y a une heure, la veille, il y a une semaine ? »)
• Se teste par l’épreuve des cinq mots : très utile pour déterminer si l'atteinte mnésique affecte la consolidation ou non.
o 1. Faire lire cinq mots (« Musée », « Limonade », « Passoire », « Sauterelle » et « Camion ») à voix haute puis de les faire lire une seconde fois mais en commençant par demander la catégorie taxonomique du mot (« Quelle est la boisson ? »…).
o 2. Immédiatement après, faire restituer les cinq mots (rappel immédiat).
o 3. Après un intervalle de 3 minutes (occupé à faire une autre tâche non verbale, par exemple une tâche de dessin), demander de nouveau les cinq mots. Si le patient ne peut rappeler les mots, on lui donne l'indice de catégorie taxonomique du mot. Si l’indice ne permet pas de rappeler les mots il s’agit vraisemblablement d’un trouble de la consolidation.
Les fonctions exécutives
• Opérations mentales permettant à l'individu de comprendre le contexte de l'action, d'inhiber les comportements automatiques ou réflexifs et de générer un comportement volontaire dirigé vers un but.
• Dépendent d'un vaste réseau cérébral mais les régions les plus critiques sont les lobes frontaux et les ganglions de la base.
• Le syndrome dysexécutif conduit à un défaut de contextualisation (difficulté d'adaptation sociale, perte de l'empathie, trouble du jugement et du raisonnement), à une libération des comportements automatiques (comportements répétitifs et stéréotypés [troubles obsessionnels, comportement compulsif]) et réflexifs ou archaïques en dépendance avec l'environnement immédiat (trouble du contrôle urinaire, adhésion à l'environnement, précipitation sur la nourriture [troubles des conduites alimentaires (anorexie ou boulimie)], désinhibition, etc.) et à un défaut d'élaboration et d'initiation de l'action volontaire (défaut de planification, apathie).
• Se teste par la batterie rapide d'efficience frontale (BREF)